Journaliste de profession, Goual Nanassoum est l’un des pionniers de la presse écrite au Tchad, même si dans ce domaine, d’imminents autres journalistes ont été au contact du métier avant lui. Directeur de publication du journal Le citoyen, ce fin connaisseur de l’espace médiatique tchadien met quotidiennement son expérience au service de la profession.
C’est dans un air décontracté, serein que le directeur de publication du journal, Le Citoyen Goual Nanassoum nous a accueillis ce matin dans son salon. Assis sur un divan en face de nous, Goual NANASSOUM nous raconte comment, il a embrassé le métier de journalisme à l’école. « Quand j’étais en classe de terminale à Moundou dans la province du Logone Occidental, je lisais beaucoup les bouquins, c’est comme ça que j’ai été emporté par l’écriture. Après mon Bac en 1984, je suis allé à Yaoundé pour poursuivre mes études en droit. Cependant, on ne m’a pas accepté dans cette filière parce que les autres ont déjà commencé les cours », dit-il.
Pendant, ce temps, un concours était ouvert au Cameroun en journalisme à l’ESSTI. Goual Nanassoum a décidé de tenter sa chance. Parmi les candidats camerounais, deux étrangers ont réussi à ce concours dont Goual Nanassoum. Malheureusement, il n’a pas pu finir ses études en journalisme dans cette Ecole interétatique. En plein année scolaire, une note est arrivée de N’Djaména demandant aux responsables de ladite Ecole de le suspendre. Dans cette note, l’état tchadien fait comprendre aux responsables de ladite Ecole qu’en qualité de Réfugié Tchadien, je ne pouvais bénéficier de la formation dans cette Ecole interétatique. « Ne pouvant me permettre de poursuivre les cours, les responsables de ladite Ecole qui avaient de la peine à me voir partir parce que j’étais parmi les meilleurs étudiants, ont été contraints de me délivrer un certificat. C’est ainsi que mon séjour à l’ESSTI de Yaoundé a pris fin en 1989 », a t-il relaté.
Après cette déception, Goual Nanassoum qui avait à cœur de parachever ses études supérieures a élu domicile à Ouagadougou au Burkina Faso. C’est dans le pays des hommes intègres qu’il réussira à décrocher brillamment sa maitrise d’histoire et d’archéologie, à l’Université de Ouagadougou. Après ses études universitaires au Burkina-Faso, Goual Nanassoum est rentré au pays dans les années 90 où, il décroche un emploi au Centre d’Etude et Formation pour le Développement (CEFOD). Guidé toujours par sa passion d’écriture, il se retrouvera embarqué dans dans le journalisme. « J’ai été recruté au CEFOD pour travailler dans le service de la documentation et des archives. Un jour, on m’a confié un article à rédiger pour le journal Tchad Culture. L’article que j’ai rédigé a convaincu mes chefs hiérarchiques qui ont finalement décidé de m’affecter à la rédaction du Journal », se souvient-il.
Journaliste à Tchad et Culture de 1992 à 2002, Goual Nanassoum s’est occupé de la rubrique Politique et Pages régionales pendant 10 ans. Dans les colonnes de ce hebdomadaire, Goual Nanassoum a réalisé des enquêtes de terrain, des reportages et rédigé plusieurs articles de presse. « Il faut reconnaitre que je suis devenu journaliste professionnel grâce à l’expérience que j’ai eu dans ce journal. Lorsque je bossais encore là-bas, j’ai bénéficié de plusieurs formations. Ainsi, j’ai obtenu en 1995, le Certificat de journalisme au CFPJ, Paris en France. Cependant, j’ai continué à me faire former. En 2025, j’ai reçu un Certificat de journalisme à Lille en France », a-t-il confié.
Pendant qu’il était Reporter au journal Tchad et Culture, Goual Nanassoum était aussi correspondant du Bulletin d’informations africaines, Bruxelles, Belgique. Ce bulletin s’intéresse particulièrement aux activités en milieu rural (agriculture, élevage, associations, humanitaire etc.) Passionné de l’écriture, il a aussi édité quelques œuvres scientifiques. En 2007 : « De Fort-Lamy à N’Djaména, à la découverte du Tchad », Publication du Centre Al Mouna, 64 pages, ouvrage collectif. En 2006 : Une monographie sur les potentialités agricoles, pastorales, halieutiques, culturelles, anthropologiques et touristiques de la région du Moyen-Chari en général et le Département du Lac Iro en particulier…. Il est aussi l’auteur du célèbre recueil de «300 dates de l’histoire du Tchad», Editions du CEFOD, 1995 ; 67 pages.
L’un des pionniers de la presse écrite
Goual Nanassoum est l’un des pionniers de la presse au Tchad, même si dans ce domaine, d’imminents journalistes ont été au contact du métier avant lui. Directeur de publication du journal de La Voix de 2010 à 2011, Goual Nanassoum a décidé de créer son propre canard, Le Citoyen. Même si, ces derniers temps, les journaux imprimés connaissent des difficultés face à la révolution numérique, Goual Nanassoum ne pense que cette catégorie à l’avenir. « La presse écrite va exister, elle ne va pas disparaitre. Elle s’adapte à l’évolution », a-t-il lâché.
Fin connaisseur de l’espace médiatique tchadien, Goual Nanassoum a mis son expérience au service de la profession. Ainsi, il fut le principal organisateur des états généraux de la communication du Tchad. Ce forum s’est déroulé du 11 au 14 mai 2009 à N’Djaména. Il a aussi occupé de grandes responsabilités dans les organisations professionnelles de journalisme. Ainsi, il fut en 2009, Secrétaire Permanent de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique des médias au Tchad (ODEMET).
Goual Nanassoum offre aussi de service consultance dans le domaine des médias. En septembre 2018, il a mis son expérience pour la Formation en techniques rédactionnelles et déontologie journalistique financée par l’Ambassade de France au Tchad. De septembre 2022 à janvier 2008, il fut aussi Adjoint au Chef de Projet d’appui aux médias tchadiens, projet mis en œuvre par le Groupe de recherche et d’échanges technologiques (GRET), une Ong française.
Marié et père de 6 enfants, Goual Nanassoum est un père comblé. Amoureux de la culture Rasta, Goual Nanassoum qui portait à l’époque des dreadlocks a confié que cette manière de voir les choses lui inspire à mener quotidiennement une vie paisible dans un monde complexe.

