IFTIC Niamey - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Thu, 17 Apr 2025 09:50:50 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg IFTIC Niamey - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Allamine Kader : le cinéma dans l’âme https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=allamine-kader-le-cinema-dans-lame https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/#respond Wed, 16 Apr 2025 20:25:43 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8261 Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien. Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement. Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à …

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Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien.

Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement.

Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à Niamey. « Je devrais suivre une formation en production radio, mais faute d’effectif suffisant, on m’a proposé de changer de filière ou d’attendre un an. J’ai choisi la réalisation documentaire. Je ne le regrette pas », raconte-t-il.

Après sa licence, il poursuit un master en réalisation documentaire de création à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), où il sort major de sa promotion en 2014. « Être premier dans une promotion composée d’étudiants venus de pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Cameroun, c’était un vrai défi », se souvient-il fièrement.

Des œuvres ancrées dans l’humain

Allamine Kader compte à son actif deux longs-métrages et deux courts-métrages. Son premier long-métrage documentaire, La Promesse du Biram, explore les rituels et croyances qui structurent la vie des communautés au Lac Tchad. Il y met en scène Maloum Barka, un musicien nigérien. « Ce personnage m’a profondément marqué. Un an après le tournage, j’ai appris son décès. Ce fut un choc, après celui de mon père », confie-t-il. Dans un sourire mêlé de pudeur, il ajoute : « Je n’ai jamais dit à ma mère que j’étais réalisateur, de peur qu’elle le prenne mal, car beaucoup pensent que les artistes sont des ratés de la société. »

Son court-métrage Faire le deuil est un hommage à son père, disparu sous le régime de Hissein Habré. « J’étais enfant à l’époque. En étant au Sénégal, j’ai appelé ma mère et d’autres aînés pour comprendre les rites de deuil chez nous. Ce film était une catharsis. »

En 2023, il réalise Amchilini (Choisis-moi), un long-métrage documentaire abordant une pratique sociale méconnue : celle de femmes célibataires contraintes, sous la pression sociale et les croyances, de choisir un mari pour éviter la malédiction. Le film, qui explore les tensions entre tradition et modernité, rencontre un large succès international.

Amchilini a été sélectionné dans 32 festivals à travers le monde, dont le FESPACO, l’IDFA (Amsterdam), Vue d’Afrique (Canada) et les Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie). Il a remporté neuf prix, dont celui du Festival International des Films Espoir de l’UNESCO.

Un homme de conviction et de principes

Pour Ahmat Yaya Abbas, sous-directeur des actualités à Télé Tchad et ancien camarade d’études, « Allamine Kader est un homme de culture, de principes, discret, mais brillant. À Niamey, il rêvait déjà de filmer un musicien traditionnel aperçu lors d’un spectacle. Il l’a fait, et bien d’autres films ont suivi. Il a de l’avenir. »

Les défis du cinéma tchadien

Malgré les distinctions, Allamine Kader reste lucide sur les obstacles. « Faire du cinéma au Tchad, c’est un défi permanent. Il n’y a pas d’école, pas de salles, pas de fonds dédiés. Il faut une loi qui reconnaisse l’artiste et encadre sa profession. Aujourd’hui, tout le monde se proclame artiste. »

Issu d’une fratrie de quatre enfants dans une famille polygame, il est l’aîné. Actuellement, il travaille sur un nouveau projet : Kouri, la Terre dans le Brouillard, un long-métrage documentaire sur les orpailleurs du Nord, confrontés aux dangers sécuritaires et environnementaux. « Le scénario est prêt. Il ne manque que le financement pour le tournage », explique-t-il avec espoir.

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