L’ARTISTE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Tue, 13 Oct 2026 10:22:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg L’ARTISTE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Vandar Dorsouma : une vie consacrée à l’art et au théâtre https://www.leportrait.td/vandar-dorsouma-une-vie-consacree-a-lart-et-au-theatre/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=vandar-dorsouma-une-vie-consacree-a-lart-et-au-theatre https://www.leportrait.td/vandar-dorsouma-une-vie-consacree-a-lart-et-au-theatre/#respond Tue, 13 Oct 2026 10:12:12 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8416 Vandar Dorsouma, né le 27 février 1967 à N’Djamena, est aujourd’hui une figure incontournable du paysage culturel tchadien et africain. Directeur du Théâtre Mawndoh Culture (Themacult) et président du Conseil régional africain de l’Institut International du Théâtre, cet homme de 59 ans a consacré quarante années de sa vie à l’art dramatique, qu’il a embrassé avec passion, résilience et détermination. Son histoire avec le théâtre commence en 1986, lorsqu’il prend une décision radicale, celle de quitter les bancs de l’école pour se consacrer exclusivement à l’art. Ce choix, incompris de sa famille, notamment de son père, le transforme en marginal. « C’était mon choix, mais il n’avait pas compris. Je suis devenu un étranger dans la concession familiale. Je sors le matin pour ne rentrer que la nuit. Malgré cela, j’ai fait mon chemin, j’ai ouvert mes fenêtres et j’ai cherché des contacts et avec les soutiens des aînés que j’ai rencontrés dans quelques pays africains, j’ai créé le festival Themacult », témoigne-t-il. Mais ce qui l’a poussé à quitter les bancs de l’école, est qu’en 1991, quand il était en terminale et les enseignants étaient en grève et ont décidé de ne pas composer le baccalauréat, le gouvernement a …

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Vandar Dorsouma, né le 27 février 1967 à N’Djamena, est aujourd’hui une figure incontournable du paysage culturel tchadien et africain. Directeur du Théâtre Mawndoh Culture (Themacult) et président du Conseil régional africain de l’Institut International du Théâtre, cet homme de 59 ans a consacré quarante années de sa vie à l’art dramatique, qu’il a embrassé avec passion, résilience et détermination.

Son histoire avec le théâtre commence en 1986, lorsqu’il prend une décision radicale, celle de quitter les bancs de l’école pour se consacrer exclusivement à l’art. Ce choix, incompris de sa famille, notamment de son père, le transforme en marginal. « C’était mon choix, mais il n’avait pas compris. Je suis devenu un étranger dans la concession familiale. Je sors le matin pour ne rentrer que la nuit. Malgré cela, j’ai fait mon chemin, j’ai ouvert mes fenêtres et j’ai cherché des contacts et avec les soutiens des aînés que j’ai rencontrés dans quelques pays africains, j’ai créé le festival Themacult », témoigne-t-il.

Mais ce qui l’a poussé à quitter les bancs de l’école, est qu’en 1991, quand il était en terminale et les enseignants étaient en grève et ont décidé de ne pas composer le baccalauréat, le gouvernement a recruté d’autres personnes pour organiser le baccalauréat. « On était dans la salle du lycée Félix Eboué en train de composer la première matière et il y avait des tirs. On était sorti, on a jeté les feuilles et on a sauté le mur. C’est depuis ce jour que je n’ai plus remis pied au lycée », se souvient encore Vandar Dorsouma.

Malgré une adolescence perturbée par la guerre civile de 1979 et un parcours scolaire interrompu brutalement par les événements violents lors du baccalauréat de 1991, il trace sa propre voie. Son école, il la crée lui-même, se formant entre le Burkina Faso, le Cameroun et le Bénin, où il trouve mentors et repères dans le milieu artistique.

En 1989, avec un groupe de lycéens passionnés, il fonde Themacult, une troupe théâtrale devenue au fil des années un centre culturel de référence. En 2003, il installe un espace dédié à la production et la diffusion artistique. Malgré l’absence de subventions publiques, il persiste à faire vivre cet espace grâce à ses propres moyens, les revenus des spectacles et la solidarité artistique. « J’ai arrêté l’école pour dire que je ne fais que mon art. Donc, je me suis donnée corps et âme à cette structure et c’est ainsi que nous sommes arrivés avec ceux qui étaient au tour de moi à pouvoir installer un espace théâtre Themacult en 2003. On s’est dit que quand on choisit de faire l’art, il faut laisser quelque chose pour montrer que le choix n’a pas été inutile. Si c’est dans d’autres pays, ça sera plus grand que ça », dit-il.

Auteur prolifique, Vandar a écrit une vingtaine de pièces de théâtre, dont certaines comme « La bouche des vieillards », « Abrass affine », « Il est grand temps » et « L’âme bé l’âme », sont publiées et diffusées à l’échelle nationale et internationale. Pour lui, l’originalité est au cœur de la création artistique. « Je me suis intéressé à l’écriture au collège, quand j’écrivais des poèmes et nouvelles. Peu après, je me suis consacré à l’écriture de théâtre et j’en ai écrit une vingtaine de pièces théâtrales. On ne peut vendre que ce qui est imaginé et rêvé par l’artiste » indique-t-il.

Son engagement dépasse la scène, car il est formateur de jeunes artistes, organisateur de festivals, militant de la non-violence, membre de la Fédération tchadienne d’art dramatique, ancien rapporteur au Conseil économique et social, il est aussi connu pour son travail avec les scouts du Tchad. Ses actions artistiques sont profondément enracinées dans un désir de paix, de vivre ensemble et de transformation sociale.

Vandar n’a jamais cessé de militer pour la reconnaissance institutionnelle de l’art au Tchad. Il déplore l’absence d’école artistique nationale, l’absence de financement pérenne et la précarité dans laquelle travaillent les artistes. Pourtant, il continue d’y croire, convaincu que la culture est un moteur de développement. Il exhorte les jeunes à travailler avec rigueur et passion pour produire un art authentique et appelle les autorités à inscrire la culture parmi leurs priorités.

Les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé confirment son influence. Mahamat Nour Ali, son mentor, le décrit comme un homme fidèle, cultivé, persévérant et profondément respectueux. « Certaines personnes, arrivées à un certain niveau de connaissance, ne connaissent pas ceux qui les avaient formées. Ce n’est pas le cas de Vandar. Une personne qui a la licence ou la maîtrise ne peut se mettre devant Vandar. Il me dépasse déjà et je suis fière. Il m’a jamais fait savoir qu’il est supérieur à moi et on continue à travailler jusqu’aujourd’hui », témoigne son mentor.

Mariam Mayombila, comédienne et entrepreneuse culturelle, témoigne que Vandar est l’un des défenseurs de l’association Tchad non-violence et il était dynamique. Il pratiquait en même temps le théâtre. « Je l’ai repéré pour aller représenter  le Tchad au festival international du théâtre pour le développement au Burkina Faso. C’est là où est née la relation et on a continué par travailler ensemble. Il était le directeur artistique de mon entreprise Kadja Kossi en 1994 à N’Djamena », affirme-t-elle.

Elle souligne également son intégrité, sa loyauté et sa capacité à mener des projets sans jamais faire de l’argent une finalité. « Vandar ne travaille pas pour l’argent. Il fait quelque chose parce qu’il en croit et aime. Je n’ai jamais eu à signer un contrat dans ma vie avec lui. On a  toujours collaboré sans esprit financier et c’est ce que j’ai admiré chez lui », ajoute-t-elle.

Malgré les difficultés, Vandar Dorsouma reste debout, guidé par une foi inébranlable dans l’art. Il est de ceux qui ont façonné la visibilité culturelle du Tchad sur la scène internationale. Un pionnier, un bâtisseur, un homme de convictions. Un artiste pour qui l’art n’est pas un choix secondaire, mais une mission de vie.

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NDOMICH KGB : du Tchad au monde, un rappeur qui veut faire voyager une identité https://www.leportrait.td/ndomich-kgb-du-tchad-au-monde-un-rappeur-qui-veut-faire-voyager-une-identite/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ndomich-kgb-du-tchad-au-monde-un-rappeur-qui-veut-faire-voyager-une-identite https://www.leportrait.td/ndomich-kgb-du-tchad-au-monde-un-rappeur-qui-veut-faire-voyager-une-identite/#respond Tue, 08 Sep 2026 15:32:02 +0000 https://www.leportrait.td/?p=20425 Il ne veut pas seulement faire entendre sa voix, il veut faire entendre un pays, tout le Tchad dans sa diversité. Dans ses textes, NDOMICH KGB fait sonner les réalités tchadiennes en matière musicale et les rêves de la jeunesse en refrain. Aujourd’hui, le rappeur prépare une nouvelle étape de son parcours avec FROM CHAD TO THE WORLD, Un EP pensé comme un trait d’union entre le Tchad et le reste du monde. Lauréat du Prix Hip-Hop du Festival NDJAMVI, NDOMICH KGB continue de poser progressivement son empreinte sur la scène artistique tchadienne. Sa force : une écriture qui ne fuit pas les réalités sociales, les difficultés quotidiennes ou des incertitudes que traversent une jeunesse en quête d’avenir. « Ce serait une mission pas très honnête de la part d’un artiste rappeur qui se veut au service de la société« , libère l’homme du micro. Mais derrière les constats, l’artiste laisse toujours une place à l’espoir. C’est précisément cette ambition que porte son nouvel EP FROM CHAD TO THE WORLD qui n’est pas conçu comme une simple succession de morceaux. Le projet revendique une identité : partir du Tchad pour raconter le Tchad, tout en s’adressant au monde. Culture, fierté nationale, jeunesse, …

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Il ne veut pas seulement faire entendre sa voix, il veut faire entendre un pays, tout le Tchad dans sa diversité. Dans ses textes, NDOMICH KGB fait sonner les réalités tchadiennes en matière musicale et les rêves de la jeunesse en refrain. Aujourd’hui, le rappeur prépare une nouvelle étape de son parcours avec FROM CHAD TO THE WORLD, Un EP pensé comme un trait d’union entre le Tchad et le reste du monde.

Lauréat du Prix Hip-Hop du Festival NDJAMVI, NDOMICH KGB continue de poser progressivement son empreinte sur la scène artistique tchadienne. Sa force : une écriture qui ne fuit pas les réalités sociales, les difficultés quotidiennes ou des incertitudes que traversent une jeunesse en quête d’avenir. « Ce serait une mission pas très honnête de la part d’un artiste rappeur qui se veut au service de la société« , libère l’homme du micro. Mais derrière les constats, l’artiste laisse toujours une place à l’espoir.

C’est précisément cette ambition que porte son nouvel EP FROM CHAD TO THE WORLD qui n’est pas conçu comme une simple succession de morceaux. Le projet revendique une identité : partir du Tchad pour raconter le Tchad, tout en s’adressant au monde. Culture, fierté nationale, jeunesse, ambition, persévérance et réalités socio-économiques s’y croisent pour dessiner le portrait d’une génération qui refuse de réduire son avenir aux obstacles qu’elle rencontre et qui est plutôt résilient.

Dans cette démarche, NDOMICH KGB assume également une conviction : le rap tchadien peut raconter ses propres histoires sans renoncer à l’ouverture internationale. Son univers, construit à partir de sonorités urbaines modernes et d’influences africaines, cherche ainsi à faire dialoguer l’ancrage tchadien et les sonorités d’ailleurs. Sur scène comme en studio, l’artiste cultive cette volonté de connexion intime avec le public. La conjugaison de son énergie, la puissance de ses textes et de sa voix à construire une réputation qui dépasse progressivement le cercle des initiés.

La prochaine page s’écrira avec FROM CHAD TO THE WORLD. Parce que les précommandes ont débuté le 4 septembre 2026, avant la sortie officielle prévue le 20 octobre 2026. Deux dates, mais surtout une direction : faire partir une voix, une histoire et une créativité du Tchad pour les faire résonner au-delà de ses frontières.

NDOMICH KGB ne promet pas seulement de voyager, il veut emmener le Tchad avec lui, partout où besoin sera.

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El Presidenté 5 étoiles : le parcours d’un humoriste tchadien qui fait parler le vieux du village https://www.leportrait.td/el-presidente-5-etoiles-le-parcours-dun-humoriste-tchadien-qui-fait-parler-le-vieux-du-village/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=el-presidente-5-etoiles-le-parcours-dun-humoriste-tchadien-qui-fait-parler-le-vieux-du-village https://www.leportrait.td/el-presidente-5-etoiles-le-parcours-dun-humoriste-tchadien-qui-fait-parler-le-vieux-du-village/#respond Sat, 27 Jun 2026 14:12:27 +0000 https://www.leportrait.td/?p=16046 Dans l’univers grandissant de l’humour tchadien, un jeune talent se démarque par son originalité et son style particulier. Derrière les personnages de « Ceub Ndéimian », « Kaga » ou encore « El Presidenté 5 étoiles », se cache Betoudji Élisée, un artiste qui s’impose progressivement comme l’une des figures montantes de la scène humoristique nationale. Diplômé en biologie à l’Université de N’Djamena, Betoudji Élisée a choisi de faire vivre sa passion artistique en parallèle de son parcours académique. Aujourd’hui, aux côtés d’humoristes comme Dr Mad et de plusieurs autres jeunes créateurs, il contribue à écrire une nouvelle page de l’humour tchadien. L’histoire de Ceub Ndéimian avec la comédie commence très tôt. Enfant, il animait déjà les fêtes de fin d’année dans son village et participait aux célébrations de Noël à l’église à travers des sketchs. « J’ai aimé l’humour étant tout petit. Je jouais des sketchs lors des fêtes de fin d’année au village et pendant les fêtes de Noël à l’église », raconte-t-il. Cette passion ne l’a jamais véritablement quitté. Après une période consacrée aux études, il retrouve le chemin de la scène après l’université. Son passage dans une troupe théâtrale à l’église lui permet également de renforcer …

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Dans l’univers grandissant de l’humour tchadien, un jeune talent se démarque par son originalité et son style particulier. Derrière les personnages de « Ceub Ndéimian », « Kaga » ou encore « El Presidenté 5 étoiles », se cache Betoudji Élisée, un artiste qui s’impose progressivement comme l’une des figures montantes de la scène humoristique nationale.

Diplômé en biologie à l’Université de N’Djamena, Betoudji Élisée a choisi de faire vivre sa passion artistique en parallèle de son parcours académique. Aujourd’hui, aux côtés d’humoristes comme Dr Mad et de plusieurs autres jeunes créateurs, il contribue à écrire une nouvelle page de l’humour tchadien.

L’histoire de Ceub Ndéimian avec la comédie commence très tôt. Enfant, il animait déjà les fêtes de fin d’année dans son village et participait aux célébrations de Noël à l’église à travers des sketchs. « J’ai aimé l’humour étant tout petit. Je jouais des sketchs lors des fêtes de fin d’année au village et pendant les fêtes de Noël à l’église », raconte-t-il.

Cette passion ne l’a jamais véritablement quitté. Après une période consacrée aux études, il retrouve le chemin de la scène après l’université. Son passage dans une troupe théâtrale à l’église lui permet également de renforcer son expérience et de développer son talent d’interprétation. « J’ai gardé cette passion en moi jusqu’au lycée, puis j’ai arrêté pour me concentrer sur les études. C’est après l’université que j’ai repris la comédie. À l’église, j’appartenais déjà à une troupe théâtrale », explique-t-il.

Plus qu’un simple humoriste, Betoudji Élisée est un acteur et un comédien engagé. Sa particularité repose sur l’incarnation de personnages, notamment celui du vieux père du village, une figure inspirée de la sagesse traditionnelle africaine. À travers ce personnage, il aborde avec humour et satire des sujets sociaux comme l’éducation, la citoyenneté, la paix, le vivre-ensemble ou encore la préservation des valeurs culturelles. « J’ai suivi beaucoup de formations dans le domaine du théâtre et de l’humour. Je me suis spécialisé dans l’incarnation. C’est ce qui a donné naissance au personnage du vieux Ceub Ndéimian aujourd’hui », confie-t-il.

Grâce à sa maîtrise de plusieurs langues et dialectes parlés au Tchad, il parvient à toucher un large public en adaptant ses prestations aux réalités socioculturelles des différentes communautés.

Au-delà de la scène, l’humoriste est aussi reconnu pour son humilité et son esprit de collaboration. Michael Ndedjinan, connu sous le pseudonyme « Kratos 235 », qui a travaillé avec lui sur un projet, témoigne de la personnalité de l’artiste. « El-Presidenté est une personne humble puisqu’il a accepté de faire une collaboration avec moi, même si je n’ai pas encore une certaine notoriété. Il est très pragmatique et professionnel dans ce qu’il fait », affirme-t-il.

Pour lui, partager la scène avec Ceub Ndéimian a été une expérience marquante. « J’étais vraiment ému, car je suis d’abord fan de ce qu’il produit. Ce n’était pas facile de jouer notre scénario. Je l’observais attentivement dans sa manière de se déguiser et tout. Quand je réalisais mes courts métrages, je maîtrisais la scène, mais face à lui ce jour-là, franchement, il n’y avait pas match. Il est à un, deux, trois niveaux au-dessus de moi. Ce gars est phénoménal », poursuit Michael. « Pour moi, il est le meilleur humoriste tchadien. Il est authentique, naturel dans ses rôles et dans ses tournages. Le Ceub a beaucoup d’avenir et le meilleur reste à venir », témoigne l’un de ses fans.

Avec son style unique mêlant rire, traditions et sensibilisation, Ceub Ndéimian ne se limite pas à divertir. Il utilise l’humour comme un outil de transmission et de conscientisation. Son ambition est de continuer à faire évoluer son art et représenter dignement le potentiel culturel et artistique du Tchad.

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Sefou Mahamat : un créateur tchadien engagé pour l’image et la culture https://www.leportrait.td/sefou-mahamat-un-createur-tchadien-engage-pour-limage-et-la-culture/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sefou-mahamat-un-createur-tchadien-engage-pour-limage-et-la-culture https://www.leportrait.td/sefou-mahamat-un-createur-tchadien-engage-pour-limage-et-la-culture/#respond Sat, 25 Apr 2026 16:43:42 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15981 Sefou Mahamat, de son vrai nom Mahamat Tahir Abdeldjelil, est un jeune professionnel de l’audiovisuel né à Moundou, dans la province du Logone Occidental. Très tôt passionné par le cinéma, la photographie et la création artistique, il a choisi l’image comme outil d’expression et de communication, avec la volonté de marquer son époque et d’inspirer sa génération. Après des études au Lycée d’Enseignement Technique Commercial de Moundou puis à l’Université de Moundou, il s’est formé de manière autodidacte dans la photographie, la réalisation vidéo et le montage. Cette polyvalence lui a permis de s’imposer comme une référence locale dans la production audiovisuelle, sollicitée par des particuliers, des artistes, des institutions et des entreprises. Son univers créatif est riche et varié via la photographie artistique et événementielle, vidéos institutionnelles et promotionnelles, Web-humour et contenus digitaux, réalisation de fictions courtes et séries locales. Sur les réseaux sociaux, Sefou Mahamat s’est affirmé comme un influenceur culturel. Avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok et 26 000 sur Facebook, il diffuse des vidéos mêlant humour, réflexion sociale et valorisation de la culture tchadienne. Sa série « Un Bédouin en ville » illustre parfaitement son style : original, humoristique et profondément ancré dans la …

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Sefou Mahamat, de son vrai nom Mahamat Tahir Abdeldjelil, est un jeune professionnel de l’audiovisuel né à Moundou, dans la province du Logone Occidental. Très tôt passionné par le cinéma, la photographie et la création artistique, il a choisi l’image comme outil d’expression et de communication, avec la volonté de marquer son époque et d’inspirer sa génération.

Après des études au Lycée d’Enseignement Technique Commercial de Moundou puis à l’Université de Moundou, il s’est formé de manière autodidacte dans la photographie, la réalisation vidéo et le montage. Cette polyvalence lui a permis de s’imposer comme une référence locale dans la production audiovisuelle, sollicitée par des particuliers, des artistes, des institutions et des entreprises.

Son univers créatif est riche et varié via la photographie artistique et événementielle, vidéos institutionnelles et promotionnelles, Web-humour et contenus digitaux, réalisation de fictions courtes et séries locales.

Sur les réseaux sociaux, Sefou Mahamat s’est affirmé comme un influenceur culturel. Avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok et 26 000 sur Facebook, il diffuse des vidéos mêlant humour, réflexion sociale et valorisation de la culture tchadienne. Sa série « Un Bédouin en ville » illustre parfaitement son style : original, humoristique et profondément ancré dans la réalité locale.

Au-delà de ses créations personnelles, il collabore avec des ONG, des institutions et des entreprises pour produire des reportages, des spots de sensibilisation et des couvertures événementielles. Ces projets renforcent son image de professionnel sérieux, créatif et engagé.

Aujourd’hui, Sefou Mahamat incarne une nouvelle génération de créateurs tchadiens. Son ambition est claire : moderniser l’audiovisuel local, promouvoir la culture nationale et bâtir une industrie créative durable, capable de rivaliser avec les standards internationaux tout en préservant son identité.

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Reounodji Gabin : un précurseur de l’art plastique au Tchad, parti trop tôt https://www.leportrait.td/reounodji-gabin-un-precurseur-de-lart-plastique-au-tchad-parti-trop-tot/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=reounodji-gabin-un-precurseur-de-lart-plastique-au-tchad-parti-trop-tot https://www.leportrait.td/reounodji-gabin-un-precurseur-de-lart-plastique-au-tchad-parti-trop-tot/#respond Sun, 07 Dec 2025 10:15:44 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15897 Reounodji Gabin, connu sous son nom d’artiste Gabin Art, figure incontournable de la scène artistique tchadienne, s’est éteint le 6 décembre 2025 des suites d’un accident de circulation à N’Djamena. Le Portrait Td revient sur son parcours et sur les confidences qu’il avait partagées lors d’une interview accordée au média. Né le 13 février 1987, l’artiste plasticien a consacré sa vie à l’expression visuelle et à la transmission de messages à travers ses œuvres. Très jeune, il est fasciné par les dessins muraux qui l’entourent. Cette fascination nourrit très tôt son désir de devenir artiste plasticien, un engagement qu’il poursuivra avec constance. Pour Gabin, l’art était un acte d’engagement, une manière de raconter des histoires et de porter des messages. Chaque tableau incarnait une part de lui-même et faisait écho à ses souvenirs d’enfance. L’une de ses œuvres les plus marquantes fusionne les images de Mona Liza et de Kélou, deux figures historiques. Dans cette création, le corps de Mona Liza est remplacé par celui de Kélou. Colorée et audacieuse, l’œuvre a suscité de vives réactions au Tchad comme à l’international, illustrant l’approche de l’artiste, qui revisitait l’histoire à travers la créativité. Son parcours, malgré les difficultés, était ponctué de …

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Reounodji Gabin, connu sous son nom d’artiste Gabin Art, figure incontournable de la scène artistique tchadienne, s’est éteint le 6 décembre 2025 des suites d’un accident de circulation à N’Djamena. Le Portrait Td revient sur son parcours et sur les confidences qu’il avait partagées lors d’une interview accordée au média.

Né le 13 février 1987, l’artiste plasticien a consacré sa vie à l’expression visuelle et à la transmission de messages à travers ses œuvres. Très jeune, il est fasciné par les dessins muraux qui l’entourent. Cette fascination nourrit très tôt son désir de devenir artiste plasticien, un engagement qu’il poursuivra avec constance.

Pour Gabin, l’art était un acte d’engagement, une manière de raconter des histoires et de porter des messages. Chaque tableau incarnait une part de lui-même et faisait écho à ses souvenirs d’enfance. L’une de ses œuvres les plus marquantes fusionne les images de Mona Liza et de Kélou, deux figures historiques. Dans cette création, le corps de Mona Liza est remplacé par celui de Kélou. Colorée et audacieuse, l’œuvre a suscité de vives réactions au Tchad comme à l’international, illustrant l’approche de l’artiste, qui revisitait l’histoire à travers la créativité.

Son parcours, malgré les difficultés, était ponctué de réussites. Gabin a su se faire un nom au-delà des frontières : il a participé à des festivals artistiques au Niger (2013), en Suisse (2021), en Égypte et en Italie. Malgré les contraintes financières et matérielles qui freinaient souvent son travail, il n’a jamais renoncé à repousser les limites de sa créativité. Il a également organisé plusieurs expositions, notamment à Moundou et à N’Djamena, afin de promouvoir les artistes locaux et de valoriser leurs œuvres auprès du public.

L’artiste n’hésitait pas à dénoncer la réalité difficile des plasticiens au Tchad. Selon lui, l’absence de soutien institutionnel et le manque d’infrastructures dédiées constituent de véritables obstacles à leur épanouissement. « Les gens ne connaissent pas notre importance ici. La plupart des artistes ne sont valorisés qu’après leur disparition, et les récompenses reviennent alors à leurs familles, pas à eux », confiait-il avec amertume.

Il regrettait aussi le faible intérêt de certaines personnalités pour l’art. « Certaines personnes ignorent la valeur de nos tableaux. Quand nous fixons un prix, par exemple 500 000 FCFA, elles estiment que c’est trop cher. Elles se focalisent sur le montant plutôt que sur le message ou l’importance de l’œuvre », expliquait-il.

Son ami et collègue, Minguenodji Le Mbatoloum Namara, se souvient d’un homme d’une grande intégrité : « Il aimait le travail bien fait et détestait le mensonge. Ce que j’appréciais particulièrement chez lui, c’est qu’il partageait ses connaissances et son matériel sans rien attendre en retour. »

Reounodji Gabin a également connu des débuts difficiles, marqués par le rejet de sa propre famille lorsqu’il a choisi l’art. « J’ai été chassé de la maison parce que je faisais des dessins. On me traitait de nul. En 2003, je suis allé vivre chez ma tante, et c’est là que ma carrière a vraiment commencé. J’ai voyagé en RCA, au Cameroun et au Nigeria pour me former, avant de revenir au pays en 2010. Ma famille pensait que j’allais rater ma vie, mais j’ai prouvé le contraire. Aujourd’hui, je suis devenu un exemple pour eux », racontait-il fièrement.

Aujourd’hui, le Tchad perd un artiste de renom. Reounodji Gabin incarnait la persévérance et la conviction que l’art peut être un moyen de s’accomplir tout en influençant la société. Alors que l’art plastique peine encore à trouver sa place au Tchad, il s’est battu pour sa reconnaissance et pour que ce métier soit considéré à sa juste valeur. Paix à son âme !

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Souley Moutari : une plume engagée au service du journalisme culturel au Niger https://www.leportrait.td/souley-moutari-une-plume-engagee-au-service-du-journalisme-culturel-au-niger/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=souley-moutari-une-plume-engagee-au-service-du-journalisme-culturel-au-niger https://www.leportrait.td/souley-moutari-une-plume-engagee-au-service-du-journalisme-culturel-au-niger/#respond Thu, 28 Aug 2025 14:47:43 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8424 Journaliste et critique de cinéma nigérien, Souley Moutari s’est imposé comme l’une des voix les plus influentes du journalisme culturel au Niger. Agent de l’Office National d’Édition et de Presse (ONEP), éditeur des journaux Le Sahel, Sahel Dimanche, il œuvre depuis Niamey à faire rayonner la culture nigérienne à travers des enquêtes rigoureuses, des critiques éclairées et un engagement constant pour la profession. Souley Moutari ne se limite pas à la simple rédaction d’articles. Il a été membre du Conseil de Presse auprès du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) du Niger et participe activement à des initiatives de formation à l’échelle régionale. Parmi ses engagements marquants figure sa participation à un atelier régional à Dakar en décembre 2017, organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie, destiné aux journalistes culturels où avec d’autres journalistes culturels, ils ont jeté les bases du Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest. Souley MOUTARI est aussi régulièrement présent au Fespaco (Burkina Faso) où il contribue à l’animation des ateliers en critique cinématographique qu’organise la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC). Le samedi 23 août 2025, Souley Moutari s’est vu décerner le Grand Prix du Prix Cultura Afrique Francophone 2025, dans la catégorie …

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Journaliste et critique de cinéma nigérien, Souley Moutari s’est imposé comme l’une des voix les plus influentes du journalisme culturel au Niger. Agent de l’Office National d’Édition et de Presse (ONEP), éditeur des journaux Le Sahel, Sahel Dimanche, il œuvre depuis Niamey à faire rayonner la culture nigérienne à travers des enquêtes rigoureuses, des critiques éclairées et un engagement constant pour la profession.

Souley Moutari ne se limite pas à la simple rédaction d’articles. Il a été membre du Conseil de Presse auprès du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) du Niger et participe activement à des initiatives de formation à l’échelle régionale. Parmi ses engagements marquants figure sa participation à un atelier régional à Dakar en décembre 2017, organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie, destiné aux journalistes culturels où avec d’autres journalistes culturels, ils ont jeté les bases du Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest. Souley MOUTARI est aussi régulièrement présent au Fespaco (Burkina Faso) où il contribue à l’animation des ateliers en critique cinématographique qu’organise la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC).

Le samedi 23 août 2025, Souley Moutari s’est vu décerner le Grand Prix du Prix Cultura Afrique Francophone 2025, dans la catégorie presse écrite, lors d’une cérémonie tenue à Ouidah, au Bénin, du 21 au 23 août. Ce prix vient saluer la qualité de son enquête consacrée à la gestion et à la conservation du Centre historique d’Agadez, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le jury a mis en avant la profondeur de son analyse, l’originalité de son approche et l’engagement personnel qu’il y a investi. L’événement rassemblait des journalistes et professionnels de huit pays ouest-africains et s’inscrivait dans une série de formations centrées sur le thème : « Culture, héritage et patrimoine », avec un accent particulier sur le journalisme culturel.

Son Grand Prix Cultura 2025 vient consacrer un parcours fondé sur la rigueur, la passion et un profond attachement à la sauvegarde du patrimoine. Son travail met en lumière les richesses culturelles du Niger et en fait un porte-voix crédible sur la scène culturelle ouest-africaine.

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Christian Koulnodji : la voix des ancêtres et la cithare du cœur https://www.leportrait.td/christian-koulnodji-la-voix-des-ancetres-et-la-cithare-du-coeur/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=christian-koulnodji-la-voix-des-ancetres-et-la-cithare-du-coeur https://www.leportrait.td/christian-koulnodji-la-voix-des-ancetres-et-la-cithare-du-coeur/#respond Tue, 22 Jul 2025 09:05:38 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8329 Établi sur les bords du fleuve Niger depuis 2011, Christian Koulnodji alias James Le Popo est un artiste musicien, conteur, promoteur culturel tchadien. Il fait vibrer avec une sensibilité unique les huit cordes de son “ Kidé ”, instrument de musique sacré du peuple Mbaye, son outil d’art fétiche. Attiré par la musique   dès son plus jeune âge, Christian Koulnodji intègre une chorale en 1994 où il apprend le chant.  « Cela a permis à l’enfant que j’étais, d’évoluer dans le chant. Au fil du temps de mon parcours scolaire, j’ai su que la musique était ma voie, et depuis je n’ai cessé de la pratiquer », raconte-t-il. Musicien aussi discret que prodige, Christian Koulnodji dit puiser son inspiration dans la tradition. « J’explore les rythmes Mbal, Bagnan, Ndo …  J’aime les mélanger et confronter à d’autres sonorités ou d’autres cultures pour en faire d’autres choses. Ce qui est bien, c’est que notre musique a la particularité de s’adapter aux autres styles. Alors, j’ajoute pas mal de rythmes ouest africains, un peu de pop et de reggae à la musique de chez nous », explique le chanteur. En 2002, son baccalauréat en poche, Koulnodji se rend au village pour voir ses …

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Établi sur les bords du fleuve Niger depuis 2011, Christian Koulnodji alias James Le Popo est un artiste musicien, conteur, promoteur culturel tchadien. Il fait vibrer avec une sensibilité unique les huit cordes de son “ Kidé ”, instrument de musique sacré du peuple Mbaye, son outil d’art fétiche.

Attiré par la musique   dès son plus jeune âge, Christian Koulnodji intègre une chorale en 1994 où il apprend le chant.  « Cela a permis à l’enfant que j’étais, d’évoluer dans le chant. Au fil du temps de mon parcours scolaire, j’ai su que la musique était ma voie, et depuis je n’ai cessé de la pratiquer », raconte-t-il.

Musicien aussi discret que prodige, Christian Koulnodji dit puiser son inspiration dans la tradition. « J’explore les rythmes Mbal, Bagnan, Ndo …  J’aime les mélanger et confronter à d’autres sonorités ou d’autres cultures pour en faire d’autres choses. Ce qui est bien, c’est que notre musique a la particularité de s’adapter aux autres styles. Alors, j’ajoute pas mal de rythmes ouest africains, un peu de pop et de reggae à la musique de chez nous », explique le chanteur.

En 2002, son baccalauréat en poche, Koulnodji se rend au village pour voir ses parents. C’est à la suite de sa rencontre avec son oncle paternel qu’il se fait initier au “ Kidé”. «  Mon oncle m’a transmis son savoir, car je passais beaucoup de temps à l’écouter et le regarder jouer au Kidé. Cet instrument me fascinait et j’ai eu envie d’apprendre. Le jour de mon retour à N’Djamena, mon oncle m’en a offert un. J’ai continué à m’exercer tout seul dans mes temps libres jusqu’à le maîtriser complètement », relate-t-il.

De la musique au conte

L’intérêt pour la musique rapproche progressivement Koulnodji du conte. «  J’ai toujours adoré lire. Enfant, j’étais un boulimique des histoires écrites (BD, contes…), pour cela, je fréquentais régulièrement la bibliothèque du Centre culturel français (actuel Institut français). Adolescent, en plus de la musique, j’ai commencé à m’intéresser au conte, mais je ne me voyais pas en faire une activité professionnelle », indique-t-il.

En  2003, son diplôme de technicien en production animale en poche obtenu à l’université de Ngaoundere, Christian Koulnodji décide de se perfectionner dans l’art du conte. « Au-delà de mes études universitaires, j’ai décidé de consacrer ma vie à la musique et au conte.  Le conte, c’est ma routine. J’adore raconter les histoires et je ne me lasse pas de le faire. Je me suis d’abord formé au ballet au Centre culturel français avant de me perfectionner dans le conte.  J’ai suivi une formation pour lire à haute voix et pour raconter », précise l’artiste.

 L’histoire de Christian Koulnodji avec le pays de Tchiani remonte à 2005 lorsque le jeune artiste avait représenté le Tchad dans la discipline conte et conteur aux jeux de la francophonie à Niamey.

Depuis 2011, date de son deuxième voyage au Niger, il s’est installé à Niamey où il tient, avec son épouse, un espace culturel qui propose des productions (concerts, spectacle de théâtre, comédie, conte…). L’espace fait aussi de la promotion de l’art culinaire tchadien.  «  À Niamey, j’essaye de promouvoir la culture tchadienne. Parallèlement, je fais aussi dans le domaine de prestation de service, de production et de diffusion artistique. En partenariat avec des organisations telles que le PAM, l’OIF et COOPI. J’initie également des projets de peinture, de danse, de musique, d’apprentissage des instruments de musique en faveur des réfugiés », informe Christian.

https://youtu.be/eXUXrP5DsyA

« Le goût du travail bien fait »

Pour Abgue Boukar Christophe, promoteur culturel et directeur du festival de reggae  Afro’On qui l’a côtoyé pendant des années, « James Le Popo est un artiste talentueux et l’un des rares conteurs tchadiens à porter haut la flamme du conte ». « C’est aussi un homme généreux qui a le goût du travail bien fait, et qui est prompte à aider et à partager.  À la fois théoricien et praticien avec sa cithare, il met en lumière les contes tchadiens, du terroir Sara et avec sa cithare et il le fait plutôt bien », ajoute son amie d’enfance Djimet Titi.

Avec deux albums à son actif : « Dingbé » et « Racine », l’artiste Koulnodji  souligne que l’un de ces combats est de pouvoir transmettre son savoir à la jeunesse. « Pour moi, la transmission est très importante. J’ai beaucoup de projet en faveur de la jeunesse, mais malheureusement, le manque de soutien est le plus grand obstacle. Au Niger, j’ai réussi à créer une entreprise, mais je n’ai pas réussi à mettre à la disposition de la jeunesse un espace adapté pour qu’elle s’exprime. Je voudrais monter un podium professionnel de 50 mètre carré avec tous les accessoires qui va  permettre aux jeunes artistes de s’exprimer », souligne-t-il.

Porté par une carrière établie sur l’authenticité, James Le Popo invite la nouvelle génération à croire en elle. « Croyez en vous toujours. Faites les choses avec le cœur, soyez vrais, et surtout, écoutez-vous. Avoir un talent est important, mais il faut le cultiver par la formation », recommande-t-il.

Et aux jeunes artistes qui veulent lui emboîter les pas, Christian Koulnodji  conseille :  « En Afrique et plus particulièrement au Tchad, la musique ne nourrit pas. C’est bien de faire la musique, mais si en parallèle, vous avez la possibilité d’étudier, d’avancer dans les études, n’hésitez pas. Je ne vis pas à 100 % de ma musique, mais grâce au business que je fais, je suis indépendant. Mon business me permet de me nourrir et de nourrir ma musique. J’organise et finance mes concerts grâce à ça, sans dépendre de qui que ce soit ».

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Ricardo Nanadoumngar : le patriarche de l’animation au Tchad https://www.leportrait.td/ricardo-nanadoumngar-le-patriarche-de-lanimation-au-tchad/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ricardo-nanadoumngar-le-patriarche-de-lanimation-au-tchad https://www.leportrait.td/ricardo-nanadoumngar-le-patriarche-de-lanimation-au-tchad/#respond Mon, 21 Apr 2025 15:55:32 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8273 Ricardo Nanadoumngar Labe est une figure emblématique du paysage médiatique tchadien. Il incarne un parcours inspirant, marqué par des défis personnels, de la passion et une détermination sans faille. Son histoire, jalonnée d’épreuves et de victoires, est celle d’un homme qui a non seulement révolutionné son métier, mais qui continue d’influencer les nouvelles et futures générations. Né le 28 septembre 1975 à N’Djamena, issu d’une famille divorcée, Ricardo Labe est né jumeau, mais son frère décède une semaine après la naissance. Élevé par sa famille maternelle, il grandit dans un contexte marqué par l’instabilité politique. En 1979, la guerre civile le contraint à quitter N’Djamena pour Sarh. Ce n’est qu’en 1982 qu’il revient dans la capitale, retrouvant une ville en pleine mutation. Son père, révolutionnaire à l’époque, entretient des relations tendues avec Hisseine Habré, alors Premier ministre. Cette opposition politique pousse ce dernier à s’exiler en tant que réfugié politique. Sa mère, quant à elle, se démarque en devenant la première vétérinaire tchadienne, travaillant au ministère de l’Élevage. Une figure inspirante qui marquera profondément Ricardo dans son engagement et sa détermination à briser les barrières. Un destin juridique bousculé par le Micro Après son baccalauréat, Ricardo s’inscrit à la Faculté …

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Ricardo Nanadoumngar Labe est une figure emblématique du paysage médiatique tchadien. Il incarne un parcours inspirant, marqué par des défis personnels, de la passion et une détermination sans faille. Son histoire, jalonnée d’épreuves et de victoires, est celle d’un homme qui a non seulement révolutionné son métier, mais qui continue d’influencer les nouvelles et futures générations.

Né le 28 septembre 1975 à N’Djamena, issu d’une famille divorcée, Ricardo Labe est né jumeau, mais son frère décède une semaine après la naissance. Élevé par sa famille maternelle, il grandit dans un contexte marqué par l’instabilité politique. En 1979, la guerre civile le contraint à quitter N’Djamena pour Sarh. Ce n’est qu’en 1982 qu’il revient dans la capitale, retrouvant une ville en pleine mutation.

Son père, révolutionnaire à l’époque, entretient des relations tendues avec Hisseine Habré, alors Premier ministre. Cette opposition politique pousse ce dernier à s’exiler en tant que réfugié politique. Sa mère, quant à elle, se démarque en devenant la première vétérinaire tchadienne, travaillant au ministère de l’Élevage. Une figure inspirante qui marquera profondément Ricardo dans son engagement et sa détermination à briser les barrières.

Un destin juridique bousculé par le Micro

Après son baccalauréat, Ricardo s’inscrit à la Faculté de Science Juridique de N’Djamena. Son rêve, devenir juriste. Mais son parcours universitaire prend un tournant inattendu lorsqu’il découvre l’univers de la radio à travers la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC). « Tout ce que je voulais dans la vie, c’était d’être juriste. Mais avec la diversité culturelle de la JEC, j’ai découvert le micro, la musique, le théâtre. C’est là que j’ai compris qu’au lieu d’être avocat, je pouvais être journaliste. Il y avait quelque chose qui me fascinait : le micro. »

Sa passion pour l’animation radio grandit et l’incite à persévérer, quitte à redoubler deux fois sa première année universitaire pour se consacrer pleinement à son nouvel objectif. L’influence des animateurs d’Afrique de l’Ouest le marque profondément, mais il se heurte à une réalité frustrante : le métier d’animateur radio n’est même pas reconnu dans l’administration tchadienne.

Une révolution dans le monde de l’animation au Tchad

Ricardo Labe ne se contente pas de subir cette réalité. Il décide de changer les choses. À une époque où être animateur radio au Tchad est perçu comme un passe-temps et non une profession, il milite pour la reconnaissance de ce métier. « Quand je suis venu avec une nouvelle pensée et une nouvelle vision, j’ai révolutionné ce métier. Aujourd’hui, nous parlons de ce métier après 27 ans de service. Grâce à nos efforts, vous pouvez désormais voir le titre d’animateur radio et télé inscrit dans les fichiers administratifs. Celui qui a soutenu cette reconnaissance, c’est le feu Maréchal Idriss Déby Itno ».

Cette reconnaissance permet non seulement de structurer le métier, mais aussi de créer un cadre pour les nouvelles générations. Aujourd’hui, l’animation radio et télévisée au Tchad n’est plus un domaine réservé aux hommes. Ricardo Labe se dit fier de voir des femmes comme Kadjidja Kamane et Mota Blandine suivre ses traces et s’imposer dans un domaine autrefois dominé par les hommes.

L’importance de la transmission et du mentorat

Ricardo Labe ne s’arrête pas à son propre succès. Il consacre une grande partie de sa carrière à former et encadrer les jeunes. Il se souvient avec fierté de sa formation avec Claudy Siar, une figure influente dans le monde médiatique africain. « J’ai reçu tous les secrets de ce métier. C’est un domaine qui évolue dans le temps et dans l’espace, qui valorise tout le monde. Mais en même temps, si tu es malhonnête, tu peux tout détruire. J’ai tout transmis aux jeunes que j’ai formés. C’est pour cela qu’on m’appelle El Padre. »

Mais pour lui, il ne suffit pas d’enseigner la technique. Un bon animateur doit être cultivé, informé et respectueux de son public. « Dans ce métier, tu n’as pas besoin d’être intelligent, mais tu dois être informé. Parce que lorsque tu as un public en face de toi, ce qui sort de ta bouche doit être porté par l’amour, l’intelligence, le respect et la dignité. Un maître de cérémonie, c’est lui-même la cérémonie ».

Un combat pour la reconnaissance des Artistes et Animateurs

Malgré les avancées, Ricardo constate encore des lacunes dans le statut des professionnels du secteur culturel au Tchad. Il déplore notamment l’absence d’un véritable statut de l’artiste, qui permettrait aux animateurs, journalistes culturels et maîtres de cérémonie de vivre dignement de leur métier.

« Aujourd’hui, ce métier ne nourrit pas son homme. Nous sommes utilisés comme des prostitués culturels, exploités pour des miettes. Pourtant, il existe un département ministériel censé défendre nos droits, mais il ne prend même pas en compte les plaintes des artistes ». Un constat amer pour un homme qui a tant donné à son pays et à sa profession. Il regrette également le manque de reconnaissance nationale pour son travail. « Le Tchadien est ingrat. Avec tout ce que j’ai investi pour ce pays, je n’ai reçu que deux distinctions, et ce ne sont que des attestations. J’aurais pu m’installer ailleurs, mais j’ai choisi de rester. Et pourtant, le Tchad ne reconnaît pas ce que j’ai semé ».

Le défi du numérique et l’avenir du métier

Malgré les frustrations, Ricardo Labe reste optimiste quant à l’avenir du métier d’animateur radio et télévisé. Pour lui, l’un des plus grands défis aujourd’hui est l’adaptation au numérique. Il met en garde les jeunes contre la facilité avec laquelle ils pensent pouvoir devenir animateur. « Beaucoup de jeunes qui ne savent pas quoi faire se tournent vers l’animation. Mais ce n’est pas un métier pour les incompétents. C’est une profession qui demande du professionnalisme. Aujourd’hui, nous devons nous mettre à l’ère du numérique. »

Cette transition numérique représente une opportunité pour structurer davantage la profession et permettre aux animateurs de diversifier leurs revenus grâce aux plateformes en ligne. Pour Ricardo Labe, le futur de l’animation passe par l’innovation, l’adaptabilité et une formation continue.

Un héritage durable

Ricardo Labe est un pionnier, un mentor et un fervent défenseur de la reconnaissance professionnelle des métiers de l’animation au Tchad. Son parcours, forgé par l’exil, la résilience et la passion, inspire toute une génération. Aujourd’hui, il continue de porter haut la voix de son métier, en formant les jeunes et en militant pour un cadre plus structuré et respectueux des animateurs et des artistes tchadiens. Son combat est loin d’être terminé, mais une chose est sûre, l’histoire retiendra son nom comme l’un des bâtisseurs des médias modernes au Tchad.

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Allamine Kader : le cinéma dans l’âme https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=allamine-kader-le-cinema-dans-lame https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/#respond Wed, 16 Apr 2025 20:25:43 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8261 Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien. Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement. Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à …

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Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien.

Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement.

Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à Niamey. « Je devrais suivre une formation en production radio, mais faute d’effectif suffisant, on m’a proposé de changer de filière ou d’attendre un an. J’ai choisi la réalisation documentaire. Je ne le regrette pas », raconte-t-il.

Après sa licence, il poursuit un master en réalisation documentaire de création à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), où il sort major de sa promotion en 2014. « Être premier dans une promotion composée d’étudiants venus de pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Cameroun, c’était un vrai défi », se souvient-il fièrement.

Des œuvres ancrées dans l’humain

Allamine Kader compte à son actif deux longs-métrages et deux courts-métrages. Son premier long-métrage documentaire, La Promesse du Biram, explore les rituels et croyances qui structurent la vie des communautés au Lac Tchad. Il y met en scène Maloum Barka, un musicien nigérien. « Ce personnage m’a profondément marqué. Un an après le tournage, j’ai appris son décès. Ce fut un choc, après celui de mon père », confie-t-il. Dans un sourire mêlé de pudeur, il ajoute : « Je n’ai jamais dit à ma mère que j’étais réalisateur, de peur qu’elle le prenne mal, car beaucoup pensent que les artistes sont des ratés de la société. »

Son court-métrage Faire le deuil est un hommage à son père, disparu sous le régime de Hissein Habré. « J’étais enfant à l’époque. En étant au Sénégal, j’ai appelé ma mère et d’autres aînés pour comprendre les rites de deuil chez nous. Ce film était une catharsis. »

En 2023, il réalise Amchilini (Choisis-moi), un long-métrage documentaire abordant une pratique sociale méconnue : celle de femmes célibataires contraintes, sous la pression sociale et les croyances, de choisir un mari pour éviter la malédiction. Le film, qui explore les tensions entre tradition et modernité, rencontre un large succès international.

Amchilini a été sélectionné dans 32 festivals à travers le monde, dont le FESPACO, l’IDFA (Amsterdam), Vue d’Afrique (Canada) et les Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie). Il a remporté neuf prix, dont celui du Festival International des Films Espoir de l’UNESCO.

Un homme de conviction et de principes

Pour Ahmat Yaya Abbas, sous-directeur des actualités à Télé Tchad et ancien camarade d’études, « Allamine Kader est un homme de culture, de principes, discret, mais brillant. À Niamey, il rêvait déjà de filmer un musicien traditionnel aperçu lors d’un spectacle. Il l’a fait, et bien d’autres films ont suivi. Il a de l’avenir. »

Les défis du cinéma tchadien

Malgré les distinctions, Allamine Kader reste lucide sur les obstacles. « Faire du cinéma au Tchad, c’est un défi permanent. Il n’y a pas d’école, pas de salles, pas de fonds dédiés. Il faut une loi qui reconnaisse l’artiste et encadre sa profession. Aujourd’hui, tout le monde se proclame artiste. »

Issu d’une fratrie de quatre enfants dans une famille polygame, il est l’aîné. Actuellement, il travaille sur un nouveau projet : Kouri, la Terre dans le Brouillard, un long-métrage documentaire sur les orpailleurs du Nord, confrontés aux dangers sécuritaires et environnementaux. « Le scénario est prêt. Il ne manque que le financement pour le tournage », explique-t-il avec espoir.

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Magso : Maître du « Saïtrap », artiste polyvalent https://www.leportrait.td/magso-maitre-du-saitrap-artiste-polyvalent/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=magso-maitre-du-saitrap-artiste-polyvalent https://www.leportrait.td/magso-maitre-du-saitrap-artiste-polyvalent/#respond Sat, 05 Apr 2025 13:55:25 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8256 À 27 ans, Magloire Dégue Monhassingar, alias Magso, est bien plus qu’un artiste musicien tchadien. Il est la voix d’une génération, un bâtisseur de rêves et un éclaireur de talents. Originaire du Moyen Chari, il fusionne les sonorités de ses racines culturelles avec les rythmes modernes, créant un univers musical unique : le Saïtrap, mélange audacieux du rap, d’afrobeat et de vibrations locales. Ce style, véritable écho des réalités tchadiennes, est son arme pour défendre et célébrer la richesse culturelle de son pays. Né dans la province du Moyen Chari, Magso a grandi dans un environnement multiculturel où l’arabe et le Sara s’entrelacent au quotidien. Ces langues, il les revendique avec fierté. « Elles sont mes racines, mes âmes jumelles. Chanter dans ces langues, c’est dire au monde que notre diversité est une richesse ». Ce lien viscéral avec ses origines marque chacune de ses œuvres. Passionné par la musique depuis l’âge de 12 ans, Magso a commencé à Yaoundé avec son groupe Loyalty, où il a développé ses compétences en beatmaking. Ses débuts étaient modestes, mais son talent a rapidement attiré l’attention. De retour au Tchad, il s’est affirmé comme compositeur, beat maker, monteur et réalisateur talentueux. Avec plusieurs titres …

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À 27 ans, Magloire Dégue Monhassingar, alias Magso, est bien plus qu’un artiste musicien tchadien. Il est la voix d’une génération, un bâtisseur de rêves et un éclaireur de talents. Originaire du Moyen Chari, il fusionne les sonorités de ses racines culturelles avec les rythmes modernes, créant un univers musical unique : le Saïtrap, mélange audacieux du rap, d’afrobeat et de vibrations locales. Ce style, véritable écho des réalités tchadiennes, est son arme pour défendre et célébrer la richesse culturelle de son pays.

Né dans la province du Moyen Chari, Magso a grandi dans un environnement multiculturel où l’arabe et le Sara s’entrelacent au quotidien. Ces langues, il les revendique avec fierté. « Elles sont mes racines, mes âmes jumelles. Chanter dans ces langues, c’est dire au monde que notre diversité est une richesse ». Ce lien viscéral avec ses origines marque chacune de ses œuvres.

Passionné par la musique depuis l’âge de 12 ans, Magso a commencé à Yaoundé avec son groupe Loyalty, où il a développé ses compétences en beatmaking. Ses débuts étaient modestes, mais son talent a rapidement attiré l’attention. De retour au Tchad, il s’est affirmé comme compositeur, beat maker, monteur et réalisateur talentueux. Avec plusieurs titres à son actif, dont le succès phénoménal « Nagdar », il prouve que le talent peut briser les barrières des préjugés.

Héro, son directeur artistique, se souvient de ses débuts : « Il était influencé par le rap français, mais aujourd’hui, il est métamorphosé. Avec Nagdar, il a trouvé sa véritable voix. » Cette chanson, véritable cri du cœur, célèbre la résilience face aux défis et s’impose comme un hymne générationnel. « Magso a ce don rare de transformer ses épreuves en mélodies inspirantes », ajoute Héro.

Le Saïtrap, une révolution musicale

Magso est un explorateur des sons. Avec le Saïtrap, il mêle les rythmes traditionnels tchadiens au rap et à l’afrobeat, créant une alchimie sonore unique. « Tout le monde s’inspire de tout le monde, mais moi, je crée pour améliorer », explique-t-il. Ce style novateur est aussi un moyen de reconnecter la jeunesse avec ses racines, tout en ouvrant des perspectives modernes.

Magso n’est pas seulement un musicien. En tant que réalisateur, il a collaboré avec plusieurs étoiles montantes, comme Kadeux, apportant son regard créatif à leurs projets visuels. Sa rigueur et sa capacité à innover lui valent l’admiration de ses pairs. L’artiste Kadeux rapporte que « Magso est un perfectionniste. Son ambition, c’est de toujours repousser les limites. Travailler avec lui, c’est vivre une expérience créative et intense. » En réalisant le clip de Kadeux, Magso a prouvé qu’il n’était pas seulement un musicien, mais aussi un réalisateur visionnaire.

Un combat pour exister

Dans un pays où la musique est rarement perçue comme une carrière sérieuse, Magso a dû se battre pour se faire une place. « Beaucoup de jeunes artistes tchadiens abandonnent faute de moyens ou de soutiens. Mais moi, je crois que tout est possible si on reste fidèle à sa passion », confie-t-il.

Les défis, lui et son équipe les rencontrent fort malheureusement, comme en témoigne Héro « Quand on tournait Nagdar, on avait à peine 10 % du budget prévu. Tout semblait contre nous, mais Magso n’a jamais baissé les bras ». Ce clip, réalisé en dix jours avec des ressources limitées, est aujourd’hui un succès qui illustre la persévérance de cet artiste.

Clip de Magso à découvrir ici

Un artiste complet et passionné

Magso ne se contente pas de chanter. Il compose, produit et réalise. Cette polyvalence impressionne même ses collaborateurs. « Donne-lui un mot, une idée, et quelques heures plus tard, il te sort une dinguerie », raconte Héro. « Il a cette capacité instantanée à créer quelque chose d’exceptionnel. »

Avec plusieurs singles à son actif, dont certains comme Tamani ou Nagdar qui ont marqué le public, ce musicien à double facette continue de construire son univers musical. Ses collaborations avec des artistes comme Obie G ou Ghis B sur des scènes prestigieuses, notamment celles de l’Institut français du Tchad, témoignent de sa montée en puissance.

 Un avenir prometteur, une mission ambitieuse

« Dans cinq ans, je veux que ma musique résonne partout dans le monde, mais sans jamais trahir mes racines », affirme Magso. Pour lui, la musique tchadienne mérite une place sur la scène internationale, mais cela passe par un investissement collectif. « Nous devons produire de la qualité et utiliser les réseaux sociaux pour toucher un public plus large », insiste-t-il. Héro partage cette vision : « Magso, c’est un rêveur pragmatique. Il sait où il va, et il y arrivera. » De nouveaux projets sont déjà en gestation, avec des albums et des tournées à l’horizon.

Au-delà de la musique, Magloire est un modèle pour une jeunesse en quête d’identité. « La musique, c’est mon âme. Si tu me l’enlèves, tu me retires tout ». Ce message d’authenticité résonne auprès de ceux qui, comme lui, osent rêver malgré les obstacles.

Son conseil ? « Croyez en vos rêves. Le succès ne vient pas facilement, mais avec de la passion et du travail, tout est possible. »

Avec Magso, le Tchad tient bien plus qu’un artiste. Il incarne une révolution musicale, un ambassadeur culturel et un éclaireur pour une génération. « Ma mission, c’est de faire du bruit pour briser le silence. Et je sais que ce moment viendra », conclut-il avec un sourire confiant.

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