Issa Dark - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Wed, 23 Oct 2024 15:24:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg Issa Dark - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Issa Dark : l’exportateur de la danse traditionnelle tchadienne https://www.leportrait.td/issa-dark-lexportateur-de-la-danse-traditionnelle-tchadienne/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=issa-dark-lexportateur-de-la-danse-traditionnelle-tchadienne https://www.leportrait.td/issa-dark-lexportateur-de-la-danse-traditionnelle-tchadienne/#respond Wed, 23 Oct 2024 15:23:58 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8140 « Quand j’avais débuté avec la danse, tout le monde me faisait savoir que je n’irais nulle part et que je ne pourrais rien faire pour changer le pays, car mes grands ont essayé, mais ils n’ont rien pu y changer », dixit Issa Dark, danseur professionnel. Il a commencé à danser à partir de six ans. Le chemin de Nwantsock Daniel Hama Soumalla, alias Issa Dark était déjà tracé pour devenir un grand danseur professionnel. Il est issu d’une famille de danseurs. « Dans ma famille, il n’y a que des danseurs, à part moi qui ne suis pas une danseuse », confie Denessara Hama Sandy, sa grande sœur. Nwantsock Daniel Hama Soumalla est né le 03 décembre 2003 à N’Djamena. Fils d’administrateur, il a passé son enfance entre N’Djamena et Sarh où il a reçu une éducation très disciplinée et pleine d’enseignements. Il a fait de la danse sa carrière professionnelle en intégrant le groupe de danse Harlem Junior en 2012, puis le groupe Sabangali Hip Hop en 2015. Ngueridjimbaye Aman Koïbla, un danseur avec qui ils ont cheminé, se rappelle encore des circonstances de leur rencontre : « dès le premier jour où il a adhéré notre groupe …

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« Quand j’avais débuté avec la danse, tout le monde me faisait savoir que je n’irais nulle part et que je ne pourrais rien faire pour changer le pays, car mes grands ont essayé, mais ils n’ont rien pu y changer », dixit Issa Dark, danseur professionnel.

Il a commencé à danser à partir de six ans. Le chemin de Nwantsock Daniel Hama Soumalla, alias Issa Dark était déjà tracé pour devenir un grand danseur professionnel. Il est issu d’une famille de danseurs. « Dans ma famille, il n’y a que des danseurs, à part moi qui ne suis pas une danseuse », confie Denessara Hama Sandy, sa grande sœur.

Nwantsock Daniel Hama Soumalla est né le 03 décembre 2003 à N’Djamena. Fils d’administrateur, il a passé son enfance entre N’Djamena et Sarh où il a reçu une éducation très disciplinée et pleine d’enseignements. Il a fait de la danse sa carrière professionnelle en intégrant le groupe de danse Harlem Junior en 2012, puis le groupe Sabangali Hip Hop en 2015. Ngueridjimbaye Aman Koïbla, un danseur avec qui ils ont cheminé, se rappelle encore des circonstances de leur rencontre : « dès le premier jour où il a adhéré notre groupe Harlem, on a tout de suite su qu’il avait quelque chose de spécial en lui et surtout son style de danse était compatible au nôtre ».

En 2015, Issa Dark crée Hourana, un style de danse qui a quatre piliers principaux : tradition, émotions personnelles, spiritualité et la danse contemporaine. Ensuite, viennent le hip-hop, les postures animalières, des émotions ancestrales, le jazz et des pas traditionnels. « Le Hourana, tel que je le pratique, va au-delà du simple mouvement. C’est une forme d’expression spirituelle qui permet de dialoguer avec soi-même, la nature, les esprits et les ancêtres et de préserver les traditions culturelles », décrit-il.

Tout le monde me faisait savoir que je n’irais nulle part.

Mais au Tchad, aspirer faire de la danse une carrière professionnelle, c’est être considéré comme une personne qui a raté sa vie ou une personne sans ambition. Ces préjugés, Issa Dark en a rencontré, mais a su essuyer les paroles négatives. « Quand j’avais débuté avec la danse, tout le monde me faisait savoir que je n’irais nulle part et que je ne pourrais rien faire ni pour moi, moins encore pour changer le pays. Comme quoi, mes grands ont essayé, mais ils n’y sont pas parvenus », lâche-t-il. Sa grande sœur était dans le camp des pessimistes, « J’ai eu ce sentiment que la danse allait l’amener nulle part et qu’il perdait son temps. Le mieux pour lui, c’étaient les études ».

Les critiques comme essence de persévérance

Aman Koïbla, camarade du danseur, voyait déjà ce talent en Issa Dark depuis bien longtemps. « Tout le groupe savait que Issa Dark allait arriver à ce stade, son succès était visible, donc on y croyait tous », témoigne-t-il. Aujourd’hui, Issa Dark honore le Tchad et sa famille. Il exerce sa passion qui est la danse en France dans des grands festivals.

Le jeune dit qu’il n’a certes rien changé jusqu’à présent de l’avis de plusieurs mais l’opprobre que la société lui jette est comme un stimulus qui lui permet de tenir le flambeau encore plus haut afin de leur prouver le contraire. Pour le créateur de Hourana, la danse est un moyen de communication très complexe qui va au-delà des mouvements corporels, de la voix dansante et de l’entendement humain. « La danse est pour moi un univers spirituel où nous communiquons avec ce qu’on ne voit pas », dit-il.

Pitou, comme ses amis l’aiment si bien l’appeler au quartier Sabangali, Issa Dark est titulaire d’un baccalauréat obtenu en 2021 au lycée Adventiste de N’Djamena. Danseur professionnel, il a participé à plusieurs festivals au Tchad. À côté de cela, il est aussi un fin connaisseur en chorégraphie. « J’ai créé plusieurs chorégraphies pour différents artistes tels que AfrotroniX. J’ai aussi travaillé avec différents chorégraphes nationaux et internationaux du Tchad et d’ailleurs, formé des dizaines de jeunes en danse Hourana ».

« Le gardien de la tradition »

La danse traditionnelle est la source de sa passion. Attaché à ses racines, il a la rage de vouloir parler de ses traditions, cultures, coutumes et spiritualité au monde entier. « Je voulais et je veux que tout le monde puisse savoir que nos racines sont notre avenir et sans elles nous ne sommes rien ».

Avec plus de dix ans d’expérience, Issa Dark a réussi à se faire un nom dans le monde de la danse au Tchad, participant à de nombreux spectacles, des collaborations et festivals. Son travail ne se limite pas seulement à la performance, il transmet également ses connaissances pour la culture aux jeunes générations, assurant ainsi la pérennité de cet art. « Je suis un gardien de la culture et des traditions, offrant au monde une fenêtre sur la richesse et la profondeur de l’héritage spirituel de mon peuple », dit-il.

Ayant pour secret le travail, la discipline, la patience et la persévérance, la plus grande réussite d’Issa Dark est de rendre à la culture tchadienne et africaine ses lettres de noblesses aux yeux de tous à travers la danse.

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