Irène Fouyaba Pambiang - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Tue, 15 Jul 2025 20:07:54 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg Irène Fouyaba Pambiang - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Marie Ndocaye : professionnaliser le maquillage à travers Laury Make-Up https://www.leportrait.td/marie-ndocaye-professionnaliser-le-maquillage-a-travers-laury-make-up/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=marie-ndocaye-professionnaliser-le-maquillage-a-travers-laury-make-up https://www.leportrait.td/marie-ndocaye-professionnaliser-le-maquillage-a-travers-laury-make-up/#respond Tue, 15 Jul 2025 14:26:00 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8321 Dans son salon de beauté en plein cœur de Moursal dans le 6ᵉ arrondissement de N’Djamena, une armoire bien rangée met en valeur sa prouesse et ses réalisations. Marie Ndocaye, assise sur le sofa, nous accueille avec  sourire aux lèvres. Des accolades et les salamalecs ordinaires, on entre dans le vif du sujet, celui de son métier de prédilection, le Make-up. Elle ne manque presque pas les grands rendez-vous d’union ou de joie dans la capitale tchadienne. Sa touche particulière dans le maquillage ou le make-up fait d’elle l’une des plus sollicitées pour les cérémonies de mariage, dot et autres. À ses 29 ans de vie, Marie Ndocaye s’impose comme une lady boss dans l’univers du maquillage professionnel au Tchad. Artiste du domaine « Je dirais que le maquillage est une valeur ajoutée à la beauté d’une femme, bien même qu’on s’aime naturellement. Quand on le fait, on voit qu’on est un peu différent », de dire Marie Ndocaye, celle qui veut rendre professionnel le métier de make-up. Cette valeur ajoutée à la beauté, elle l’a donné à Irène Fouyaba Pambiang, une cliente qui est devenue collaboratrice. Pour la première fois, Irène a sollicité ses services en 2021 lors du …

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Dans son salon de beauté en plein cœur de Moursal dans le 6ᵉ arrondissement de N’Djamena, une armoire bien rangée met en valeur sa prouesse et ses réalisations. Marie Ndocaye, assise sur le sofa, nous accueille avec  sourire aux lèvres. Des accolades et les salamalecs ordinaires, on entre dans le vif du sujet, celui de son métier de prédilection, le Make-up.

Elle ne manque presque pas les grands rendez-vous d’union ou de joie dans la capitale tchadienne. Sa touche particulière dans le maquillage ou le make-up fait d’elle l’une des plus sollicitées pour les cérémonies de mariage, dot et autres. À ses 29 ans de vie, Marie Ndocaye s’impose comme une lady boss dans l’univers du maquillage professionnel au Tchad.

Artiste du domaine

« Je dirais que le maquillage est une valeur ajoutée à la beauté d’une femme, bien même qu’on s’aime naturellement. Quand on le fait, on voit qu’on est un peu différent », de dire Marie Ndocaye, celle qui veut rendre professionnel le métier de make-up.

Cette valeur ajoutée à la beauté, elle l’a donné à Irène Fouyaba Pambiang, une cliente qui est devenue collaboratrice. Pour la première fois, Irène a sollicité ses services en 2021 lors du lancement de l’association Women Success sur les réseaux sociaux. « Je l’ai contactée sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Le résultat m’a bluffée. Depuis ce jour-là, je ne l’ai plus quittée. Son travail est soigné, elle comprend mes attentes avant même que je ne les exprime, et surtout, elle cherche toujours à se surpasser. C’est une véritable artiste doublée d’une entrepreneure engagée », témoigne Irène Fouyaba.

Donner de la valeur au métier de make-up

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La passion et l’ambition de professionnaliser le maquillage a amené Marie Ndocaye à organiser des masters class dans le domaine afin d’aider les autres filles à s’approprier le métier non pas pour simple envie de faire, mais d’être des professionnelles et gagner leur vie grâce au maquillage. À l’image des masters class qu’elle anime régulièrement, Irène Fouyaba imagine déjà Marie Ndocaye ouvrir une académie pour former d’autres maquilleuses et qu’elle pourrait aussi lancer sa propre ligne de produit puisqu’elle est très attentive à la qualité des produits qu’elle utilise. « Elle a cette capacité rare à allier expertise artistique et démarche entrepreneuriale. Elle est constante dans ses efforts, et surtout, elle n’a pas peur de sortir de sa zone de confort », admire Irène Fouyaba.

Entre petit commerce et les études

Née dans une grande famille de 12 enfants dont elle est la 8e, Marie Ndocaye a passé son enfance entre Massakory, Mandelia et N’Djamena. Très petite, elle s’occupait des affaires de sa maman, commerçante, ce qui fait d’elle une fille de confiance de sa mère qui lui laissait tout gérer. À côté de cela, Marie exerce aussi ses propres activités. « Je venais derrière les femmes en brousse pour acheter et je revendais au marché et dans les gares (Mandelia) ».

Son engagement dans les affaires dès son bas âge a fait d’elle aujourd’hui une grande entrepreneure. Elle obtint son BEPCT en 2011 à Bessao et son baccalauréat en 2015 à Sarh. C’est étant à l’université qu’elle a relancé ses activités qu’elle avait commencées avec sa mère étant petite. « J’ai cherché le boulot en vain, j’ai ouvert une petite boutique de vente des habits qui n’a pas marché. Ensuite, un petit boulot à Total et c’est de là-bas que j’ai appris une formation de maquillage en 2019 avant d’aller me perfectionner au Cameroun en 2021 », raconte-t-elle.

Le make-up, un hasard devenu une profession

Le déclic pour le make-up ou le maquillage est venu de nulle part. Elle aimait se maquiller, mais pas pour l’exercer professionnellement. C’est en 2019, « en voyant l’affiche pour la formation, je me suis inscrite juste pour le faire moi-même, mais après, j’ai réalisé que c’est ma passion. J’aimais le faire et je le fais bien », se souvient-elle.

Mais à côté de cela, il y avait sa formatrice Mayeléla Laokissam qui l’encourageait à ne pas se laisser définir. « J’ai eu cette grâce d’avoir une bonne formatrice qui a un bon cœur. C’est elle qui m’encourageait à exercer cela. Je peux dire que c’est elle qui m’a beaucoup plus incitée à continuer », dit-elle.

Aujourd’hui, Mayeléla Laokissam, formatrice de Marie Ndocaye reconnaît les efforts de son ancienne élève, l’une des meilleures. « Ses débuts étaient très difficiles. Elle a commencé, pas par passion, mais par curiosité et elle était même découragée et c’est moi qui l’ai encouragée », dit-elle. Pour Mayeléla Laokissam, son objectif, c’était de tester quelque chose : est-ce qu’elle peut faire de quelqu’un une grande maquilleuse. « Aujourd’hui, elle n’est plus une fille pour moi, mais elle est une concurrente et j’en suis fière », dit-elle.

 

Laury, une source de motivation

Si le maquillage est perçu dans la société actuelle comme un truc banal, Marie Ndocaye a fait de ça une profession. « J’ai réalisé que ces deux dernières années, les gens ont commencé à s’intéresser à cela parce qu’il y a aussi les maquilleuses comme nous qui valorisons, donc cela a donné du goût à la population », dit-elle. Mais malgré ce désintéressement, « il y a un grand travail à faire derrière », reconnaît Marie Ndocaye qui veut rendre professionnel le métier de make-up.

Dans la quête de professionnaliser ce métier, elle ouvre son salon Laury Make-up en 2021 qui porte le nom de sa fille pour ainsi lui rendre hommage et se rapprocher d’elle. « Après son accouchement, j’étais un peu loin d’elle et j’ai senti ce manque entre elle et moi. C’est pour avoir plus de rattachement et pour lui faire honneur que j’ai mis son nom sur l’entreprise », dit-elle.

Depuis lors, Laury est devenue un stimulus pour Marie Ndocaye dans l’accomplissement de ses tâches. « Quand bien même qu’elle est petite, à chaque fois que je la vois, elle me motive d’abord et me donne la force de continuer, et si je sors aujourd’hui pour faire quelque chose, c’est à elle d’abord que je pense », reconnaît-elle.

Tirer sa vie à travers le maquillage

Le professionnalisme de Marie Ndocaye ajouté à son côté humeur, fait d’elle l’une des maquilleuses la plus sollicitée de N’Djamena, voire dans les provinces. Quand on lui pose la question de savoir quel est son secret, Marie de répondre avec un large sourire : « je n’ai pas un secret particulier, mais c’est l’amour que je partage autour de moi et la joie. Et mon slogan même dit le sourire aux lèvres. Quand une personne entre, cette personne trouve le sourire même si elle est fâchée quelque part », témoigne-t-elle dans une gaieté de cœur. Au-delà de tout ça, Marie ajoute une note d’humour à ce qu’elle fait. C’est peut-être ça qui attire les clients chez elle, mais surtout le travail bien fait.

Le salon Laury Make-up accueille environ 20 clients par semaine. « Mais il y a aussi des semaines mouvementées où on peut aller au-delà de 29 si on vient à un mariage avec lequel il y a beaucoup de demoiselles d’honneur, donc ça dépend », explique la promotrice. Les recettes engendrées permettent de faire vivre la jeune dame. « Pour ne pas être ingrate, je dirais que je vis de ça, mais ce n’est pas facile. On néglige vraiment ce métier alors, on se force pour que les gens viennent s’intéresser à ça », reconnaît la maquilleuse.

Son travail reconnu aux Awards de Women Success

Ph Women Success

Pour reconnaître les valeurs de son travail, un trophée spécial lui a été décerné lors des Awards de Women Success, un trophée qui est venu redonner confiance à la jeune dame de 29 ans qui ne croyait plus à ses débuts. « Ce trophée représente beaucoup pour moi. C’est une distinction mémorable et ça me touche vraiment. Avec ce trophée, je me suis dit que ce que je fais est vrai et il faut que je continue, donc c’était une force pour moi », dit-elle.

Aujourd’hui, Marie se dit fière de ce qu’elle est devenue et espère voir son entreprise devenir une très grande maison de beauté dans cinq ans, une marque de beauté au Tchad. Cette ambition est partagée par son amie et collaboratrice Irène Fouyaba qui voit Laury Make-Up évoluer vers une structure avec une équipe solide, des espaces dédiés à la formation et une présence dans plusieurs villes du pays.Elle ajour,  « Marie possède la vision et l’audace nécessaires pour bâtir une marque forte et devenir une référence à l’échelle nationale. D’ailleurs, elle intervient déjà dans plusieurs villes pour proposer ses services, ce qui facilitera la mise en place d’équipes locales », dit Irène, confiante. Elle ajoute

Aujourd’hui, le plus grand succès de Marie Ndocaye dans son domaine est la réalisation d’une formation spéciale vacance qui avait réuni 48 élèves en 2024. Si aujourd’hui, elle rencontre Marie de 18 ans, elle lui dirait de travailler et de continuer à travailler. « J’ai réalisé qu’à mes 18 ans, je n’ai rien fait et puis ça m’énerve. Mais je vais lui dire de bosser dur », lance-t-elle dans un air mélancolique.

À ces jeunes filles qui sont dans leurs zones de confort, Marie Ndocaye leur conseille de sortir de cette zone et de travailler. « Aujourd’hui, c’est le travail qui paie. Il faut travailler et avoir du courage et la réussite va suivre », conseille-t-elle.

 Marie Ndocaye a du potentiel et ce qui a fait d’elle aujourd’hui une maquilleuse professionnelle. Ce n’est pas seulement la formation qu’elle a reçue de moi, mais c’est sa hargne, sa détermination parce que c’est une fille qui est très courageuse, déterminée. Quand elle veut faire quelque chose, elle le fait bien », Mayeléla Laokissam.

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