MPS - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Mon, 02 Feb 2026 11:26:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg MPS - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Hassan Saline : itinéraire d’un technocrate devenu pilier politique https://www.leportrait.td/hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique https://www.leportrait.td/hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique/#respond Mon, 02 Feb 2026 11:26:48 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15914 Ingénieur de formation, technocrate aguerri et acteur politique de premier plan, Hassan Saline incarne un parcours fait de rigueur, de résilience et d’engagement. De la Direction des Routes aux plus hautes sphères de l’État, en passant par les combats internes du MPS et les épreuves de l’instabilité politique, l’actuel sénateur du Guéra s’est imposé comme une figure clé, forgée par l’adversité et portée par une vision d’inclusion et de changement. Hassan Saline, ce nom est bien connu dans le Guéra, tant dans la sphère politique que dans les coins et recoins de cette province. L’homme a d’abord bâti sa réputation dans le secteur des Travaux publics, où son expertise est unanimement reconnue. De chef d’agence de l’Office national des routes d’Abéché à délégué régional pour le Batha-Guéra-Salamat, il a fait ses preuves sur le terrain, conduisant d’importants chantiers tels que Abéché-Biltine et Mongo-Mangalmé. Son apogée technique intervient lorsqu’il est nommé Directeur des Routes, puis Directeur général de l’École nationale des travaux publics (ENTP). À la Direction des Routes, il participe activement à la définition de la politique nationale des transports, pilotant des programmes majeurs et des projets de bitumage complexes. À l’ENTP, il est salué comme un réformateur, ayant fait …

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Ingénieur de formation, technocrate aguerri et acteur politique de premier plan, Hassan Saline incarne un parcours fait de rigueur, de résilience et d’engagement. De la Direction des Routes aux plus hautes sphères de l’État, en passant par les combats internes du MPS et les épreuves de l’instabilité politique, l’actuel sénateur du Guéra s’est imposé comme une figure clé, forgée par l’adversité et portée par une vision d’inclusion et de changement.

Hassan Saline, ce nom est bien connu dans le Guéra, tant dans la sphère politique que dans les coins et recoins de cette province. L’homme a d’abord bâti sa réputation dans le secteur des Travaux publics, où son expertise est unanimement reconnue. De chef d’agence de l’Office national des routes d’Abéché à délégué régional pour le Batha-Guéra-Salamat, il a fait ses preuves sur le terrain, conduisant d’importants chantiers tels que Abéché-Biltine et Mongo-Mangalmé.

Son apogée technique intervient lorsqu’il est nommé Directeur des Routes, puis Directeur général de l’École nationale des travaux publics (ENTP). À la Direction des Routes, il participe activement à la définition de la politique nationale des transports, pilotant des programmes majeurs et des projets de bitumage complexes. À l’ENTP, il est salué comme un réformateur, ayant fait basculer l’école dans le système LMD et créé le cycle des ingénieurs de conception. « À la Direction des Routes, c’était la rigueur absolue. Je connaissais chaque kilomètre de route, chaque pont. Quand j’ai négocié le règlement à l’amiable du contentieux de Guelengdeng-Bongor, j’ai sauvé l’État d’un désastre financier. Quant aux réformes de l’ENTP, elles étaient visionnaires. Je ne voulais pas seulement réparer, je voulais former la prochaine génération d’ingénieurs capables de construire le Tchad », confie-t-il, sous une mine lumineuse.

Pour Mahamat Ibet Békla, conseiller au Bureau national politique du Guéra entre 2009 et 2010, la rigueur et la constance du sénateur ne font aucun doute. « Il est brutalement honnête et direct. Si vous avez raté un dossier, il vous le dira sans filtre, parfois devant tout le monde. C’est sa manière de vous pousser à vous dépasser et à ne plus jamais refaire la même erreur. »

Baïwa Makaye Hatap, président de la commission communication de sa campagne sénatoriale, reconnaît que certains ne supportent pas cette pression et finissent par partir. « Mais ceux qui restent savent que si vous fournissez un travail impeccable, il est d’une loyauté sans faille et vous donne les moyens de réussir. L’échec par négligence est impardonnable. Il est direct et cohérent », dit-il.

Parallèlement à son expertise technique, sa carrière politique, principalement au sein du MPS, est marquée par le combat et la résilience. Engagé très tôt, président de la CENI du Guéra en 1995-1996, il accède aux plus hautes fonctions : ministre, secrétaire général de la Présidence, conseiller du Président et gouverneur. Son virage vers une politique de confrontation s’opère lorsqu’il défie des figures dominantes du MPS, devenant « la bête noire à abattre » à l’issue d’une élection interne. S’ensuit une période d’instabilité marquée par des évictions successives de postes stratégiques, orchestrées par des adversaires puissants.

Il est l’homme qui a connu la gloire du pouvoir et la précarité du sans-emploi. « Depuis dix ans, je n’ai pas connu cette stabilité, sauf dans les postes techniques », confie-t-il. Son collègue et ami, le président du Conseil provincial du Guéra, Ahmat Sortho, estime que cette trajectoire était prévisible. « Ma rencontre avec Hassan Saline en 1997, alors qu’il était délégué aux Infrastructures du Guéra, m’a permis d’observer une ascension fulgurante. De la Direction des Routes au Sénat, en passant par des fonctions ministérielles et stratégiques à la Présidence, son parcours reflète une compétence hors pair », souligne-t-il. Au-delà de l’homme d’État, il incarne, selon lui, un leadership humaniste, alliant énergie et magnanimité.

Face à l’adversité, Hassan Saline prône une politique d’inclusion et de changement dans sa région natale, le Guéra, affirmant que « tous les fils du Guéra se valent ». Une source proche de lui nuance toutefois : « Sa plus grande qualité est aussi son plus grand défaut. Il exige des autres la même énergie et la même passion qu’il met dans son travail. Parfois, il oublie que les gens ne sont pas des machines. Le résultat est incontestable, mais le coût humain pour son entourage est parfois élevé. »

Lassé de l’instabilité et des complots, il oriente alors sa carrière vers la conquête d’un mandat électif, perçu comme une garantie de sécurité. « Je cherchais la stabilité de poste, mais surtout l’immunité parlementaire », explique-t-il. Écarté des législatives malgré un dossier jugé solide, il rebondit comme chef de mission du MPS, remportant un succès électoral décisif. Son élection comme sénateur pour un mandat de six ans marque l’aboutissement de cette quête. « Je peux enfin respirer, il y a la stabilité. C’est le travail qui paye. Il ne faut pas toujours compter sur les hommes, mais sur Dieu. »

Pour sa fille, Mariam Hassan Saline, le sénateur est un homme de principes et d’engagement. « Mon père est un véritable modèle. Homme au grand cœur, il accueille chacun sans distinction et sans préjugé. Il nous a toujours placés, ses enfants, au centre de ses décisions, filles comme garçons ». Major de sa promotion en génie civil au Mali, il a conservé une rigueur professionnelle qui fait de lui, aujourd’hui encore, un travailleur hors pair.

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