L’HOMME POLITIQUE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Mon, 05 Oct 2026 14:03:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg L’HOMME POLITIQUE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Mahamat Abdoulaye Senoussi, sept ans déjà : la fidélité faite homme https://www.leportrait.td/mahamat-abdoulaye-senoussi-sept-ans-deja-la-fidelite-faite-homme/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=mahamat-abdoulaye-senoussi-sept-ans-deja-la-fidelite-faite-homme https://www.leportrait.td/mahamat-abdoulaye-senoussi-sept-ans-deja-la-fidelite-faite-homme/#respond Mon, 05 Oct 2026 14:03:06 +0000 https://www.leportrait.td/?p=20582 Mondedji,  4 octobre 2019 – 4 octobre 2026 Ingénieur, combattant, conseiller, ambassadeur : sept ans après sa disparition à Paris, le Tchad se souvient de celui que ses intimes appelaient « Tournesol », un grand commis de l’État qui servit son pays en restant fidèle et loyal au feu Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, jusqu’à son dernier souffle. Il est des hommes dont l’absence pèse plus lourd avec le temps. Le 4 octobre 2019, l’ambassadeur Mahamat Abdoulaye Senoussi s’éteignait à Paris des suites d’une maladie, à l’âge de 67 ans. Sept ans plus tard, son nom évoque toujours la même chose à ceux qui l’ont côtoyé: la franchise, la rigueur professionnelle et un sens de la République qui ne s’est jamais démenti. De Biltine à Ljubljana Né le 5 mai 1952 à Biltine, dans la province du Wadi Fira, il était issu de la grande communauté Mimi et fils aîné du chef de canton Mimi. Sa scolarité le mène de Biltine à Abéché, puis à l’École du Rond-point à N’Djamena, avant le lycée Félix Éboué, où il décroche un baccalauréat C. Il part ensuite pour l’Université de Ljubljana, en ex-Yougoslavie, dont il revient ingénieur en électrotechnique. Des stages de …

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Mondedji,  4 octobre 2019 – 4 octobre 2026

Ingénieur, combattant, conseiller, ambassadeur : sept ans après sa disparition à Paris, le Tchad se souvient de celui que ses intimes appelaient « Tournesol », un grand commis de l’État qui servit son pays en restant fidèle et loyal au feu Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, jusqu’à son dernier souffle.

Il est des hommes dont l’absence pèse plus lourd avec le temps. Le 4 octobre 2019, l’ambassadeur Mahamat Abdoulaye Senoussi s’éteignait à Paris des suites d’une maladie, à l’âge de 67 ans. Sept ans plus tard, son nom évoque toujours la même chose à ceux qui l’ont côtoyé: la franchise, la rigueur professionnelle et un sens de la République qui ne s’est jamais démenti.

De Biltine à Ljubljana

Né le 5 mai 1952 à Biltine, dans la province du Wadi Fira, il était issu de la grande communauté Mimi et fils aîné du chef de canton Mimi. Sa scolarité le mène de Biltine à Abéché, puis à l’École du Rond-point à N’Djamena, avant le lycée Félix Éboué, où il décroche un baccalauréat C.

Il part ensuite pour l’Université de Ljubljana, en ex-Yougoslavie, dont il revient ingénieur en électrotechnique. Des stages de perfectionnement au Gabon, en Côte d’Ivoire et en France achèvent de forger le technicien.

Le combattant silencieux

Avant le haut cadre, il y eut le militant. Dès les années 1969-1970, très jeune, il rejoint les Forces populaires de libération (FPL). Au fil des crises que traverse le pays, il sera membre du FROLINAT, puis du GUNT. On le disait brave, porté par la vision d’un Tchad juste. De cet engagement, il ne fit jamais un titre de gloire. Par choix personnel, il n’a pas voulu mettre en avant sa contribution à la stabilité du pays. L’histoire, elle, la retiendra.

De 1979 à 2000, il fait carrière à la Société Tchadienne d’Eau et d’Électricité (STEE), où il est tour à tour directeur du centre de formation, conseiller du directeur général et directeur des ressources humaines. Il en deviendra le directeur général en 2009.

Entre-temps, l’État fait appel à lui à plusieurs reprises :

  • 1993 : Conseiller du Premier ministre de transition ;
  • 2000-2008 : Conseiller du Président de la République chargé des Mines, de l’Énergie et du Pétrole ;
  • Mars-avril 2008 : Ministre, chargé de mission présidentielle au lendemain des événements du 2 février 2008 ;
  • Avril 2008 : Directeur Général adjoint de la Coton Tchad ;
  • 2011-2015 : Conseiller chargé de mission à la Présidence de la République.

Confident et proche collaborateur du défunt Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, il fut de ces fidèles parmi les fidèles qui restèrent à ses côtés dans les heures sombres du pays.

La voix du Tchad en Europe

En 2015, il est nommé ambassadeur du Tchad en République fédérale d’Allemagne, avec résidence à Berlin. Sa juridiction couvre notamment l’Italie, la Norvège, le Danemark, l’Autriche et la Suède. Il représente également le Tchad auprès du Fonds des Nations Unies pour l’agriculture, à Rome.

En 2019, le Maréchal le nomme gouverneur de la province du Batha. La maladie ne lui laissera pas le temps de prendre ses fonctions.

Un héritage de droiture

Mahamat Abdoulaye Senoussi laisse six enfants, deux garçons et quatre filles. Il laisse aussi le souvenir d’un homme qui fut l’ami de tous les Tchadiens, sans distinction, et qui cultiva toute sa vie la grandeur et l’esprit républicain.

En ce jour anniversaire, une pensée va à ses compagnons de toujours : l’ambassadeur Amine Abba Sidick, le Pr Hamit Dahlop, Ahamat Abdrahmane Haggar, Adoum Arisine, Nagoum Yamassoum, Managaral Banté, l’ambassadeur Moktar Wawa Dahab, le Dr Djaibé, Mahamat Ahmat Hajdara, Ahmat Mahamat Bachir, le général Oky Dagache et Michel Amb. Hassan Adoum Haggar, Général Tchouwi, Georges Fadallalah, sans oublier les inoubliables. Elle va également à ceux qui l’ont rejoint : feu Abdoulaye Lamana, feu Abakar Adoum Haggar, feu Attamar, feu le général Gabgalia et feu Mahadine Salah.

Sept ans ont passé. « Tournesol » n’est plus, mais l’exemple demeure.

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« Confidences » d’Amina Priscille Longoh : le récit d’un engagement au service du Tchad https://www.leportrait.td/confidences-damina-priscille-longoh-le-recit-dun-engagement-au-service-du-tchad/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=confidences-damina-priscille-longoh-le-recit-dun-engagement-au-service-du-tchad https://www.leportrait.td/confidences-damina-priscille-longoh-le-recit-dun-engagement-au-service-du-tchad/#respond Thu, 07 May 2026 13:54:01 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15990 De toutes les formes d’expression littéraire, l’autobiographie est assurément la plus captivante pour le lecteur, mais la plus ardue pour l’auteur​ – ou l’autrice, en l’occurrence.  ​Il n’est jamais aisé de parler de soi, et ce, pour diverses raisons. Dans ses Pensées, le philosophe Blaise Pascal reconnaissait la difficulté de l’exercice, qu’il exprime à travers cette formule sentencieuse : « Le moi est haïssable ». Non pas qu’il s’agisse de se défier d’une haine possible de soi. Le philosophe reconnaît plutôt, dans ces propos qui pourraient paraître énigmatiques, la difficulté à tenir deux statuts dans un même discours : être à la fois l’objet et le sujet de son discours. Mais Amina Priscille Longoh​ (l’actuelle ambassadrice du Tchad en France​) ne s’est pas défaussée lorsqu’il lui a semblé indispensable de retenir l’autobiographie comme la modalité d’expression de son tout premier ouvrage, quoiqu’elle fût parfaitement consciente des écueils et des périls de sa démarche. D’une part en raison de l’effort de dévoilement de soi qui s’ensuivrait, d’autre part s’imposait la nécessité de sacrifier à l’ascèse qu’exige un tel travail d’écriture, qui plus est pour une personnalité politique de premier plan qui doit être davantage dans l’action que dans la contemplation ou dans la pure abstraction des …

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De toutes les formes d’expression littéraire, l’autobiographie est assurément la plus captivante pour le lecteur, mais la plus ardue pour l’auteur​ – ou l’autrice, en l’occurrence.  ​Il n’est jamais aisé de parler de soi, et ce, pour diverses raisons. Dans ses Pensées, le philosophe Blaise Pascal reconnaissait la difficulté de l’exercice, qu’il exprime à travers cette formule sentencieuse : « Le moi est haïssable ». Non pas qu’il s’agisse de se défier d’une haine possible de soi. Le philosophe reconnaît plutôt, dans ces propos qui pourraient paraître énigmatiques, la difficulté à tenir deux statuts dans un même discours : être à la fois l’objet et le sujet de son discours.

Mais Amina Priscille Longoh​ (l’actuelle ambassadrice du Tchad en France​) ne s’est pas défaussée lorsqu’il lui a semblé indispensable de retenir l’autobiographie comme la modalité d’expression de son tout premier ouvrage, quoiqu’elle fût parfaitement consciente des écueils et des périls de sa démarche. D’une part en raison de l’effort de dévoilement de soi qui s’ensuivrait, d’autre part s’imposait la nécessité de sacrifier à l’ascèse qu’exige un tel travail d’écriture, qui plus est pour une personnalité politique de premier plan qui doit être davantage dans l’action que dans la contemplation ou dans la pure abstraction des idées et des concepts : « J’ai opposé pendant longtemps une farouche résistance à l’idée d’écrire ce livre. Idée qui, je l’avoue, parade dans ma tête depuis bien des années, même si je ne trouvais pas le temps, prise entre les exigences du travail et celles de la vie en société. Parce que l’écriture exige une discipline quasi ​monacale, mais elle impose aussi de céder à ​l’extimité, une nécessité d’ouvrir son jardin secret là où l’action politique, paradoxalement, n’impose que le résultat de politiques publiques sur le terrain. »

​Témoigner, transmettre et partager

Toutefois, à y regarder de près, dans cet ouvrage, contrairement à la perception que son titre pourrait véhiculer de prime abord, la fibre apparemment intimiste de Confidences est bien moins affirmée que la volonté, pour Amina Priscille Longoh, de témoigner, de transmettre et de partager.

Témoigner pour toute jeune fille, pour toute femme pour toutes et pour tous que, dans la vie, nul n’est condamné à suivre la pente d’un destin fatal.

Transmettre à toutes et à tous des vertus et des valeurs qui sont indispensables pour valoriser le meilleur en nous, aussi bien pour notre épanouissement individuel que pour le bien-être du corps social tout entier.

Partager des tranches de vie qui attestent, s’il était encore besoin de le prouver, que la vie présente est pour chacun de nous une scène sur laquelle, en jouant le rôle que nous nous assignons, elle n’est pas et ne sera jamais un long fleuve tranquille. Toutefois, au bout de ce parcours très souvent sinueux et périlleux qui pourrait nous donner l’impression de parcourir un chemin de croix, la lumière et la félicité seront notre juste récompense. C’est d’ailleurs la condition de possibilité des succès qui sont gravés dans le granit de l’éternité.

Et, Amina Priscille Longoh en est convaincue, la femme africaine et la jeunesse africaine doivent s’imprégner de ces vérités fondamentales qui structurent toute réussite individuelle et font la grandeur des peuples et des nations, dans une Afrique plus que jamais en quête de sa place véritable dans un monde en proie à de profondes et graves convulsions : « Le choix d’écrire ce livre relève aussi d’un désir de restituer une part de mon expérience personnelle dans une Afrique contemporaine confrontée à de multiples défis. J’ai fait face à des obstacles variés, nombreux, parfois visibles, souvent insidieux. J’ai supporté les préjugés, les jugements de valeur, les procès expéditifs en incompétence et tant d’autres accusations brutales. Les uns suggérant que je souffrais d’un manque de légitimité à exercer le pouvoir ou à participer aux décisions stratégiques parce que j’étais une femme. Les autres considérant que ma jeunesse ne pouvait être qu’une faiblesse et jamais un atout pour servir mon pays dans les hautes sphères. »

​Séquences de vie

Confidences se décline en neuf récits essentiels qui sont aussi les séquences de vie parmi les plus marquantes du parcours personnel et professionnel d’Amina ​Priscille Longoh ou de son investissement permanent dans le social et l’humanitaire, au service permanent de la veuve et de l’orphelin : « Ministre à vingt-neuf ans »,   « Humilité & ambition »,  « Au service de la femme et de l’enfant », « Les mutations de la société tchadienne », « Bâtir une société du care« , « Le sens de ma mission », « Lettre à Sadina »​…

​Après l’avant-propos et le prologue, l’ouvrage relate sa nomination à des fonctions ministérielles de premier plan par le chef de l’État ​défunt, le Maréchal Idriss Déby Itno​. Ce fut le point de départ de son accession à des fonctions gouvernementales​. ​Il est ​aussi important de souligner que cette reconnaissance tient au soutien qu’elle a toujours apporté aux plus fragiles, avec les modestes moyens qu’elle aura pu mobiliser, tout en remplissant ses obligations professionnelles dans une entreprise privée​ du Tchad : « Entre-temps, la tragique histoire d’une enfant de condition modeste atteinte d’un cancer, pour laquelle j’ai initié une collecte de fonds, m’a poussée à créer la Fondation Tchad Helping Hands en 2016. Apparemment, le travail abattu n’est pas passé inaperçu aux yeux des autorités. C’est ainsi que je fus nommée,​ en 2009, Directrice générale de la ​ Maison nationale de la femme du Tchad​ (inaugurée en 2015 à N’Djamena​). Un an après, j’étais promue ministre de la Femme et de la Protection de la petite enfance. Le cas est assez singulier pour être souligné : jeune et femme, au Tchad… Mon entrée au Gouvernement, au-delà de ma modeste personne, fut un acte de reconnaissance et de mise en responsabilité, tant pour la jeunesse africaine en général que tchadienne en particulier. »

Confiance

Cette confidence est décisive pour appréhender l’architecture globale de son ouvrage.

Sa nomination comme ministre à l’âge de 29 ans, puis ministre d’État​ à 32 ans, n’est donc pas la conséquence d’un choix fortuit par la plus haute autorité de son pays, le chef de l’exécutif. Dans la séquence qu’elle intitule « Ministre d’État », elle rapporte, pour ses lecteurs cibles, pour les générations présentes et futures, la mission et la confiance placées en elle en ce moment historique et singulier par le président de la République, Idriss Déby Itno, qui s’exprima alors en ces termes : « Ma fille, tu dois réussir, tu dois faire bouger les choses, tu dois redynamiser le secteur que je t’ai confié. N’aie surtout pas peur, l’avenir du Tchad, c’est vous, mes enfants, donc tu n’as pas le droit d’échouer. Tu commettras peut-être des erreurs, mais tu dois apprendre chaque fois pour être encore meilleure, tu as ma confiance et mon soutien. Allez, au boulot ! »

Aussi, précise-t-elle, « ce sont les paroles prononcées par feu le Maréchal Idriss Deby Itno lors de notre première audience d’orientation en présence du ministre d’État Secrétaire général de la présidence, coordonnateur de l’action gouvernementale, monsieur Kalzeube Pahimi Deubet,​ qui m’ont guidée. »

Et cette confiance, est-il important de le souligner, lui sera renouvelée à plusieurs reprises par l’actuel chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, à qui elle rend par ailleurs un juste hommage : « C’est le moment de rendre hommage à la vision d’un homme de progrès, le président Mahamat Idriss Deby Itno, qui a fait de moi la première femme ministre d’État de mon pays. Le Président est sans conteste un homme d’État dans sa plénitude. C’est un leader d’une grande hauteur de vue, très réservé, taiseux, mais observateur et patient […]. Ce qui importe, selon lui, c’est le résultat obtenu sur les dossiers que l’on a sous ses responsabilités. Il applique ainsi les principes du management moderne et flexible, qui s’attache davantage aux principes de la gouvernance axée sur les résultats. »​

Poids de sa mission en faveur du Tchad

Dès son entrée en fonction au sein du gouvernement et tout au long de ses fonctions ministérielles, Amina Priscille Longoh a toujours eu la nette conscience du poids de sa mission et de l’importance de celle-ci dans le renforcement de la cohésion sociale au Tchad. Elle ne s’est guère enfermée dans les dorures de son bureau ou l’abstraction des discours qui n’ont aucun impact sur la vie des populations. Elle s’est immédiatement distinguée par son enthousiasme à servir et son engagement sur le terrain, au plus près des populations sinistrées, des naufragées de la vie, des victimes d’injustices diverses, bref des plus vulnérables. Et ce d’autant plus que son investissement sur le terrain des réalités quotidiennes est la conséquence de cette fibre sociale profondément ancrée en elle et qu’elle a incarné avant son accession aux fonctions ministérielles.

​Impulsion de plusieurs réformes

Dans cette trajectoire qui est aussi sa boussole au service de l’État, elle a impulsé de nombreuses réformes qui ont balisé le cadre théorique et juridique de l’action de l’État dans son champ de compétences. On peut citer au rang des plus emblématiques : le Programme national d’autonomisation économique et sociale de la femme, la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat féminin au Tchad (SNEF), le Plan d’action pour 2023-2027, de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations ​unies sur « Femmes, Paix et Sécurité » adoptée depuis 2000, l’Observatoire de la promotion de l’égalité et de l’équité de genre (OPEG), le décret 0433 fixant les modalités d’application de l’ordonnance 022 sur la parité dans les fonctions électives et nominatives, la Politique nationale genre (PNG) qui vise à établir un cadre pour l’intégration des besoins spécifiques des hommes et des femmes dans les stratégies et programmes de développement du pays.

​Séquence inspirante : Lettre à Sadina

Plus que des confidences sur son service de l’État et le socle de valeurs humaines qui lui auront permis d’assumer ses hautes et délicates fonctions avec détermination et compétence, l’autobiographie d’Amina Priscille Longoh se referme sur  une séquence inspirante pour toute jeune fille, pour toute femme tchadienne et africaine qu’elle intitule ​Lettre à Sadina.

Il s’agit d’une jeune compatriote qu’elle découvre à tout hasard dans une vidéo et qui exprime le vœu ardent de ressembler à l’autrice. Ce fut le déclic à partir duquel émergera le projet d’écrire Confidences : « Tu ne le sais sans doute pas, mais tu es à l’origine de ce livre. Le jour où j’ai vu ta vidéo où tu disais vouloir me ressembler, j’ai été naturellement très émue. Puis​ je me suis interrogée sur le sens de ton vœu exprimé publiquement. J’ai décidé alors d’écrire pour partager avec toi et toutes les jeunes filles du Tchad un bout de mon moi, de mon histoire personnelle. […] J’espère susciter avec ces lignes des vocations et encourager toutes les filles comme toi à poursuivre le chemin de l’effort vers de grandes responsabilités au Tchad et partout dans le monde. »

Éric Topona, journaliste à la rédaction Afrique-Francophone de la Deutsche Welle, à Bonn (Allemagne)

 

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Tchad : Naïr Abakar, un visage jeune pour impulser du renouveau au ministère de la jeunesse et des sports https://www.leportrait.td/tchad-nair-abakar-un-visage-jeune-pour-impulser-du-renouveau-au-ministere-de-la-jeunesse-et-des-sports/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tchad-nair-abakar-un-visage-jeune-pour-impulser-du-renouveau-au-ministere-de-la-jeunesse-et-des-sports https://www.leportrait.td/tchad-nair-abakar-un-visage-jeune-pour-impulser-du-renouveau-au-ministere-de-la-jeunesse-et-des-sports/#respond Thu, 02 Apr 2026 14:14:30 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15966 Nommé à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports le 1er avril 2026, Naïr Abakar incarne une génération de cadres alliant innovation, entrepreneuriat et engagement public. Fort d’un parcours mêlant expertise technologique, initiatives en faveur de la jeunesse et implication dans le développement du sport, il suscite l’espoir d’une dynamique nouvelle pour ce secteur stratégique au Tchad. Formé en France, où il obtient un master en ingénierie informatique, Naïr Abakar débute sa carrière en 2014 au sein d’Orange Labs comme consultant en technologies. Il y développe notamment des solutions numériques innovantes, avant de se faire connaître avec « Darna », une application mobile dédiée aux bons plans à N’Djamena, pensée notamment pour la diaspora tchadienne. De retour au Tchad en 2017, il s’illustre rapidement par ses initiatives en faveur des jeunes. Il organise le Salon de l’étudiant africain et le Forum panafricain de la jeunesse, deux événements majeurs visant à promouvoir l’éducation, l’employabilité et l’intégration des jeunes Africains. Il est également à l’origine de la « Semaine de la citoyenneté », un mouvement national encourageant les actions communautaires et l’engagement civique. Son parcours lui vaut une reconnaissance internationale, notamment au sein de l’Union africaine, où il siège …

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Nommé à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports le 1er avril 2026, Naïr Abakar incarne une génération de cadres alliant innovation, entrepreneuriat et engagement public. Fort d’un parcours mêlant expertise technologique, initiatives en faveur de la jeunesse et implication dans le développement du sport, il suscite l’espoir d’une dynamique nouvelle pour ce secteur stratégique au Tchad.

Formé en France, où il obtient un master en ingénierie informatique, Naïr Abakar débute sa carrière en 2014 au sein d’Orange Labs comme consultant en technologies. Il y développe notamment des solutions numériques innovantes, avant de se faire connaître avec « Darna », une application mobile dédiée aux bons plans à N’Djamena, pensée notamment pour la diaspora tchadienne.

De retour au Tchad en 2017, il s’illustre rapidement par ses initiatives en faveur des jeunes. Il organise le Salon de l’étudiant africain et le Forum panafricain de la jeunesse, deux événements majeurs visant à promouvoir l’éducation, l’employabilité et l’intégration des jeunes Africains. Il est également à l’origine de la « Semaine de la citoyenneté », un mouvement national encourageant les actions communautaires et l’engagement civique.

Son parcours lui vaut une reconnaissance internationale, notamment au sein de l’Union africaine, où il siège dans un comité consultatif dédié aux questions de jeunesse.

En 2019, à seulement 27 ans, il est nommé directeur général adjoint de l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC), avec pour mission de promouvoir l’innovation, l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes dans le numérique. Et en 2020, il devient ambassadeur itinérant à la présidence de la République.

Passionné de sport, en particulier de football, Naïr Abakar s’investit dans la restructuration du secteur. Il devient vice-président du comité de normalisation de la Fédération tchadienne de football en 2021, contribuant à relancer les compétitions nationales et à soutenir les jeunes talents. Il participe également à des initiatives de formation et de détection de jeunes joueurs, avec une ambition affichée de professionnaliser le sport tchadien.

Sa nomination au ministère de la Jeunesse et des Sports s’inscrit ainsi dans une volonté de renouvellement, avec l’espoir de dynamiser un secteur clé pour l’avenir du pays.

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Hassan Saline : itinéraire d’un technocrate devenu pilier politique https://www.leportrait.td/hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique https://www.leportrait.td/hassan-saline-itineraire-dun-technocrate-devenu-pilier-politique/#respond Mon, 02 Feb 2026 11:26:48 +0000 https://www.leportrait.td/?p=15914 Ingénieur de formation, technocrate aguerri et acteur politique de premier plan, Hassan Saline incarne un parcours fait de rigueur, de résilience et d’engagement. De la Direction des Routes aux plus hautes sphères de l’État, en passant par les combats internes du MPS et les épreuves de l’instabilité politique, l’actuel sénateur du Guéra s’est imposé comme une figure clé, forgée par l’adversité et portée par une vision d’inclusion et de changement. Hassan Saline, ce nom est bien connu dans le Guéra, tant dans la sphère politique que dans les coins et recoins de cette province. L’homme a d’abord bâti sa réputation dans le secteur des Travaux publics, où son expertise est unanimement reconnue. De chef d’agence de l’Office national des routes d’Abéché à délégué régional pour le Batha-Guéra-Salamat, il a fait ses preuves sur le terrain, conduisant d’importants chantiers tels que Abéché-Biltine et Mongo-Mangalmé. Son apogée technique intervient lorsqu’il est nommé Directeur des Routes, puis Directeur général de l’École nationale des travaux publics (ENTP). À la Direction des Routes, il participe activement à la définition de la politique nationale des transports, pilotant des programmes majeurs et des projets de bitumage complexes. À l’ENTP, il est salué comme un réformateur, ayant fait …

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Ingénieur de formation, technocrate aguerri et acteur politique de premier plan, Hassan Saline incarne un parcours fait de rigueur, de résilience et d’engagement. De la Direction des Routes aux plus hautes sphères de l’État, en passant par les combats internes du MPS et les épreuves de l’instabilité politique, l’actuel sénateur du Guéra s’est imposé comme une figure clé, forgée par l’adversité et portée par une vision d’inclusion et de changement.

Hassan Saline, ce nom est bien connu dans le Guéra, tant dans la sphère politique que dans les coins et recoins de cette province. L’homme a d’abord bâti sa réputation dans le secteur des Travaux publics, où son expertise est unanimement reconnue. De chef d’agence de l’Office national des routes d’Abéché à délégué régional pour le Batha-Guéra-Salamat, il a fait ses preuves sur le terrain, conduisant d’importants chantiers tels que Abéché-Biltine et Mongo-Mangalmé.

Son apogée technique intervient lorsqu’il est nommé Directeur des Routes, puis Directeur général de l’École nationale des travaux publics (ENTP). À la Direction des Routes, il participe activement à la définition de la politique nationale des transports, pilotant des programmes majeurs et des projets de bitumage complexes. À l’ENTP, il est salué comme un réformateur, ayant fait basculer l’école dans le système LMD et créé le cycle des ingénieurs de conception. « À la Direction des Routes, c’était la rigueur absolue. Je connaissais chaque kilomètre de route, chaque pont. Quand j’ai négocié le règlement à l’amiable du contentieux de Guelengdeng-Bongor, j’ai sauvé l’État d’un désastre financier. Quant aux réformes de l’ENTP, elles étaient visionnaires. Je ne voulais pas seulement réparer, je voulais former la prochaine génération d’ingénieurs capables de construire le Tchad », confie-t-il, sous une mine lumineuse.

Pour Mahamat Ibet Békla, conseiller au Bureau national politique du Guéra entre 2009 et 2010, la rigueur et la constance du sénateur ne font aucun doute. « Il est brutalement honnête et direct. Si vous avez raté un dossier, il vous le dira sans filtre, parfois devant tout le monde. C’est sa manière de vous pousser à vous dépasser et à ne plus jamais refaire la même erreur. »

Baïwa Makaye Hatap, président de la commission communication de sa campagne sénatoriale, reconnaît que certains ne supportent pas cette pression et finissent par partir. « Mais ceux qui restent savent que si vous fournissez un travail impeccable, il est d’une loyauté sans faille et vous donne les moyens de réussir. L’échec par négligence est impardonnable. Il est direct et cohérent », dit-il.

Parallèlement à son expertise technique, sa carrière politique, principalement au sein du MPS, est marquée par le combat et la résilience. Engagé très tôt, président de la CENI du Guéra en 1995-1996, il accède aux plus hautes fonctions : ministre, secrétaire général de la Présidence, conseiller du Président et gouverneur. Son virage vers une politique de confrontation s’opère lorsqu’il défie des figures dominantes du MPS, devenant « la bête noire à abattre » à l’issue d’une élection interne. S’ensuit une période d’instabilité marquée par des évictions successives de postes stratégiques, orchestrées par des adversaires puissants.

Il est l’homme qui a connu la gloire du pouvoir et la précarité du sans-emploi. « Depuis dix ans, je n’ai pas connu cette stabilité, sauf dans les postes techniques », confie-t-il. Son collègue et ami, le président du Conseil provincial du Guéra, Ahmat Sortho, estime que cette trajectoire était prévisible. « Ma rencontre avec Hassan Saline en 1997, alors qu’il était délégué aux Infrastructures du Guéra, m’a permis d’observer une ascension fulgurante. De la Direction des Routes au Sénat, en passant par des fonctions ministérielles et stratégiques à la Présidence, son parcours reflète une compétence hors pair », souligne-t-il. Au-delà de l’homme d’État, il incarne, selon lui, un leadership humaniste, alliant énergie et magnanimité.

Face à l’adversité, Hassan Saline prône une politique d’inclusion et de changement dans sa région natale, le Guéra, affirmant que « tous les fils du Guéra se valent ». Une source proche de lui nuance toutefois : « Sa plus grande qualité est aussi son plus grand défaut. Il exige des autres la même énergie et la même passion qu’il met dans son travail. Parfois, il oublie que les gens ne sont pas des machines. Le résultat est incontestable, mais le coût humain pour son entourage est parfois élevé. »

Lassé de l’instabilité et des complots, il oriente alors sa carrière vers la conquête d’un mandat électif, perçu comme une garantie de sécurité. « Je cherchais la stabilité de poste, mais surtout l’immunité parlementaire », explique-t-il. Écarté des législatives malgré un dossier jugé solide, il rebondit comme chef de mission du MPS, remportant un succès électoral décisif. Son élection comme sénateur pour un mandat de six ans marque l’aboutissement de cette quête. « Je peux enfin respirer, il y a la stabilité. C’est le travail qui paye. Il ne faut pas toujours compter sur les hommes, mais sur Dieu. »

Pour sa fille, Mariam Hassan Saline, le sénateur est un homme de principes et d’engagement. « Mon père est un véritable modèle. Homme au grand cœur, il accueille chacun sans distinction et sans préjugé. Il nous a toujours placés, ses enfants, au centre de ses décisions, filles comme garçons ». Major de sa promotion en génie civil au Mali, il a conservé une rigueur professionnelle qui fait de lui, aujourd’hui encore, un travailleur hors pair.

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Abakar Sidjim : une trajectoire forgée par l’opportunité et la résilience https://www.leportrait.td/abakar-sidjim-une-trajectoire-forgee-par-lopportunite-et-la-resilience/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=abakar-sidjim-une-trajectoire-forgee-par-lopportunite-et-la-resilience https://www.leportrait.td/abakar-sidjim-une-trajectoire-forgee-par-lopportunite-et-la-resilience/#respond Tue, 26 Aug 2025 11:56:19 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8412 Le parcours de Abakar Sidjim est un exemple éloquent de la manière dont les opportunités saisies, plutôt qu’un plan de carrière rigide, peuvent aboutir à une trajectoire professionnelle riche et significative. Son histoire illustre comment une orientation imposée par les circonstances peut, à force de persévérance et d’engagement, se transformer en vocation. « Je me suis retrouvé dans le monde des projets par hasard. Après mon DEA en sciences de l’environnement au Sénégal, obtenu grâce au soutien de mon frère aîné, je suis rentré au pays dans l’espoir d’obtenir une bourse pour poursuivre mes études », confie Abakar Sidjim, ancien Conseiller de la Transition, aujourd’hui considéré comme un modèle pour de nombreux jeunes Tchadiens. Son parcours commence de façon pragmatique après l’obtention du baccalauréat série D. Ses premières aspirations l’orientaient vers des études en gestion, comptabilité ou géographie. Cependant, faute de bourse pour étudier au Cameroun, il est retenu à l’Université de N’Djamena, en 1995, dans la filière des Sciences naturelles. Il en sort avec une maîtrise en 2000. Ce changement de cap, bien que non souhaité à l’origine, s’est confirmé comme un tournant décisif dans sa vie. C’est au Sénégal, dans le cadre de son DEA en sciences de …

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Le parcours de Abakar Sidjim est un exemple éloquent de la manière dont les opportunités saisies, plutôt qu’un plan de carrière rigide, peuvent aboutir à une trajectoire professionnelle riche et significative. Son histoire illustre comment une orientation imposée par les circonstances peut, à force de persévérance et d’engagement, se transformer en vocation.

« Je me suis retrouvé dans le monde des projets par hasard. Après mon DEA en sciences de l’environnement au Sénégal, obtenu grâce au soutien de mon frère aîné, je suis rentré au pays dans l’espoir d’obtenir une bourse pour poursuivre mes études », confie Abakar Sidjim, ancien Conseiller de la Transition, aujourd’hui considéré comme un modèle pour de nombreux jeunes Tchadiens.

Son parcours commence de façon pragmatique après l’obtention du baccalauréat série D. Ses premières aspirations l’orientaient vers des études en gestion, comptabilité ou géographie. Cependant, faute de bourse pour étudier au Cameroun, il est retenu à l’Université de N’Djamena, en 1995, dans la filière des Sciences naturelles. Il en sort avec une maîtrise en 2000. Ce changement de cap, bien que non souhaité à l’origine, s’est confirmé comme un tournant décisif dans sa vie.

C’est au Sénégal, dans le cadre de son DEA en sciences de l’environnement, qu’il affermit son ambition académique. De retour au Tchad, il entame un stage dans un projet de la coopération suisse. Ce passage, initialement temporaire, deviendra le point de départ de toute une carrière. « Avec cette petite expérience, j’ai atterri à ACORD comme animateur, pour ensuite devenir Responsable de programme. Puis, j’ai rejoint la coopération Tchad-Union européenne avant de poursuivre à Inades-Formation », raconte-t-il avec satisfaction.

Ancien Conseiller de Transition, Abakar Sidjim reconnaît que sa carrière s’est construite au fil d’opportunités saisies, rendues possibles par son éthique du travail bien fait. « Au nom d’Inades-Formation, j’ai intégré la plateforme des ONG en tant que Secrétaire général, ce qui m’a conduit au Conseil National de Transition comme représentant des organisations de la société civile. Toute ma carrière repose sur des opportunités. »

Son petit frère, Garsouk Sidjim, ne tarit pas d’éloges à son sujet : « C’est la personne la plus intelligente de notre famille. Il fait preuve d’une grande tolérance et ne garde jamais de rancune. Réservé, il s’impose tout de même comme un leader dans le milieu associatif. Il est méthodique et passionné par le travail bien fait », dit-il.

Quant à sa fille, Manata Abakar Sidjim, elle le décrit comme un homme discret, mais exigeant. « Mon père est serein et doux. Il parle peu, mais ses mots sont toujours réfléchis. Généreux, dévoué à ceux qu’il aime, il est une source de lumière pour toute la famille. Il incarne un modèle paternel, protecteur et encourageant. »

L’un des aspects les plus marquants de sa carrière est sa conviction que l’efficacité commence à la base. En tant qu’animateur dans les zones rurales autour de N’Djamena, il a mené un travail de terrain considérable. Il a contribué à l’élaboration de plans de développement villageois dans les cantons d’Elfass, Mani, Kadada et Linia, ainsi qu’à des conventions locales visant à prévenir les conflits entre éleveurs et agriculteurs. « Nous avons passé parfois plus de 20 jours en brousse, à travailler sur ces conventions. Cela a forgé en moi la confiance en mes capacités, ainsi qu’une grande résilience », confie-t-il d’une voix posée.

Abdelkader Abderamane Koko, son ancien collègue au Conseil National de Transition et député, le qualifie d’homme calme et travailleur. « Discret et introverti, il excelle dans la médiation, conciliant avec finesse des points de vue divergents. Sa présence est apaisante et appréciée. » Le député de renchérir que « son expérience dans le développement, au Parlement et en politique fait de lui un atout précieux. Il est capable de réussir dans n’importe quelle mission. » Mais tout n’a pas été simple. « L’un des défis majeurs, c’est de toujours donner la priorité au travail, parfois au détriment des relations sociales », reconnaît Abakar Sidjim. Il souligne aussi la pression constante liée à la recherche de financements lorsqu’on dirige une organisation, ce qui laisse peu de place à l’innovation.

De simple stagiaire à animateur chez ACORD, puis Responsable de programme, Chargé de coopération Tchad-Union européenne, Directeur d’Inades-Formation, jusqu’à occuper un poste de représentation au Conseil National de Transition, le parcours de Abakar Sidjim témoigne d’une ascension méritée, nourrie par la persévérance, la compétence et la confiance qu’il inspire.

Lire aussi Ahmad Makaila : l’éditorialiste reconverti en diplomate

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Ahmad Makaila : l’éditorialiste reconverti en diplomate https://www.leportrait.td/ahmad-makaila-leditorialiste-reconverti-en-diplomate/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ahmad-makaila-leditorialiste-reconverti-en-diplomate https://www.leportrait.td/ahmad-makaila-leditorialiste-reconverti-en-diplomate/#respond Sat, 26 Apr 2025 11:26:59 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8289 « Vivement à lundi prochain ! » C’était la phrase rituelle entendue tous les lundis pendant près de cinq ans sur les ondes de la télévision et de la radio nationales du Tchad. Quatre à cinq minutes hebdomadaires où, dans un français très soutenu, il disséquait un sujet de l’actualité nationale. Il offrait aux Tchadiens, ou plutôt aux « lettrés » tchadiens, sa vision et son analyse de la situation ou de l’évolution du pays. C’était « l’édito de Ahmad Makaila ».  Makaila y peignait, avec finesse, les grands sujets de l’actualité nationale. C’est à travers cet exercice qu’il a bâti une réputation nationale d’intellectuel et de « grand journaliste ». Une réputation qui lui a valu de nombreux postes au sein de l’administration et de la diplomatie tchadienne. Ahmad Makaïla occupe actuellement le poste d’ambassadeur du Tchad à Paris. Pourtant, rien ne prédestinait ce journaliste dans « l’âme » à une carrière dans la diplomatie. « C’est un concours de circonstance » reconnaît-il. Son père est interprète professionnel, un métier noble qui procure une certaine place dans la société.  Il est par conséquent issu d’un milieu lettré, ce qui n’était pas le cas pour la grande majorité de Tchadiens …

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« Vivement à lundi prochain ! » C’était la phrase rituelle entendue tous les lundis pendant près de cinq ans sur les ondes de la télévision et de la radio nationales du Tchad. Quatre à cinq minutes hebdomadaires où, dans un français très soutenu, il disséquait un sujet de l’actualité nationale. Il offrait aux Tchadiens, ou plutôt aux « lettrés » tchadiens, sa vision et son analyse de la situation ou de l’évolution du pays. C’était « l’édito de Ahmad Makaila ».  Makaila y peignait, avec finesse, les grands sujets de l’actualité nationale. C’est à travers cet exercice qu’il a bâti une réputation nationale d’intellectuel et de « grand journaliste ». Une réputation qui lui a valu de nombreux postes au sein de l’administration et de la diplomatie tchadienne. Ahmad Makaïla occupe actuellement le poste d’ambassadeur du Tchad à Paris. Pourtant, rien ne prédestinait ce journaliste dans « l’âme » à une carrière dans la diplomatie. « C’est un concours de circonstance » reconnaît-il. Son père est interprète professionnel, un métier noble qui procure une certaine place dans la société.  Il est par conséquent issu d’un milieu lettré, ce qui n’était pas le cas pour la grande majorité de Tchadiens à cette époque. C’est peut-être de là aussi, qu’il tient son « talent d’éloquence » et cet amour pour la verve.

Ses « éditos » touchaient à tout. Opérateur de téléphonie mobile, pratiques médicales, institutions publiques et privées, il abordait tous les sujets liés à l’actualité tchadienne, au point où il commençait à déranger « sérieusement ». « L’école tchadienne est malade et sous perfusion » dira-t-il en 2012. Est-elle guérie aujourd’hui ? Pas sûr. Dans un édito du 9 janvier 2012, il affirme que « le Serment d’Hippocrate est devenu [pour les médecins tchadiens] un serment d’ivrogne ».  Un édito qui lui vaudra un rappel à l’ordre par le Haut conseil de la communication, l’instance de régulation des médias au Tchad, actuelle HAMA [NDLR] à la suite d’une plainte de l’Ordre nationale de médecins.

Les rendez-vous hebdomadaires de Makaila étaient, pour la radio et la télévision nationales, synonymes de grandes audiences. Ces deux chaînes publiques ont ainsi pu attirer une audience jusque-là réfractaire ou méfiante à l’égard des discours officiels. L’éditorialiste a, en tout cas, marqué toute une génération de Tchadiens. Aujourd’hui encore, de nombreux jeunes ou moins jeunes Tchadiens, s’identifient à lui ou rêvent d’une carrière semblable à la sienne.

La vie de diplomate

L’ambassadeur Ahmad Makaila présente ses lettres de créance à Emmanuel Macron © Facebook Ambassade du Tchad à Paris.

En ces moments de turbulences entre Paris et son ancien pré-carré francophone, il est constamment sollicité. Pas facile de trouver un rendez-vous avec le diplomate. « Makaila est un homme très occupé », nous avait confié l’un de nos contacts. La veille, il recevait d’ailleurs Benjamin Roger, journaliste au quotidien Le Monde.

Il a fallu un simple message pour que son « excellence » instruit son assistante pour caler un rendez-vous. Nous voilà donc au 65 Rue des Belles Feuilles à Paris, siège de l’ambassade du Tchad. Au départ, nous avions hésité à le solliciter, craignant de ne pas obtenir de réponse favorable. Erreur ! Le diplomate et ancien journaliste est « disponible » et à « l’écoute » de tous ceux qui le sollicitent, nous a fait savoir une ancienne journaliste qui a travaillé sous ses ordres. « Cela vaut toujours le coup d’essayer. Il faut frapper à toutes les portes », nous conseillera-t-il.

Dans son vaste bureau soigneusement rangé, portrait officiel des présidents Mahamat Idriss Deby Itno et Emmanuel Macron, au mur juste derrière son poste de travail. Au fond, deux Kakemonos présentent le Tchad et ses diverses richesses touristiques. Sur la table, journaux et cartables avec emblème du Tchad. Il nous invite à prendre place.

C’est un homme de « culture et un lecteur » nous a expliqué l’ancienne journaliste. Il est reconnu pour sa maîtrise de la langue de Molière. La langue française est « notre langue, […], ce sont les avatars et les vicissitudes de notre histoire qui ont voulu qu’il en soit ainsi » disait-il en 2012. Méfiant du fait que « la langue anglaise poursuit la langue française dans son espace », le diplomate « baragouine » également en anglais. Mais pas seulement, il parle aussi l’arabe, le kanembou et le dézaga, deux langues tchadiennes.

La vie de journaliste  

Né à N’Djamena en 1971, le jeune Makaila entreprend des études de journalisme à Niamey. Car l’unique université du Tchad, l’Université de N’Djamena ne délivre pas encore de formation en journalisme. Il fera un détour d’une année en sociologie par le Burkina Faso. À Niamey, il fait la connaissance de ses futurs aînés et cadets dans la profession. Nous sommes en 1994 : de grands noms du journalisme tchadien sont passés par l’Institut de formation aux techniques de l’information et de la communication (Iftic). Avec l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) de Yaoundé, l’Iftic de Niamey était l’un des grands centres de formation des journalistes dans la sous-région. Certains de ces diplômés occupent aujourd’hui des postes importants dans les grandes institutions du pays. Passage par le gouvernement, ambassadeurs, attachés de presse ou consuls, etc. Ils sont nombreux, et cela, grâce au métier de journaliste. Ce métier, nous confiera-t-il, « est un tremplin » qui ouvre les portes vers différents horizons.

À Niamey, Makaila a également travaillé pour Télé Sahel, la Télévision nationale du Niger. Il sera d’ailleurs témoin du coup d’État contre le président Baré Maïnassara en 1998.

Année 2000, retour au pays. Sur les ondes de RFI, Alain Foka, célèbre producteur et présentateur de RFI, passé aujourd’hui dans le militantisme panafricaniste, y animait Médias d’Afrique, magazine quotidien qui donnait la parole aux journalistes au sud du Sahara. Makaila y officiait de 2000 à 2003.  Journaliste le plus en vue du pays, il sera appelé comme conseiller en communication à la présidence du feu Maréchal Idriss Deby Itno. Il reprend en 2005 ses chroniques avec RFI jusqu’à l’arrêt total de l’émission en 2010. On y parlait de Lampedusa, Berlusconi, Kadhafi… C’est une lecture africaine de l’actualité internationale.

Ahmad Makaila a eu plusieurs aventures professionnelles. Sa vie ne pourrait se résumer uniquement entre le journalisme et la diplomatie. « Il y a eu plusieurs séquences avant mon arrivée à l’office [Office National de Radio et Télévision du Tchad, ndlr] ». Il fait un passage à Harare au Zimbabwe où il fut coordonnateur d’un projet au sein du ministère de plan. En 2010, il publie Décryptage de l’actualité internationale : recueil d’analyses, de commentaires et d’éditoriaux où il expose son point de vue sur l’actualité internationale. Il devient l’année d’après directeur de l’Agence Tchadienne de Presse pendant environ une année et demie avant d’être nommé directeur général adjoint de l’Office national de radio et télévision Tchadienne (Onrtv).

C’est ici qu’il marquera l’histoire du journalisme au Tchad. Outre ses éditos, il couvrira pour le compte de la radio et télé nationale l’intervention de l’armée Tchadienne au Mali en 2013. Il interviewe l’adjoint du commandant en chef de la force tchadienne, colonel à l’époque – un certain… Mahamat Idriss Deby, aujourd’hui Maréchal et président du Tchad.

Éphémère porte-parole du ministère des Affaires étrangères en 2018, il fut, une année avant, porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Mali (Minusma) en 2017.

Là où tout a commencé…

Nommé en 2018 par Deby père ambassadeur du Tchad auprès de la Suisse, et Représentant permanent auprès de l’Office des Nations unies à Genève, de l’OMC et des autres Organisations Internationales basées en Suisse. Il présente ses lettres de créances à l’aise aussi bien en costume que dans les boubous traditionnels africains.

C’est   de       Genève         qu’il    sera    nommé         ambassadeur          extraordinaire         et plénipotentiaire du Tchad auprès de la République française. Il est aussi ambassadeur non-résident auprès du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, de l’Espagne, du Portugal, de la Chypre et du Vatican.

Le diplomate doit mettre ses « talents » d’éditorialiste au service de la diplomatie, afin que la dénonciation des accords militaires liant N’Djamena à Paris n’affecte pas d’autres domaines. « C’est une séparation concertée, qui se déroule dans le bon ordre et n’affectera pas le reste des relations bilatérales avec la France », répond-il lorsqu’on l’interroge à ce sujet.

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Amina Tidjani Yaya : les droits des femmes, « un combat personnel » https://www.leportrait.td/amina-tidjani-yaya-les-droits-des-femmes-un-combat-personnel/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=amina-tidjani-yaya-les-droits-des-femmes-un-combat-personnel https://www.leportrait.td/amina-tidjani-yaya-les-droits-des-femmes-un-combat-personnel/#respond Mon, 19 Aug 2024 07:57:59 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8081 Militante des droits de femmes et femme politique, Amina Tidjani Yaya a mille vies de son parcours professionnel. Elle a transcendé les obstacles de la vie associative et politique avant de se positionner comme présidente d’une ONG et Conseillère nationale de transition au Tchad. Dans son salon à N’Djari, dans le 8ᵉ arrondissement de N’Djamena,  où elle nous a accueillis, celle qu’on appelle affectueusement Amina s’est ouverte dans un enthousiasme qui décrit tout son être. Pour moi, le combat de défense des droits des femmes, c’est un combat personnel. Et je sais pourquoi je me suis engagée. Quel que soit le prix, je dois continuer à défendre les droits des femmes. Engagée très tôt dans la société civile, Amina Tidjani Yaya est membre de plusieurs associations féminines. Native de Mourtcha dans la province de l’Ennedi ouest, elle a grandi à Abéché où elle a fait tout son cursus scolaire. Après le chef-lieu de la province du Ouaddaï, elle s’envola pour l’Égypte où elle s’est inscrite en Comptabilité des Affaires à l’Université d’Amsher. Elle est sortie nantie du diplôme de Master. Après son retour des États-Unis où elle a été sélectionnée pour le programme de leadership féminin, Amina Tidjani Yaya a …

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Militante des droits de femmes et femme politique, Amina Tidjani Yaya a mille vies de son parcours professionnel. Elle a transcendé les obstacles de la vie associative et politique avant de se positionner comme présidente d’une ONG et Conseillère nationale de transition au Tchad. Dans son salon à N’Djari, dans le 8ᵉ arrondissement de N’Djamena,  où elle nous a accueillis, celle qu’on appelle affectueusement Amina s’est ouverte dans un enthousiasme qui décrit tout son être.

Pour moi, le combat de défense des droits des femmes, c’est un combat personnel. Et je sais pourquoi je me suis engagée. Quel que soit le prix, je dois continuer à défendre les droits des femmes.

Engagée très tôt dans la société civile, Amina Tidjani Yaya est membre de plusieurs associations féminines. Native de Mourtcha dans la province de l’Ennedi ouest, elle a grandi à Abéché où elle a fait tout son cursus scolaire. Après le chef-lieu de la province du Ouaddaï, elle s’envola pour l’Égypte où elle s’est inscrite en Comptabilité des Affaires à l’Université d’Amsher. Elle est sortie nantie du diplôme de Master.

Après son retour des États-Unis où elle a été sélectionnée pour le programme de leadership féminin, Amina Tidjani Yaya a décidé de fonder en 2017 l’association La Voix de la Femme avant de l’ériger en 2019 en une ONG. « Lors de mon séjour aux États-Unis, on a eu à visiter des organisations féminines et autres. J’ai vu que là-bas les femmes militaient contre les violences faites aux femmes, pour la question de la scolarisation des jeunes filles, comment les maintenir à l’école… Ça m’a vraiment marquée », nous confie la jeune dame. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de fonder l’association La Voix de la Femme.

Mais le Tchad est un pays où les pesanteurs socioculturelles pèsent. Tout de suite, son projet a été jugé. « Je me suis rapproché de quelques connaissances pour leur partager le projet. Quelqu’un m’a dit « Amina, votre milieu là, c’est un milieu très compliqué et vous dites, vous défendez les droits des femmes ? Par exemple, on a les mariages précoces, l’excision, les hommes qui frappent les femmes. Comment votre communauté va vous voir avec ce projet ? » […] J’ai dit que je vais faire de mon mieux », se confie la Conseillère, sourire aux lèvres.

C’est pour la première fois qu’une femme de l’Afrique centrale occupe le poste de présidente.

Après l’avènement de la transition politique au Tchad en 2021, grâce à son militantisme dans la politique, Amina Tidjani Yaya a été désignée membre du Conseil national de transition, au titre des organisations féminines. Son militantisme va grandissant et au-delà du territoire national. Le 2 juillet 2022, elle est élue présidente du caucus des femmes du Parlement panafricain, un organe du Parlement panafricain qui réunit toutes les femmes parlementaires des 54 pays du continent, les pays membres de l’Union africaine. « Le caucus existe depuis 2008 et c’est pour la première fois qu’une femme de l’Afrique centrale occupe le poste de présidente. Je représente aussi l’Afrique centrale. C’est un honneur pour moi », se réjouit la parlementaire panafricaine.

La politique n’enlève en rien la vie de militante des droits de femmes d’Amina. Au contraire, elle a vu au sein du Conseil national de transition un cadre idéal pour défendre davantage les causes féminines. La Conseillère insiste souvent sur l’application des textes en faveur des droits des femmes. « Il reste beaucoup à faire malgré les décisions du gouvernement. On ne peut pas parler de développement dans un pays où les femmes représentent plus de 53 % de la population. On ne peut pas avoir un développement sans l’implication des femmes », alerte-t-elle.

Aujourd’hui, quand on lui pose la question de savoir quel est son plus grand succès, elle répond avec fierté : c’est la mise en place de l’ONG La Voix de la Femme, et le succès de voir l’engagement des femmes. « Pour moi, le combat de défense des droits des femmes, c’est un combat personnel. Et je connais pourquoi je me suis engagée. Quel que soit le prix, je dois continuer à défendre les droits des femmes », dit-elle.

Aguerrie dans la politique et dans le militantisme féminin, Amina Tidjani Yaya  a bravé les obstacles pour arriver au niveau où elle est actuellement. « Nous avons eu beaucoup d’obstacles et nous avons tout fait pour surmonter. Le milieu, la société et les pesanteurs socioculturelles qui pèsent aujourd’hui sur les femmes, tout ça, ce sont des obstacles », avoue-t-elle. Pour cela, elle conseille à ses sœurs de ne pas se décourager. « Il faut tout faire pour atteindre ses objectifs. Il faut toujours le courage, la patience pour arriver à un niveau », conseille-t-elle.

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