Éminente défenseuse des droits de l’homme au Tchad reconnue à l’échelle internationale, Delphine Kemneloum Djiraïbé a été l’une des premières avocates de son pays. Portrait TD fait découvrir le parcours de cette grande dame.
De teint clair, taille moyenne, Me Delphine Kemneloum Djiraïbé est née le 1er décembre 1960 à Koumra dans le Mandoul. Après 9 ans de service comme avocate au barreau du Tchad, elle a exercé comme consultante pour les institutions nationales et internationales sur les questions de la démocratie, des droits de la femme, de l’enfant et de l’environnement avant d’ouvrir son propre cabinet d’avocat en 2007.
Dans l’agenda du corps, Me Delphine Kemneloum Djiraïbé a créé le tout premier centre juridique d’intérêt public au Tchad pour favoriser l’accès des pauvres à la justice, lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Ceci pour l’égalité Homme/Femme, la bonne gouvernance et la démocratie. Fervente défenseuse des droits de l’homme, elle se souvient encore de son parcours scolaire difficile comme si c’était hier. « Quant je vois des femmes faire des sacrifices pour envoyer leur progéniture étudier tout simplement parce que nous sommes dans un contexte où, l’éducation est reléguée au second rang, ça me replonge dans ma jeunesse ou n’eût été la détermination de mes parents, je n’aurais jamais eu accès aux études et faire une maitrise en droit de l’homme et droit international de l’environnement », a-t-elle lâchée.
Cheffe de famille, Me Delphine Kemneloum Djiraïbé allie sa profession et son ménage sans difficulté. « Moi, je suis de celle qui pense que la femme doit se battre. Il faut que cette parité-là soit une parité réelle. Je suis femme et je suis directrice, deux choses qui me permettent d’être efficace. La femme se doit d’utiliser son statut de femme pour faire la différence. Mais pas pour qu’on la rabaisse, pas pour qu’on l’utilise comme un faire-valoir », a-t-elle ajouté. Mère d’un enfant, Me Delphine Kemneloum Djiraïbé est co-initiatrice du procès contre le dictateur du Tchad Hissein Habré. Elle est membre du Collectif des avocats des victimes de crimes et répressions d’Hissein Habré.
Elle est nantie d’une licence en droit privé à l’Université Mariam Ngouabi de Brazzaville au Congo. Titulaire aussi d’une maitrise en droit international option Droit de l’homme et Droit international de l’environnement en 2002 à l’école de Droit de l’Université Américaine. Comme titre honorifique, Me Kemneloum Djiraïbé Delphine a obtenu plusieurs titres de distinction tant sur le plan national qu’international. Ainsi, son travail exceptionnel lui a valu le prix Robert Kennedy des Droits de l’homme en 2024, l’Ordre national de mérite français au grade d’officier en 2024 et le prix Franco-allemand des Droits de l’homme et de l’Etat de droits en 2019.

