LE GÉNIE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td La référence des profils tchadiens Mon, 21 Sep 2026 14:13:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.leportrait.td/wp-content/uploads/2024/06/cropped-FORMAT-CARRE-2-32x32.jpg LE GÉNIE - Le Portrait TD https://www.leportrait.td 32 32 Adam Hissein Bechibo : le parcours d’un ingénieur tchadien engagé dans le recyclage des plastiques https://www.leportrait.td/adam-hissein-bechibo-le-parcours-dun-ingenieur-tchadien-engage-dans-le-recyclage-des-plastiques/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=adam-hissein-bechibo-le-parcours-dun-ingenieur-tchadien-engage-dans-le-recyclage-des-plastiques https://www.leportrait.td/adam-hissein-bechibo-le-parcours-dun-ingenieur-tchadien-engage-dans-le-recyclage-des-plastiques/#respond Mon, 21 Sep 2026 14:13:14 +0000 https://www.leportrait.td/?p=20470 Docteur en physico-chimie et rhéologie des matériaux de l’INSA Lyon, Adam Hissein Bechibo s’intéresse aux matériaux polymères, à leur recyclage et à leur éco-conception. Après un parcours académique en France marqué par une thèse menée dans le cadre du programme national PEPR Recyclage, ce jeune scientifique tchadien entend mettre son expertise au service de l’innovation et, à terme, contribuer au développement technologique et industriel de son pays. Son parcours commence au Tchad, après l’obtention d’un baccalauréat série C, mention Bien, au Lycée-Collège Évangélique. Il poursuit ensuite deux années de classes préparatoires aux grandes écoles avant d’intégrer l’INSA Lyon, où il décroche un diplôme d’ingénieur en génie mécanique. Il complète sa formation à l’IFP School, avec une spécialisation en génie des procédés, raffinage et pétrochimie. Quelques années plus tard, il soutient une thèse en physico-chimie et rhéologie des matériaux à l’INSA Lyon, au sein du laboratoire Ingénierie des Matériaux Polymères (IMP), dans le cadre du programme national PEPR Recyclage. Adam Hissein Bechibo a été le premier doctorant à soutenir sa thèse dans le cadre de ce programme, qui regroupe plus de 60 doctorants. Il a achevé ses travaux en 36 mois. Ses recherches portent principalement sur les matériaux polymères, leur mise …

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Docteur en physico-chimie et rhéologie des matériaux de l’INSA Lyon, Adam Hissein Bechibo s’intéresse aux matériaux polymères, à leur recyclage et à leur éco-conception. Après un parcours académique en France marqué par une thèse menée dans le cadre du programme national PEPR Recyclage, ce jeune scientifique tchadien entend mettre son expertise au service de l’innovation et, à terme, contribuer au développement technologique et industriel de son pays.

Son parcours commence au Tchad, après l’obtention d’un baccalauréat série C, mention Bien, au Lycée-Collège Évangélique. Il poursuit ensuite deux années de classes préparatoires aux grandes écoles avant d’intégrer l’INSA Lyon, où il décroche un diplôme d’ingénieur en génie mécanique. Il complète sa formation à l’IFP School, avec une spécialisation en génie des procédés, raffinage et pétrochimie. Quelques années plus tard, il soutient une thèse en physico-chimie et rhéologie des matériaux à l’INSA Lyon, au sein du laboratoire Ingénierie des Matériaux Polymères (IMP), dans le cadre du programme national PEPR Recyclage.

Adam Hissein Bechibo a été le premier doctorant à soutenir sa thèse dans le cadre de ce programme, qui regroupe plus de 60 doctorants. Il a achevé ses travaux en 36 mois. Ses recherches portent principalement sur les matériaux polymères, leur mise en œuvre, leur recyclage et leur éco-conception, avec un intérêt particulier pour les emballages plastiques multicouches utilisés dans le secteur alimentaire. Ces emballages présentent un intérêt important pour la conservation des aliments, notamment grâce à leur capacité à limiter le passage de l’oxygène. Leur structure associant plusieurs polymères rend cependant leur recyclage plus complexe.

Durant ses travaux, le chercheur a exploré trois pistes complémentaires. La première concerne l’amélioration du recyclage mécanique, notamment à travers l’étude des phénomènes de dégradation lors de retraitements successifs. La deuxième repose sur l’utilisation de solvants pour séparer et récupérer certains composants des matériaux. La troisième porte sur l’éco-conception, avec l’objectif de concevoir dès l’origine des emballages multicouches plus facilement recyclables. L’ambition est de contribuer à la mise au point d’une nouvelle génération d’emballages capables de concilier performance, protection des aliments et recyclabilité.

Sept articles scientifiques en trois ans

Les travaux de thèse ont également donné lieu à sept articles scientifiques, dont quatre ont déjà été publiés dans des revues internationales à comité de lecture et trois sont en cours de soumission. Son premier article, publié en 2025, compte déjà plus de 40 citations, selon le chercheur. Lors de sa soutenance, le jury a notamment relevé la clarté et la rigueur du travail ainsi que l’importance des résultats obtenus en trois années. Le président du jury aurait résumé l’ampleur des travaux par cette formule : « C’est l’équivalent de trois thèses réalisées en une seule. »

Pour le nouveau docteur, ce moment constitue avant tout l’aboutissement de plusieurs années d’efforts. « Lorsque le jury m’a déclaré docteur, j’ai immédiatement pensé au chemin parcouru, à ma famille, à mes encadrants ainsi qu’à toutes les personnes qui m’ont accompagné et soutenu », explique-t-il. Au-delà du diplôme, cette soutenance représente pour lui « l’aboutissement d’une étape importante, mais également le commencement d’une nouvelle aventure scientifique et professionnelle ».

Après sa thèse, Adam Hissein Bechibo souhaite poursuivre son parcours dans la recherche et l’innovation, tout en maintenant un lien avec les applications industrielles. Il évoque notamment une opportunité avec le CEMEF de Mines Paris – PSL et EssilorLuxottica, autour de l’étude du formage de systèmes multicouches destinés au revêtement de verres organiques pour des applications optiques.

Cette nouvelle orientation lui permettrait de prolonger ses travaux sur les matériaux polymères et les systèmes multicouches, tout en explorant un nouveau domaine d’application. À plus long terme, il souhaite contribuer à des projets associant recherche scientifique, industrie et développement durable, aussi bien en Europe qu’en Afrique et particulièrement au Tchad.

« Transformer les déchets en ressources »

Le retour d’expertise vers son pays occupe une place importante dans ses ambitions. Pour Adam Hissein Bechibo, les connaissances acquises à l’étranger doivent pouvoir contribuer, à terme, au développement scientifique et technologique du Tchad. Il envisage notamment de participer à la création de projets de recherche et d’innovation, de favoriser des collaborations entre institutions tchadiennes et partenaires internationaux et de contribuer à la formation de jeunes ingénieurs et chercheurs.

Parmi les enjeux auxquels il souhaite apporter son expertise figure la gestion et la valorisation des déchets plastiques. « Le Tchad, comme de nombreux pays africains, fait face à des défis importants en matière de gestion, de recyclage et de valorisation des déchets plastiques », souligne-t-il. Pour lui, ces déchets ne doivent pas être considérés uniquement comme un problème environnemental. Ils peuvent également devenir une ressource, à condition de disposer des technologies, des infrastructures et des compétences nécessaires.

Mais le chercheur insiste sur la nécessité d’adapter les solutions aux réalités du pays. Il ne s’agit pas, selon lui, de reproduire simplement les technologies développées en Europe, mais de développer des solutions adaptées aux réalités locales, économiquement accessibles et capables de transformer les déchets en ressources, en emplois et en valeur ajoutée locale.

Son ambition dépasse ainsi la seule progression professionnelle. « Mon ambition est donc que les connaissances et l’expérience acquises au cours de mon parcours puissent servir non seulement ma carrière, mais également, à mon échelle, le développement scientifique, technologique et industriel du Tchad », affirme-t-il.

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Aleva Ndavogo Jude : un danseur professionnel, un sauveur de vie https://www.leportrait.td/aleva-ndavogo-jude-un-danseur-professionnel-un-sauveur-de-vie/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=aleva-ndavogo-jude-un-danseur-professionnel-un-sauveur-de-vie https://www.leportrait.td/aleva-ndavogo-jude-un-danseur-professionnel-un-sauveur-de-vie/#respond Fri, 28 Aug 2026 13:07:29 +0000 https://www.leportrait.td/?p=20387 « La rue n’a jamais enfanté et chaque enfant qui y vit mérite une chance de réussir comme tout autre enfant « . Voici la phrase qui résume le combat que mène Aleva Ndavogo Jude lorsqu’il se lève chaque matin. Encadrer les jeunes et les voir prospérer. C’est le plus grand des voeux de cet homme de culture car il est conscient que beaucoup d’entre eux n’ont jamais choisi la vie qu’ils mènent. C’est donc une bataille à laquelle il se livre à travers l’association Dakouna Espoir, qui, depuis sa création, est passée de trois enfants à 784, témoignant de son impact grandissant. Acteur, danseur et chorégraphe, Aleva Ndavogo Jude est un jeune artiste tchadien, dont le parcours est animé par la passion et l’engagement envers l’art et la communauté. Né dans une famille modeste, il a connu des débuts pas très aisés. « J’ai eu une enfance comme les autres, mais cela n’a pas été facile. Malgré tout, je me suis donné corps et âme, jusqu’à ce que j’ai pu vraiment me forger, pour pouvoir tracer mon chemin », confie-t-il, reflétant les défis auxquels il a dû faire face pour poursuivre sa passion pour la danse. Dès son jeune âge, il a commencé …

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« La rue n’a jamais enfanté et chaque enfant qui y vit mérite une chance de réussir comme tout autre enfant « . Voici la phrase qui résume le combat que mène Aleva Ndavogo Jude lorsqu’il se lève chaque matin. Encadrer les jeunes et les voir prospérer. C’est le plus grand des voeux de cet homme de culture car il est conscient que beaucoup d’entre eux n’ont jamais choisi la vie qu’ils mènent. C’est donc une bataille à laquelle il se livre à travers l’association Dakouna Espoir, qui, depuis sa création, est passée de trois enfants à 784, témoignant de son impact grandissant.

Acteur, danseur et chorégraphe, Aleva Ndavogo Jude est un jeune artiste tchadien, dont le parcours est animé par la passion et l’engagement envers l’art et la communauté. Né dans une famille modeste, il a connu des débuts pas très aisés. « J’ai eu une enfance comme les autres, mais cela n’a pas été facile. Malgré tout, je me suis donné corps et âme, jusqu’à ce que j’ai pu vraiment me forger, pour pouvoir tracer mon chemin », confie-t-il, reflétant les défis auxquels il a dû faire face pour poursuivre sa passion pour la danse.

Dès son jeune âge, il a commencé à se faire connaître dans le milieu de la danse où il a montré un talent prometteur. « C’était en 2003, 2004, où je me suis fait vraiment découvrir dans la danse. J’étais toujours le meilleur de mon établissement. J’étais vraiment passionné, et je pratiquais cet art avec beaucoup d’amour », se souvient-il de ses années au lycée Félix Eboué, où il y a fini par créer un groupe à travers lequel il participera à des émissions légendaires telles que Espaces jeunes et bien d’autres. En 2012, il a eu l’opportunité de se produire en France avec sa compagnie, marquant le début d’une carrière internationale qui l’a conduit à voyager à travers l’Europe et les États-Unis. En 2017, Aleva a obtenu son diplôme en danse traditionnelle et contemporaine d’Afrique à l’École des Sables de Germaine Acogny à Dakar. C’est une expérience qui l’a profondément marqué, et qui lui a permis de réaliser que « la danse peut sauver des vies ». Et c’est cette conviction qui a posé les jalons de son engagement humanitaire.

Dakouna Espoir : sécourir les enfants en détresse 

Fort de son parcours, Aleva a fondé l’Association Dakouna Espoir, un centre d’accueil et de réinsertion sociale pour les enfants et jeunes démunis. « Pourquoi ne pas donner la chance de réussir à ces enfants ? », s’interroge-t-il, soulignant son désir d’aider les jeunes à échapper à des vies difficiles. « Dakouna Espoir est un nom composé de deux mots : Dakouna (en arabe tchadien) qui veut dire “nous voici” et Espoir (en français) qui veut dire “attente positive concernant l’avenir ou la croyance que des choses meilleures peuvent arriver.» 

En dépit des difficultés auxquelles le centre fait face, notamment le manque de soutien et des conditions de logement précaires, Aleva reste déterminé à offrir un environnement familial à ces enfants. « Nous sommes comme une famille et nous accueillons ces enfants en faisant en sorte qu’ils se sentent bien comme dans leur famille. Aujourd’hui, en les voyant, je suis plus que fier et je rends grâce à Dieu pour le chemin parcouru », explique-t-il avec un sourire apaisant.

Pour ce dévouement envers les enfants de la rue, Djividi Isaac Ngobongue décrit Aleva, son neveu, comme une personne au « grand cœur », qui ne se contente pas seulement de les encadrer, mais qui « sont désormais l’une de ses priorités » et leur offre un soutien inestimable, même dans leurs situations de vulnérabilité.

Melom Cynthia partage une expérience personnelle marquante affirmant l’impact qu’Aleva a eu sur sa vie : «Je n’avais que 10 ans, mais il m’a sauvée de la rue, je le considère comme mon père, il m’a fait énormément de bien, et grâce à son bon cœur, il est aimé de tous », dit-elle en mentionnant qu’il a contribué à sa formation dans divers domaines, de la danse aux petits métiers. Aujourd’hui encore, elle reçoit son soutien, ce qui témoigne de son engagement à long terme.

Son engagement ne se limite pas à l’assistance sociale. Aleva utilise la danse comme un outil de transformation sociale, en organisant des ateliers pour les jeunes marginalisés. « J’ai intégré des jeunes et des enfants dans mes créations afin qu’ils bénéficient des vertus de cet art », explique-t-il. À travers sa compagnie TCHADO STAR, fondée en 2009, il continue de promouvoir la danse africaine contemporaine tout en intégrant dans ses activités des enfants de la rue. Son travail social de terrain et ses productions artistiques visent à offrir des opportunités aux jeunes en difficulté, en utilisant l’art comme moyen d’éducation et de cohésion sociale.

Djividi Isaac croit fermement au potentiel d’Aleva, affirmant que : « c’est quelqu’un qui a de l’avenir, qui ne baisse jamais les bras, même dans des situations difficiles, il se bat, il fait un travail rigoureux.» Cette résilience face aux obstacles est une qualité rare qui lui permet de se battre avec force et rigueur, alliant le travail, la discipline, et l’honnêteté dans sa vie quotidienne. À travers ses actions, Aleva démontre une capacité à surmonter les difficultés, ce qui lui permet de créer un impact positif dans la vie des autres. Il lance un appel aux jeunes : « Tavaillez, travaillez très dur, même s’il vous arrive de tomber, relevez-vous avec fierté car tant qu’on a le souffle de vie, il y a toujours de l’espoir et le Tchad a besoin de la détermination de chaque jeune pour construire un avenir meilleur. »

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Me Samangassou Mahamat Bruno : entre rigueur notariale et accessibilité sociale https://www.leportrait.td/me-samangassou-mahamat-bruno-entre-rigueur-notariale-et-accessibilite-sociale/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=me-samangassou-mahamat-bruno-entre-rigueur-notariale-et-accessibilite-sociale https://www.leportrait.td/me-samangassou-mahamat-bruno-entre-rigueur-notariale-et-accessibilite-sociale/#respond Wed, 30 Jul 2025 08:33:43 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8324 Juriste de formation, Me Samangassou Mahamat Bruno est aujourd’hui un notaire confirmé, en exercice depuis plus de quatre ans. Originaire du département de Mont-Illi, dans le Mayo-Kebbi Est, il a tracé son chemin avec persévérance et engagement. Après l’obtention de son baccalauréat en 2007, Samangassou Mahamat Bruno poursuit des études de Droit à l’Université de Yaoundé 2-Soa, où il décroche une maîtrise en carrière judiciaire en 2011. Son immersion dans le monde notarial commence en 2012, lorsqu’il effectue un stage académique au sein de l’office notarial de Me Bechir Madet. Avide de connaissances, Me Bruno obtient une inscription à l’Université de Paris et travaille comme clerc de notaire chez Me Bechir Madet. Son ambition le mène ensuite à la toute première École africaine de Notariat de Niamey, où il décroche un Master II en Droit international notarial, avec mention Bien, et se distingue comme major de sa promotion. Le 07 octobre 2021, il concrétise son rêve en ouvrant son office notarial à Farcha, dans le 1ᵉʳ arrondissement de N’Djamena. Me Samangassou Mahamat Bruno se définit en trois mots : simplicité, courage et résilience. Loin du stéréotype du notaire distant, il revendique une approche accessible et humaine. « Je suis simple, …

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Juriste de formation, Me Samangassou Mahamat Bruno est aujourd’hui un notaire confirmé, en exercice depuis plus de quatre ans. Originaire du département de Mont-Illi, dans le Mayo-Kebbi Est, il a tracé son chemin avec persévérance et engagement.

Après l’obtention de son baccalauréat en 2007, Samangassou Mahamat Bruno poursuit des études de Droit à l’Université de Yaoundé 2-Soa, où il décroche une maîtrise en carrière judiciaire en 2011. Son immersion dans le monde notarial commence en 2012, lorsqu’il effectue un stage académique au sein de l’office notarial de Me Bechir Madet. Avide de connaissances, Me Bruno obtient une inscription à l’Université de Paris et travaille comme clerc de notaire chez Me Bechir Madet. Son ambition le mène ensuite à la toute première École africaine de Notariat de Niamey, où il décroche un Master II en Droit international notarial, avec mention Bien, et se distingue comme major de sa promotion. Le 07 octobre 2021, il concrétise son rêve en ouvrant son office notarial à Farcha, dans le 1ᵉʳ arrondissement de N’Djamena.

Me Samangassou Mahamat Bruno se définit en trois mots : simplicité, courage et résilience. Loin du stéréotype du notaire distant, il revendique une approche accessible et humaine. « Je suis simple, je collabore avec tout le monde, je rigole beaucoup, je plaisante souvent. Être notaire ne signifie pas s’isoler ou perdre sa nature », dit-il.

Sa présence sur les réseaux sociaux, sous le pseudonyme Brungos Magnifik Oohoh, témoigne de cette philosophie. Ce surnom, hérité de son enfance, est une fusion entre le terme “Brun”, attribué par sa grande sœur Antoinette, et le mot “Oohoh”, une interpellation en langue Moussey. Il l’a adopté pour dissocier sa vie professionnelle et son espace personnel.  « Ce que vous voyez sur les réseaux sociaux, ce n’est pas ce qui me représente totalement. Je suis rigoureux dans mon travail, mais je peux aussi me détendre. Je ne mélange pas les choses. »

Un professionnel confronté aux controverses

Malgré une carrière bien établie, Me Samangassou Mahamat Bruno a fait face à une contestation lors de sa nomination par la Chambre des Notaires du Tchad, qui estime qu’il ne remplit pas les conditions requises. Pourtant, sa nomination a été officiellement actée par le décret n° 1601/PR/MJCDHL/2020 du 29 juillet 2020. « Ce n’est pas la Chambre des Notaires qui fixe les conditions, mais l’État. J’ai été sali, traduit en justice, alors que ma nomination est légitime. »

Malgré ces épreuves, il reste droit et déterminé, convaincu de la valeur de son travail et du rôle central du notaire dans la vie juridique et judiciaire des familles. Son cabinet ne se limite pas à un simple lieu de travail ; il est aussi un espace d’apprentissage pour les jeunes aspirants notaires. Guillaume Ndjenaissem, clerc rédacteur notarial, en est un exemple vivant : « J’ai intégré ce cabinet en 2022. Contrairement à beaucoup d’autres notaires qui sont réticents à former les jeunes, Me Bruno donne la chance à ceux qui veulent apprendre », témoigne-t-il.

L’expérience sous sa supervision est exigeante. « Dès ma première semaine, il m’a posé une question de mathématiques ! Il m’a expliqué que le droit n’est pas seulement de la littérature, mais aussi une science », ajoute Guillaume Ndjenaïssem

Cette rigueur est également appliquée à la discipline : « Il ne tolère pas les retards, il aime le travail bien fait. Quand tu fais une erreur, il te corrige de manière ferme. » Grâce à cette approche, Me Bruno transmet non seulement des compétences techniques, mais aussi une véritable éthique professionnelle.

Un acteur qui modernise le notariat

En janvier 2024, Me Samangassou Mahamat Bruno publie « Le Notaire d’aujourd’hui », le premier ouvrage consacré au notariat au Tchad. Ce livre de 208 pages, structuré en quatre chapitres, est une référence pour les professionnels et le grand public. Il aborde les obligations du notaire, les conditions d’accès à la profession, les droits et devoirs du notaire, les droits et devoirs des usagers, etc. Cette initiative marque une volonté de vulgariser le métier et de répondre aux nombreuses interrogations sur le rôle du notaire dans la société.

Au-delà de son parcours personnel, Me Samangassou Mahamat Bruno veut inspirer la jeunesse tchadienne : « Rêvez, croyez en vous. Ne laissez personne vous dire que vous êtes incapables. Travaillez dur, soyez courageux et ne recherchez pas la facilité. » Un message fort, à l’image d’un homme qui, malgré les obstacles, a su se frayer un chemin dans le monde du notariat avec passion, résilience et engagement.

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Allamine Kader : le cinéma dans l’âme https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=allamine-kader-le-cinema-dans-lame https://www.leportrait.td/allamine-kader-le-cinema-dans-lame/#respond Wed, 16 Apr 2025 20:25:43 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8261 Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien. Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement. Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à …

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Réalisateur documentariste de formation, Allamine Kader est une figure incontournable du cinéma tchadien, dont le nom résonne bien au-delà des cercles culturels. Avec des œuvres marquantes telles que La Promesse du Biram et Amchilini (Choisis-moi), il s’est imposé comme l’un des visages les plus prometteurs du 7ᵉ art au Tchad. Actuellement conseiller à la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), où il représente le monde des arts et de la culture, il milite activement pour la création d’une école de cinéma, des salles de spectacles, un fonds dédié aux artistes et un cadre législatif définissant le statut de l’artiste tchadien.

Bercé dès son enfance par l’écoute et l’écriture, Allamine découvre sa passion pour la narration, en particulier celle des histoires originales ancrées dans les réalités tchadiennes. Derrière sa discrétion apparente se cache un homme passionné. « Le cinéma n’était pas mon rêve initial. Je voulais être journaliste, ou rien. Mon père était opérateur militaire de radio », confie-t-il. Le destin en décidera autrement.

Tout commence à la Radio Télévision nationale, où il débute comme stagiaire. En 2011, il bénéficie d’une bourse pour se former à l’IFTIC (Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication) à Niamey. « Je devrais suivre une formation en production radio, mais faute d’effectif suffisant, on m’a proposé de changer de filière ou d’attendre un an. J’ai choisi la réalisation documentaire. Je ne le regrette pas », raconte-t-il.

Après sa licence, il poursuit un master en réalisation documentaire de création à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), où il sort major de sa promotion en 2014. « Être premier dans une promotion composée d’étudiants venus de pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Cameroun, c’était un vrai défi », se souvient-il fièrement.

Des œuvres ancrées dans l’humain

Allamine Kader compte à son actif deux longs-métrages et deux courts-métrages. Son premier long-métrage documentaire, La Promesse du Biram, explore les rituels et croyances qui structurent la vie des communautés au Lac Tchad. Il y met en scène Maloum Barka, un musicien nigérien. « Ce personnage m’a profondément marqué. Un an après le tournage, j’ai appris son décès. Ce fut un choc, après celui de mon père », confie-t-il. Dans un sourire mêlé de pudeur, il ajoute : « Je n’ai jamais dit à ma mère que j’étais réalisateur, de peur qu’elle le prenne mal, car beaucoup pensent que les artistes sont des ratés de la société. »

Son court-métrage Faire le deuil est un hommage à son père, disparu sous le régime de Hissein Habré. « J’étais enfant à l’époque. En étant au Sénégal, j’ai appelé ma mère et d’autres aînés pour comprendre les rites de deuil chez nous. Ce film était une catharsis. »

En 2023, il réalise Amchilini (Choisis-moi), un long-métrage documentaire abordant une pratique sociale méconnue : celle de femmes célibataires contraintes, sous la pression sociale et les croyances, de choisir un mari pour éviter la malédiction. Le film, qui explore les tensions entre tradition et modernité, rencontre un large succès international.

Amchilini a été sélectionné dans 32 festivals à travers le monde, dont le FESPACO, l’IDFA (Amsterdam), Vue d’Afrique (Canada) et les Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie). Il a remporté neuf prix, dont celui du Festival International des Films Espoir de l’UNESCO.

Un homme de conviction et de principes

Pour Ahmat Yaya Abbas, sous-directeur des actualités à Télé Tchad et ancien camarade d’études, « Allamine Kader est un homme de culture, de principes, discret, mais brillant. À Niamey, il rêvait déjà de filmer un musicien traditionnel aperçu lors d’un spectacle. Il l’a fait, et bien d’autres films ont suivi. Il a de l’avenir. »

Les défis du cinéma tchadien

Malgré les distinctions, Allamine Kader reste lucide sur les obstacles. « Faire du cinéma au Tchad, c’est un défi permanent. Il n’y a pas d’école, pas de salles, pas de fonds dédiés. Il faut une loi qui reconnaisse l’artiste et encadre sa profession. Aujourd’hui, tout le monde se proclame artiste. »

Issu d’une fratrie de quatre enfants dans une famille polygame, il est l’aîné. Actuellement, il travaille sur un nouveau projet : Kouri, la Terre dans le Brouillard, un long-métrage documentaire sur les orpailleurs du Nord, confrontés aux dangers sécuritaires et environnementaux. « Le scénario est prêt. Il ne manque que le financement pour le tournage », explique-t-il avec espoir.

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Gamy Dogla Ngardiguina : la « Voix Off » du Tchad https://www.leportrait.td/gamy-dogla-ngardiguina-la-voix-off-du-tchad/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=gamy-dogla-ngardiguina-la-voix-off-du-tchad https://www.leportrait.td/gamy-dogla-ngardiguina-la-voix-off-du-tchad/#comments Tue, 25 Mar 2025 11:38:44 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8225 Le métier de comédien voix off, à la fois fascinant et exigeant, est méconnu par le grand public. Et pourtant, ces artistes jouent un rôle essentiel dans les créations de nombreuses productions, que ce soit dans le cinéma, à la télévision, à la radio ou dans les publicités. Au Tchad, Gamy Dogla Ngardiguina fait partie des figures montantes de ce métier. Simplicité, confiance en soi, passion et travail, tels sont les mots qui peuvent caractériser ce nouvel apôtre du métier des voix.  Avec plusieurs cordes à son arc, Gamy Dogla Ngardiguina totalise plusieurs années d’expériences dans l’univers de la voix et de la présentation évènementielle. Consultant et formateur, il accompagne des entreprises et organisations à travers des formations et des productions vocales adaptées à leurs besoins. « Il est un homme timide, mais très exigeant dans son travail ; en plus d’être courageux, il est honnête. En gros, c’est un ange qui aime me faire des surprises », siffle sa femme Rebecca Tchakouma. L’animateur radio et chanteur Il a débuté dans les années 2014 en tant qu’animateur radio puis chanteur. Ce qui lui a permis de développer une aisance vocale et une maîtrise du micro. Six ans plus tard, l’aventure …

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Le métier de comédien voix off, à la fois fascinant et exigeant, est méconnu par le grand public. Et pourtant, ces artistes jouent un rôle essentiel dans les créations de nombreuses productions, que ce soit dans le cinéma, à la télévision, à la radio ou dans les publicités. Au Tchad, Gamy Dogla Ngardiguina fait partie des figures montantes de ce métier.

Simplicité, confiance en soi, passion et travail, tels sont les mots qui peuvent caractériser ce nouvel apôtre du métier des voix.  Avec plusieurs cordes à son arc, Gamy Dogla Ngardiguina totalise plusieurs années d’expériences dans l’univers de la voix et de la présentation évènementielle. Consultant et formateur, il accompagne des entreprises et organisations à travers des formations et des productions vocales adaptées à leurs besoins. « Il est un homme timide, mais très exigeant dans son travail ; en plus d’être courageux, il est honnête. En gros, c’est un ange qui aime me faire des surprises », siffle sa femme Rebecca Tchakouma.

L’animateur radio et chanteur

Il a débuté dans les années 2014 en tant qu’animateur radio puis chanteur. Ce qui lui a permis de développer une aisance vocale et une maîtrise du micro. Six ans plus tard, l’aventure commence. « Très vite, j’ai découvert l’univers de la voix off en 2020 et j’ai été séduit par la capacité qu’une voix bien posée peut captiver un auditoire », raconte Gamy Dogla Ngardiguina. Il est alors fasciné par l’impact de la voix dans la transmission des émotions et des messages. Le jeune a réalisé que derrière chaque publicité, documentaire ou message institutionnel, il y a un travail de voix qui donnait vie aux mots.  Celui qui est désormais la référence de la voix off au Tchad va travailler pour se faire une place dans cet univers.

Ce qui n’a pas été un long fleuve tranquille fini par captiver, comme témoigne Adam Mahamat Ali, CEO de l’agence PXL CREATIVE, un de ses collaborateurs de longue date. « Gamy est créatif, professionnel avec une maitrise totale de son domaine. Il arrive à me satisfaire à 200 % quand je lui confie un travail, c’est la raison pour laquelle notre collaboration dure depuis plus de trois ans ».

Se former pour maitriser les codes de la voix off

Comme tout métier exigeant, Gamy a suivi plusieurs formations en présentiel et en ligne pour renforcer ses compétences. De la Diva Academy au Cameroun au séminaire de renforcement des capacités de plusieurs jours à Abidjan en Côte d’Ivoire, il a compris qu’être un autodidacte ne suffirait pas. Il est nécessaire de se professionnaliser en multipliant des formations afin d’assimiler les différents codes de ce métier. Selon Adam Mahamat Ali, « Gamy est original, avec une vision à long terme. L’une des choses que j’aime le plus chez lui, c’est qu’il ne reste pas sur ses acquis, ce qui est rare chez les jeunes Tchadiens ! Pour moi, il est presque la seule voix off capable de s’adapter en fonction du script mis à sa disposition ». 

Influencé par des symboles des métiers de la voix comme Paul Yann, Roland Batoua, Lisette Emmanuelle, Audrey Keita, le regretté Aboubakar Sadikou, Théophile Winga ou encore Mister Colombo, Gamy a prêté plusieurs fois sa voix à des campagnes nationales et des projets internationaux, mais aussi à des causes sociales. « Je suis très content de notre collaboration et je le recommande vivement aux professionnels qui savent ce qu’ils veulent », nous dit Adam Mahamat Ali.

L’instigateur de la journée Mondiale de la Voix au Tchad

Gamy Dogla Ngardiguina organise pour la première fois la Journée Mondiale de la Voix au Tchad en 2024. Selon lui, cette journée a permis de mettre en avant les métiers de la voix. Parmi ses projets à court terme, figure le lancement de son podcast ‘’L’Art de la Voix par Gamy’’.  Il laisse entendre qu’il travaille actuellement sur la structuration et la valorisation du secteur de la voix off et la communication orale au Tchad à travers des formations. Aujourd’hui, plusieurs défis se présentent à lui, notamment celui de faire connaître davantage ce métier au Tchad et de valoriser son importance.

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Marius Abrass : le MC qui redéfinit l’art de l’animation et de la présentation https://www.leportrait.td/marius-abrass-le-mc-qui-redefinit-lart-de-lanimation-et-de-la-presentation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=marius-abrass-le-mc-qui-redefinit-lart-de-lanimation-et-de-la-presentation https://www.leportrait.td/marius-abrass-le-mc-qui-redefinit-lart-de-lanimation-et-de-la-presentation/#respond Tue, 18 Mar 2025 21:06:50 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8229 Marius Abrass, de son vrai nom Djegang Dingamnodji Marius incarne le talent brut, l’ambition sans limites et une vision novatrice du métier de Maître de Cérémonie. Son charisme naturel, son sens de l’écoute, sa créativité et sa capacité d’adaptation sont ses atouts majeurs. Mais au-delà de ces qualités, il est avant tout un visionnaire, toujours prêt à repousser les limites pour atteindre de nouveaux sommets. Né un 23 septembre à Abidjan dans une famille où la culture et la communication sont au cœur du quotidien, Marius Abrass a été bercé par les grandes voix de la radio et les événements culturels du Tchad. Il ne cesse de clamer haut et fort d’être le fils spirituel de Ricardo Nanandoumngar et d’Amobé Mevegué. Pourtant, son chemin ne semblait pas destiné à la scène. Après un parcours académique brillant, il obtient un Baccalauréat G2 avec mention Assez Bien au Lycée Technique Commercial de Moundou, avant de poursuivre des études en Économie Monétaire et Bancaire. En 2010, il décroche un Master dans ce domaine, une formation qui, selon lui, lui a apporté une rigueur analytique et une vision stratégique précieuses dans son futur métier. Mais contre toute attente, il choisit une autre voie. Loin …

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Marius Abrass, de son vrai nom Djegang Dingamnodji Marius incarne le talent brut, l’ambition sans limites et une vision novatrice du métier de Maître de Cérémonie. Son charisme naturel, son sens de l’écoute, sa créativité et sa capacité d’adaptation sont ses atouts majeurs. Mais au-delà de ces qualités, il est avant tout un visionnaire, toujours prêt à repousser les limites pour atteindre de nouveaux sommets.

Né un 23 septembre à Abidjan dans une famille où la culture et la communication sont au cœur du quotidien, Marius Abrass a été bercé par les grandes voix de la radio et les événements culturels du Tchad. Il ne cesse de clamer haut et fort d’être le fils spirituel de Ricardo Nanandoumngar et d’Amobé Mevegué. Pourtant, son chemin ne semblait pas destiné à la scène. Après un parcours académique brillant, il obtient un Baccalauréat G2 avec mention Assez Bien au Lycée Technique Commercial de Moundou, avant de poursuivre des études en Économie Monétaire et Bancaire. En 2010, il décroche un Master dans ce domaine, une formation qui, selon lui, lui a apporté une rigueur analytique et une vision stratégique précieuses dans son futur métier.

Mais contre toute attente, il choisit une autre voie. Loin des calculs et des finances, il décide de suivre sa passion pour la communication et l’événementiel. « Je pratique depuis plusieurs années le plus beau métier au monde, un métier qui me permet de rencontrer des personnes de tout genre, de tout bord et de tout ordre que je présente, que je célèbre et que je vends », explique-t-il avec enthousiasme.

L’ascension d’un maître de cérémonie hors pair

L’aventure de Marius commence à la radio, où il fait ses premières armes sur Dudji Lokar FM et Harmonie FM. Mais c’est sur scène qu’il se révèle pleinement. Son énergie débordante, son aisance naturelle et sa capacité à captiver son auditoire en font rapidement l’un des animateurs les plus sollicités.

Les événements prestigieux s’enchaînent : Miss Tchad, les concerts de la Renaissance, les grandes manifestations à la Place de la Nation, et des festivals de renom comme N’DjamVi et DARY, où il officie en tant que programmateur et régisseur général depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, il est à la tête de Mach’ALLAH SYSTEM, une entreprise spécialisée dans la communication et le branding. Il collabore également avec des médias internationaux en tant que TV & Radio Host et fait de la pige pour des émissions comme Légendes Urbaines sur RFI & France 24 ou encore Carrefour Week-End sur Radio Fréquence 2 FM à Abidjan.

Un métier en pleine mutation

Marius Abrass est convaincu que le métier de Maître de Cérémonie au Tchad est en pleine évolution. Jadis perçu comme un simple accompagnement d’événements, il est aujourd’hui un élément clé du succès d’une manifestation. « Le MC ne se limite pas à annoncer des artistes ou des intervenants, il doit incarner l’événement, lui donner du rythme, créer une connexion avec le public et garantir une expérience inoubliable », explique-t-il.

Selon lui, un bon MC doit être un stratège en communication, un négociateur habile et un expert en gestion d’événements. « Il ne suffit pas de parler au micro. Il faut construire une marque personnelle forte et savoir répondre aux attentes du marché. Moi, personnellement, je vis de cela, Mach’Allah ! Un MC, un vrai MC : ça coûte cher », affirme-t-il avec fierté.

Les conseils du maître à la relève

Fort de son expérience, Marius partage volontiers son savoir avec les jeunes aspirants MC. « Je leur dirais de travailler leur art avec passion et rigueur. Le charisme ne suffit pas. Il faut se former en communication, en gestion d’événements et en branding. Il faut également cultiver l’écoute, la polyvalence et l’adaptabilité. Enfin, la clé du succès réside dans la persévérance et la création d’un réseau solide », conseille-t-il. Avec son humour habituel, il ajoute « Tiens, j’oubliais : un bon MC doit sentir bon aussi ».

Son confrère, Hervé La Merveille, ne tarit pas d’éloges à son sujet. « Marius, c’est un novateur, c’est quelqu’un qui n’aime pas la monotonie. Il fait passer son travail au-dessus de tout. Tu peux être son meilleur ami, si tu n’es pas à la hauteur, il ira chercher une autre personne ».

Une reconnaissance au-delà des frontières

Marius Abrass n’est pas seulement une figure incontournable au Tchad. Il a représenté son pays dans de nombreux événements internationaux prestigieux, notamment, Stars de l’Intégration Culturelle Africaine (SICA) à Cotonou, Bénin (2012), Festival Tî-I à Bangui, RCA (2016), Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA) en Côte d’Ivoire (2016, 2018, 2020), World Festival of Youth and Students à Moscou et Sochi, Russie (2017), Festival Sahel Hip Hop à Niamey, Niger (2017), Douala Music Art Festival, Cameroun (2018, 2019), Festival des Lingueres, Dakar, Sénégal (2018), Festival Couleurs Métisses, Nouakchott, Mauritanie (2019). Il anime aussi des cérémonies officielles aux côtés de personnalités influentes et vient d’être honoré par le ministère de la Culture du Tchad pour sa contribution au rayonnement de la culture et de l’événementiel.

Lorsqu’on lui demande où il se voit dans 10 ans, Marius Abrass répond avec assurance « Je veux devenir une figure emblématique de la communication et de l’événementiel en Afrique ». Son objectif est double : étendre son influence et accompagner les jeunes talents à percer dans ce domaine, mais aussi faire de Mach’ALLAH SYSTEM une référence continentale en proposant des services innovants en communication et organisation d’événements.

L’anecdote qui a forgé son mental

Comme tout grand professionnel, Marius a aussi connu des défis. Il raconte une anecdote marquante. « Un jour, lors d’un grand concert à N’Djamena, l’artiste principal n’est pas arrivé à temps. J’ai dû improviser pendant une heure et 52 minutes pour maintenir le public engagé. Ce moment a prouvé l’importance du rôle du MC dans la gestion des imprévus ».

Son mantra ? Une citation de Winston Churchill : « Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ». Et c’est bien cette philosophie qui guide Marius Abrass : toujours plus haut, toujours plus loin, sans jamais cesser d’inspirer.

 

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Innocente Virginia Kemba : une passion pour le journalisme qui a survécu aux vagues https://www.leportrait.td/innocente-virginia-kemba-une-passion-pour-le-journalisme-qui-a-survecu-aux-vagues/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=innocente-virginia-kemba-une-passion-pour-le-journalisme-qui-a-survecu-aux-vagues https://www.leportrait.td/innocente-virginia-kemba-une-passion-pour-le-journalisme-qui-a-survecu-aux-vagues/#comments Fri, 14 Mar 2025 12:51:35 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8211 « Innocente Virginia Kemba est une femme intelligente et dévouée à sa carrière professionnelle. Je partage avec elle dix ans d’amitié, mais aussi trois ans en tant que collaboratrice. Je ne l’ai jamais vue faillir à sa mission », témoigne Mahamat Nour Adoum Sougoumi, Rédacteur en Chef à la Radio Nationale Tchadienne. Innocente Virginia Kemba asseyait les derniers réglages de son journal avant d’entrer en studio avec un visage illuminé et sourire aux lèvres comme d’habitude. C’est avec beaucoup  d’émotion et de sincérité qu’elle a accepté de nous accorder son temps avant d’entrer en communion avec ses milliers d’auditeurs Tchadiens et d’ailleurs. « Fidèle, humaine et battante », c’est avec ces trois mots que Mahamat Nour Adoum Sougoumi décrit sa collègue et amie. Celle qui a la voix suave, a poussé son premier cri le 13 avril 1987 à N’Djaména. Fille d’un cadre dans une Ambassade et d’une mère institutrice, Virginia a passé toute son enfance à N’Djamena entre les quartiers Amtoukouin, Kamnda et Chagoua. Journaliste, présentatrice et passionnée des médias, elle a fait ses premiers pas dans le métier en 2014 à la Radiodiffusion Nationale Tchadienne. Très jeune, Virginia était influencée par ses aînés de la Télé Tchad, notamment Achta Saleh …

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« Innocente Virginia Kemba est une femme intelligente et dévouée à sa carrière professionnelle. Je partage avec elle dix ans d’amitié, mais aussi trois ans en tant que collaboratrice. Je ne l’ai jamais vue faillir à sa mission », témoigne Mahamat Nour Adoum Sougoumi, Rédacteur en Chef à la Radio Nationale Tchadienne.

Innocente Virginia Kemba asseyait les derniers réglages de son journal avant d’entrer en studio avec un visage illuminé et sourire aux lèvres comme d’habitude. C’est avec beaucoup  d’émotion et de sincérité qu’elle a accepté de nous accorder son temps avant d’entrer en communion avec ses milliers d’auditeurs Tchadiens et d’ailleurs.

« Fidèle, humaine et battante », c’est avec ces trois mots que Mahamat Nour Adoum Sougoumi décrit sa collègue et amie. Celle qui a la voix suave, a poussé son premier cri le 13 avril 1987 à N’Djaména. Fille d’un cadre dans une Ambassade et d’une mère institutrice, Virginia a passé toute son enfance à N’Djamena entre les quartiers Amtoukouin, Kamnda et Chagoua. Journaliste, présentatrice et passionnée des médias, elle a fait ses premiers pas dans le métier en 2014 à la Radiodiffusion Nationale Tchadienne.

Très jeune, Virginia était influencée par ses aînés de la Télé Tchad, notamment Achta Saleh Damane qui a déclenché son rêve de faire carrière dans le journalisme. « On avait un poste téléviseur en blanc sur noir à la maison. Mon papa suivait le journal de la Télé Tchad et je passais le temps avec lui. Je voyais Achta Saleh Damane, je taquinais mon papa en disant que je vais faire comme cette dame-là ! », se souvient-elle.

Mais le chemin vers ce rêve d’être journaliste, n’était pas du tout un fleuve tranquille. Après l’obtention de son baccalauréat série G1 en 2006 au Lycée Technique Commercial de N’Djamena, la suite de l’aventure ne fut pas parsemée de roses. Avec un père au chômage suite à un handicap causé par un accident, outre, un salaire dérisoire d’institutrice de sa mère, ce n’était plus évident que Virginia poursuive ses études supérieures de journalisme à l’étranger, sachant que sa mère est devenue la charnière du foyer.

Le fruit d’institution de formation nationale

« Grace à Dieu, il y avait l’institut HEC Tchad à l’époque, la seule qui avait la filière communication des entreprises. Or moi, je voulais faire du journalisme. Je me disais, n’est-ce pas à défaut du cheval, on monte l’âne ? Heureusement, on avait une matière en journalisme », dit-elle. C’est ainsi que Virginia a eu la chance d’avoir Abdoulaye Gata Nder, Abdoulaye Ngardiguina, Abdelnasser Garboa comme enseignants et bien d’autres journalistes qui faisaient leur preuve. « Ils m’ont encadré et j’ai beaucoup appris d’eux », reconnaît-elle.

Après l’obtention de son BTS en communication, Innocente Virginia Kemba a fait une licence en Marketing au sein de HEC Tchad. Entre temps, sa maman payait difficilement les frais de scolarité, heureusement qu’elle s’est fait remarquer par le fondateur de l’institut, Ali Abderaman Haggar pour son abnégation. « Dr Ali a pris ma carte, il a cacheté du début jusqu’à la fin et il m’a dit ça, c’est ma contribution. C’est ainsi que j’ai pu achever mon cursus ». Après sa licence en Marketing à l’institut HEC Tchad, la jeune dame faufile entre stages et boulots d’assistante d’administration au service commercial d’une banque de la place, en passant par la casquette de réceptionniste dans un hôtel, avant que la maternité ne la rappelle.

En 2012, l’Office National de Radio et Télévision (ONRTV), actuel ONAMA, lance un concours pour recruter les journalistes. Virginia se soumet au test, mais il a fallu deux années d’attentes pour qu’enfin, elle soit retenue. « À l’époque, on a composé le même concours avec Sougoumi, on ne se connaissait pas. C’est en 2014 qu’on nous a rappelés. J’ai pu faire le premier pas en journalisme en 2014 après une phase d’essai d’un mois. J’ai commencé timidement et je suis là depuis 10 ans », lâche-t-elle avec un sourire

Le journalisme, une passion retrouvée

Son ami et collègue, le Rédacteur en Chef de la RNT témoigne de ce moment : « J’ai rencontré IVK à l’issue du concours de recrutement organisé par l’ONRTV. Nous avons participé à ce concours et nous avons été retenus sauf que nous étions dans la liste d’attente de 2013 à 2014. Et c’est en mai 2014 qu’on a fait appel à nous. C’est ce jour (28 mai) que je l’ai rencontrée et c’est parti. Ça fait dix ans aujourd’hui ».

Oui, 10 ans aujourd’hui que Mahamat Nour et Virginia cheminent ensemble comme collègues et amis dans le domaine du journalisme. Mais pour Mahamat Nour, c’est au-delà. « Nous ne sommes pas que collègues et amis, mais nous sommes devenus une famille parce que nos deux familles se connaissent ».

Aujourd’hui, Virginia totalise 10 ans d’expérience en journalisme à la RNT où elle est passée de reporter, réalisatrice à présentatrice et rédactrice en cheffe adjointe. Pour elle, le journalisme est une passion, un rêve d’enfance. « Je suis comme ça, quand je veux faire quelque chose que j’aime, je me donne et je le fais. Je mets devant l’humilité parce qu’on ne peut pas tout connaître. J’ai appris et je continue à apprendre, je n’ai pas de limite ».

Parmi ceux qui ont contribué à l’ascension de Virginia, figure Saint-Yves Deuzabet puisque Virginia, dans sa quête de connaissance et d’expérience, fait souvent recours à l’émission Radio Weekend. « Saint Yves, c’est l’un des aînés qui s’est occupé de nous avec mon binôme. Il m’a proposé de venir l’aider au studio et je me suis jeté à l’eau. Le premier direct, c’était une heure au studio. J’étais sortie tout de suite, il a commencé à recevoir des appels de félicitations. Du coup, j’ai continué avec l’émission et il m’a passé la main de présenter toute seule », reconnaît Virginia. Chemin faisant, avec l’aide de Saint-Yves et autres, elle a présenté le journal pour la première fois en 2016.

La quête de la perfection

À la question de savoir quel est son plus grand succès, Virginia ne veut pas parler en termes de succès. Pour elle, on ne finit pas d’apprendre, elle n’est pas satisfaite de tout ce qu’elle fait, c’est un défi. « Je fais ce que je peux, j’essaie de m’améliorer au mieux et je laisse libre cours. Je dirais plutôt que j’ai beaucoup appris en 10 ans. J’ai eu la chance de faire toutes les éditions de la radio nationale, les reportages et autres ».

Après une décennie de dévouement au journalisme, IVK ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Animée par la passion et l’humilité, elle continue d’apprendre, de s’améliorer et de faire vibrer les ondes avec sa voix chaleureuse. Pour elle, la véritable réussite ne se mesure pas en distinctions, mais dans sa capacité à offrir une vie meilleure à celle qui l’a toujours soutenue : sa mère.

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Héritier Evariste Ngaralbaye : le Nationaliste de la culture et de l’inclusion https://www.leportrait.td/heritier-evariste-ngaralbaye-le-nationaliste-de-la-culture-et-de-linclusion/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=heritier-evariste-ngaralbaye-le-nationaliste-de-la-culture-et-de-linclusion https://www.leportrait.td/heritier-evariste-ngaralbaye-le-nationaliste-de-la-culture-et-de-linclusion/#respond Wed, 19 Feb 2025 09:40:38 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8194 Dans les rues de N’Djaména, un nom circule parmi les passionnés de la culture : Héritier Evariste Ngaralbaye, connu sous le pseudonyme de « Le Nationaliste ». Ce surnom, qui semble avoir été prédit par sa propre mère, reflète à merveille la mission qu’il s’est donnée. « Le nom Héritier est plein d’espoir », confie sa mère. « Si je lui ai donné, c’est pour qu’il ait un avenir radieux, pour lui-même et pour l’Afrique entière ». Héritier est devenu, en effet, une figure incontournable dans la promotion et de la valorisation de la culture tchadienne. Informaticien de formation et communicateur de profession, Héritier endosse aussi les rôles de manager d’artistes, de  présentateur radio, d’infographiste, de blogueur et d’écrivain. En 2013, il crée la plateforme VMTF (Valorisons la Musique Tchadienne avec Fierté), un projet ambitieux pour porter la musique tchadienne au-devant de la scène internationale. « Nous avons tellement d’artistes talentueux qui méritent d’être mieux connus », dit-il, soucieux de donner une voix à ceux qui partagent son amour pour la culture nationale. Un Nationaliste Créatif et Polyvalent Selon sa sœur aînée, Virginie Nodjiwam, Héritier n’est pas seulement un fervent promoteur de la culture, mais aussi un modèle et un …

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Dans les rues de N’Djaména, un nom circule parmi les passionnés de la culture : Héritier Evariste Ngaralbaye, connu sous le pseudonyme de « Le Nationaliste ». Ce surnom, qui semble avoir été prédit par sa propre mère, reflète à merveille la mission qu’il s’est donnée.

« Le nom Héritier est plein d’espoir », confie sa mère. « Si je lui ai donné, c’est pour qu’il ait un avenir radieux, pour lui-même et pour l’Afrique entière ». Héritier est devenu, en effet, une figure incontournable dans la promotion et de la valorisation de la culture tchadienne.

Informaticien de formation et communicateur de profession, Héritier endosse aussi les rôles de manager d’artistes, de  présentateur radio, d’infographiste, de blogueur et d’écrivain. En 2013, il crée la plateforme VMTF (Valorisons la Musique Tchadienne avec Fierté), un projet ambitieux pour porter la musique tchadienne au-devant de la scène internationale. « Nous avons tellement d’artistes talentueux qui méritent d’être mieux connus », dit-il, soucieux de donner une voix à ceux qui partagent son amour pour la culture nationale.

Un Nationaliste Créatif et Polyvalent

Selon sa sœur aînée, Virginie Nodjiwam, Héritier n’est pas seulement un fervent promoteur de la culture, mais aussi un modèle et un conseiller inestimable pour sa famille et sa communauté. « Héritier m’a appris à toujours me battre dans la vie, à soutenir et aider les autres, à pardonner et à faire le bien autour de moi », explique-t-elle. Cette vision de la vie, il la résume lui-même en trois mots : « Nationaliste, Polyvalent, Créatif ». C’est avec ces qualités qu’il guide VMTF, en plaçant toujours en premier les valeurs culturelles et artistiques tchadiennes, qu’il s’agisse de musique, de cinéma, ou de produits locaux.

VMTF voit le jour le 20 juin 2013, la veille de la fête de la Musique, avec une mission audacieuse : augmenter la visibilité de la musique tchadienne, qui représente alors à peine 2 % de la consommation musicale internationale. Héritier sait que cette mission est exigeante, mais il est animé par le courage et la détermination de son grand-père, un militaire respecté, dont il a hérité, selon sa mère Achta Ngaralbaye, la bravoure. « Il est toujours la tête et non la queue, même s’il est le benjamin », dit-elle, soulignant cette force d’âme que sa famille admire tant en lui.

Des Initiatives d’Inclusion

Héritier ne se contente pas de promouvoir la musique tchadienne. Il crée des espaces d’inclusion pour toute la communauté. À travers VMTF, il organise chaque année des événements comme le Grand Concours de Dictée et le Festival des Personnes Handicapées, rassemblant des personnes sourdes, non-voyantes et à mobilité réduite pour célébrer leurs talents artistiques. Pour lui, ces initiatives sont essentielles pour intégrer toutes les voix au sein du tissu culturel tchadien, un engagement qu’il porte également dans son rôle de frère et de conseiller familial.

Un Ambassadeur de la Culture et un Rêve pour l’Avenir

Le Nationaliste avec les artistes Sultan et Papa Tera/ Ph DR

Le parcours d’Héritier est parsemé de défis. Pourtant, il voit grand : dans cinq ans, il espère lancer un festival régional pour les personnes handicapées dans la zone CEMAC et bâtir des ponts entre les artistes tchadiens et les maisons de production internationales. Son but ultime ? Que la culture tchadienne brille au-delà des frontières. « Qui ne risque rien n’a rien », rappelle sa mère, qui ne peut qu’admirer son engagement tout en priant pour sa protection. Elle raconte avec tendresse que, fidèle à son prénom, « il hérite de tous et est aimé de tous ».

Engagé, inspirant et résolument dévoué à son pays, Héritier Evariste incarne la fierté tchadienne. Par son travail acharné, il montre que la culture est bien plus qu’un divertissement : elle est un pilier d’identité, de cohésion et de progrès. Le Nationaliste est bien plus qu’un promoteur culturel. Il est l’ambassadeur de l’âme tchadienne, prêt à consacrer toute son énergie pour que sa culture rayonne localement et à l’international.

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Elise Dagossé : la laborantine de Gamari Fashion Show https://www.leportrait.td/elise-dagosse-la-laborantine-de-gamari-fashion-show/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=elise-dagosse-la-laborantine-de-gamari-fashion-show https://www.leportrait.td/elise-dagosse-la-laborantine-de-gamari-fashion-show/#respond Tue, 05 Nov 2024 12:16:46 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8145 Source d’opportunités, la mode est un art aux multiples facettes. Elise Dagossé, Miss Tchad 2015 et promotrice de Gamari Fashion Show, essaie de concilier les deux dans un projet à impact social qui allie mode et philanthropie pour transformer des vies. Portrait… Persévérante, passionnée et engagée, c’est sa qualification en trois mots. Persévérante, parce qu’elle a su tracer son chemin. Passionnée, parce qu’elle a cru en elle et a su développer son amour pour le mannequinat et la mode. Engagée, ses œuvres parlent d’elles-mêmes. Elise Dagossé est aujourd’hui la promotrice de Gamari Fashion Show. Un long parcours avec ses défis, mais elle est la PPE (Persévérante, Passionnée et Engagée). « Elle a toujours eu une grande détermination et une vision claire de sa vie », soutient sa cadette Samira Dagossé qui ajoute d’autres qualités à la Miss : « l’altruisme, la bienveillance, la créativité, la protection, le dynamisme et l’intelligence ». Entrepreneure tchadienne, Elise dirige l’agence Athena Model Agency, qui forme les hôtesses d’accueil et les mannequins. Plusieurs flèches à son arc, elle allie, à travers ses projets, mode et philanthropie pour favoriser l’autonomisation des femmes en difficulté. La profession n’a pas occulté sa passion Biochimiste de formation, Elise Dagossé est née le 17 novembre …

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Source d’opportunités, la mode est un art aux multiples facettes. Elise Dagossé, Miss Tchad 2015 et promotrice de Gamari Fashion Show, essaie de concilier les deux dans un projet à impact social qui allie mode et philanthropie pour transformer des vies. Portrait…

Persévérante, passionnée et engagée, c’est sa qualification en trois mots. Persévérante, parce qu’elle a su tracer son chemin. Passionnée, parce qu’elle a cru en elle et a su développer son amour pour le mannequinat et la mode. Engagée, ses œuvres parlent d’elles-mêmes. Elise Dagossé est aujourd’hui la promotrice de Gamari Fashion Show. Un long parcours avec ses défis, mais elle est la PPE (Persévérante, Passionnée et Engagée). « Elle a toujours eu une grande détermination et une vision claire de sa vie », soutient sa cadette Samira Dagossé qui ajoute d’autres qualités à la Miss : « l’altruisme, la bienveillance, la créativité, la protection, le dynamisme et l’intelligence ». Entrepreneure tchadienne, Elise dirige l’agence Athena Model Agency, qui forme les hôtesses d’accueil et les mannequins. Plusieurs flèches à son arc, elle allie, à travers ses projets, mode et philanthropie pour favoriser l’autonomisation des femmes en difficulté.

La profession n’a pas occulté sa passion

Biochimiste de formation, Elise Dagossé est née le 17 novembre 1992 à N’Djamena. Elle a obtenu son baccalauréat scientifique (série D) avant de poursuivre des études en sciences biomédicales, spécialisées en Biochimie médicale. Actuellement, elle travaille comme assistante en biochimie dans un laboratoire. Mlle Dagossé a élargi ses compétences à travers des programmes de leadership, comme le Young African Leadership Initiative (YALI) Dakar en 2017 et, plus récemment, l’Academy for Women Entrepreneurs en 2024. Tout ce parcours n’a pas tué la passion.

La trentenaire ne s’est pas seulement contentée de faire des analyses médicales dans un laboratoire. « Depuis toujours, j’ai eu une grande passion pour la mode. Je suis influencée en partie par mon environnement familial. En grandissant, j’ai compris l’impact positif que cela pouvait avoir sur moi, en m’offrant des opportunités, dit-elle. Son parcours en tant que mannequin a commencé pendant ses années au lycée où elle a rencontré des amis qui sont, avec le temps, devenus ses collaborateurs. « J’ai travaillé pour des figures de la mode tchadienne et africaine, participé à des défilés locaux, et, progressivement, j’ai eu l’opportunité de représenter mon pays dans d’autres événements, tout en utilisant la mode pour promouvoir des causes sociales ».

Aujourd’hui, Elise se souvient encore de son tout premier défilé en tant que mannequin. « Mon tout premier défilé remonte à mes années de collège (rire), mais mon premier véritable podium a été au défilé Ciseaux d’Or de J-Rabel en 2010. Cette année a marqué un tournant dans ma carrière, tout comme 2015 avec le titre de Miss Tchad ».

De Miss Tchad 2015 à Gamari Fashion

En 2015, Elise Dagossé a été élue Miss Tchad. C’était une expérience unique et enrichissante pour la jeune étudiante qu’elle était. Cette distinction lui a permis de mieux comprendre les attentes de la société et de développer des projets pour contribuer au bien-être des autres. « J’ai appris à être résiliente et à m’affirmer dans une société où les femmes luttent constamment pour l’égalité des chances. Mon plus grand souvenir reste la chaleur du public et le soutien que j’ai reçu tout au long de cette aventure », dit-elle. Commence donc le début d’un engagement plus profond envers sa communauté.

Mais avec ce privilège qu’offre d’être nommée Miss Tchad en 2015, Elise Dagossé a failli passer à côté de la couronne de la plus belle femme du Tchad. « Lors de mon casernement pour le concours Miss Tchad, j’avais tellement peur d’y aller que je me suis désistée à la dernière minute. Le délégué en charge de la culture et la directrice sont venus me chercher chez moi, devant mes parents (rire). Quelques mois après, on en a ri », raconte-t-elle dans un sentiment de nostalgie.

Gamari est né de cette volonté d’allier mode et philanthropie pour faire une différence.

De son désir de soutenir les femmes et les jeunes en difficulté en utilisant la mode comme plateforme pour sensibiliser, mobiliser des partenaires et lever des fonds pour des causes sociales, elle crée Gamari Fashion Show en 2019. Cet élément déclencheur de Gamari Fashion était une suite logique de son rôle d’ambassadrice de la beauté tchadienne. « Après Miss Tchad, j’ai vu l’importance d’utiliser ma visibilité pour soutenir les autres. Gamari est né de cette volonté d’allier mode et philanthropie pour faire une différence ». Edwige Taroum Djikal, amie et collaboratrice d’Elise, confirme son côté altruiste : « à peine notre rencontre, Elise m’a marquée, en faisant une surprise à ma fille le jour de son anniversaire. Elle le fait toujours aux gens qui l’entourent et toujours à s’inquiéter pour le bien-être des autres ».

Une vision originale et sociale

Gamari Fashion Show incarne la fusion parfaite entre deux mondes. Au-delà de l’élégance et de la créativité, l’initiative réunit des entrepreneurs de la mode et d’autres domaines pour œuvrer vers un impact durable. Gamari Fashion, ce n’est pas seulement la mode et le défilé, mais aussi le social. En un mot, c’est plus qu’un simple projet ; c’est un mouvement où la mode devient une force pour le bien, au service de ceux qui en ont le plus besoin. La promotrice de Gamari s’engage avec détermination et une vision pour les causes délaissées. « Nous menons des actions caritatives pour aider les femmes et les jeunes en difficulté. Cette année, nous envisageons également une action caritative en direction des prisonniers locaux, en plus de la formation de 30 jeunes dans l’e-commerce, grâce à notre partenariat avec Job Booster Entreprise ».

Pour la 4e édition de ce grand rendez-vous de la mode tchadienne, Gamari promet d’être un des événements qui va marquer l’année 2024. Il mettra en avant les talents locaux et célébrera la beauté et la richesse du Tchad. Pas de pays étrangers invités, le Tchad sera mis à l’honneur avec de nombreux talents à découvrir !  « Depuis mes débuts dans le mannequinat et mon parcours comme Miss Tchad, j’ai toujours voulu faire de la mode un outil utile pour notre communauté. Ma passion, c’est d’aller au-delà du glamour pour créer un impact positif et être en contact direct avec les gens, développer l’empathie », clame Elise Dagossé.

Une Impact lady

Sociable, protectrice, empathique, mais aussi rigoureuse et stricte, Elise Dagossé est très rattachée à sa famille. « Depuis mon enfance, elle a toujours été la personne dont j’étais le plus proche. Très complice, j’ai trouvé en elle bien plus qu’une sœur : une amie et une seconde mère. (…) Ayant perdu nos parents, elle fait aujourd’hui de son mieux pour nous soutenir et nous donner l’affection dont nous avons besoin », reconnaît Samira Dagossé, sa sœur cadette. « La voir aujourd’hui concrétiser ses projets avec autant d’impact et d’engagement dépasse toutes nos attentes et remplit la famille de fierté », poursuit-elle

Dans cinq ans, Edwige Taroum Djikal voit son amie Elise, une jeune dame pleine d’ambition, atteindre l’objectif et réussir à impacter une grande partie de la jeunesse. « Que Dieu la garde et la protège, car elle a encore tant à offrir. Je la vois bien étendre ses actions et toucher davantage de personnes, ici et ailleurs », souhaite sa petite sœur.

Elise est chiante quand elle veut quelque chose (rire)

Et les défauts d’Elise ? Pour cette petite question, Samira Dagossé, entre un rire, dit ne pas vouloir de problèmes avec sa sœur, mais tout de même, elle a tenté de répondre : « Elle est plutôt stricte et très curieuse aussi (nos parents le lui reprochaient souvent). Parfois, elle garde ses peines pour elle-même au lieu de demander de l’aide, ce que je trouve dommage – je le lui ai fréquemment dit ». Pour cette même question adressée à Edwige Taroum Djikal, celle-ci pousse un gros soupir avant de répondre : « Oooh Elise est chiante quand elle veut quelque chose (rire). A minuit, elle est capable de t’appeler pour te rappeler un programme qu’il faut exécuter ».

Le plus grand succès de la Miss Elise est de voir Gamari grandir et avoir un impact réel, non seulement dans le domaine de la mode, mais aussi en soutenant des causes sociales importantes. « Voir Gamari prendre vie aujourd’hui est pour moi une immense fierté. Nous sommes en marche vers cette grande vision commune : une mode qui révèle des potentiels et unit nos forces », dit-elle fièrement.

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Dion-Ouma Lelmbaye Régine : le visage de la lutte pour l’émancipation de la femme https://www.leportrait.td/dion-ouma-lelmbaye-regine-le-visage-de-la-lutte-pour-lemancipation-de-la-femme/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=dion-ouma-lelmbaye-regine-le-visage-de-la-lutte-pour-lemancipation-de-la-femme https://www.leportrait.td/dion-ouma-lelmbaye-regine-le-visage-de-la-lutte-pour-lemancipation-de-la-femme/#respond Fri, 30 Aug 2024 12:16:00 +0000 https://www.leportrait.td/?p=8103 Passion, détermination et résilience, sont les traits caractéristiques de Régine. Née le 1er janvier 1989 à Moundou, Dion-Ouma Lelmbaye Régine est consultante des organisations de base, surtout les organisations de femmes et coach en entrepreneuriat féminin. Ingénieure de conception en Génie électrique, Dion-Ouma Lelmbaye Régine fait partie des femmes les plus influentes de Moundou, dans la province du Logone Occidental, par son brillant parcours en entrepreneuriat, mais aussi sa lutte pour l’émancipation de la femme. « Régine est une femme leader, entrepreneure qui motive et élève les autres autour d’elle. Elle a l’esprit d’équipe et très ouverte envers les autres. Régine fait preuve de détermination », renseigne Dédjem Antoinette, militante des droits des femmes qui côtoie la jeune dame.  « Il y a rien dans ce monde qui peut empêcher une femme de réussir », c’est la maxime qui guide la femme de 35 ans. Cet hôtel au cœur de Moundou, la capitale économique du Tchad, est devenu  presque un lieu de travail pour Dion-Ouma Lembaye Régine, où nous la rencontrons pour la première fois. Nantie d’une Licence en Maintenance industrielle obtenue à l’Université de Mongo et d’un Master en Sciences de l’ingénierie, option Génie électrique, celle qu’on appelle affectueusement Régine …

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Passion, détermination et résilience, sont les traits caractéristiques de Régine. Née le 1er janvier 1989 à Moundou, Dion-Ouma Lelmbaye Régine est consultante des organisations de base, surtout les organisations de femmes et coach en entrepreneuriat féminin.

Ingénieure de conception en Génie électrique, Dion-Ouma Lelmbaye Régine fait partie des femmes les plus influentes de Moundou, dans la province du Logone Occidental, par son brillant parcours en entrepreneuriat, mais aussi sa lutte pour l’émancipation de la femme. « Régine est une femme leader, entrepreneure qui motive et élève les autres autour d’elle. Elle a l’esprit d’équipe et très ouverte envers les autres. Régine fait preuve de détermination », renseigne Dédjem Antoinette, militante des droits des femmes qui côtoie la jeune dame.

 « Il y a rien dans ce monde qui peut empêcher une femme de réussir », c’est la maxime qui guide la femme de 35 ans. Cet hôtel au cœur de Moundou, la capitale économique du Tchad, est devenu  presque un lieu de travail pour Dion-Ouma Lembaye Régine, où nous la rencontrons pour la première fois. Nantie d’une Licence en Maintenance industrielle obtenue à l’Université de Mongo et d’un Master en Sciences de l’ingénierie, option Génie électrique, celle qu’on appelle affectueusement Régine est actuellement en année de thèse dans le domaine de l’électricité à l’Université de N’Djamena. « Je travaille sur les énergies renouvelables, principalement les panneaux solaires », précise-t-elle

Régine a contribué à la soudure du Pipeline Mangara-Badila du site pétrolier avant de démissionner pour travailler à World Vision en tant qu’Administratrice. « J’ai compris à la fin que le travail n’était pas pour moi ». C’est ainsi qu’elle démissionne encore pour se mettre à son propre compte. « Depuis lors, je travaille en tant que coordinatrice à la Maison d’Assistance aux Victimes des Violences Intimes (MAVI). (…) Ce que je fais beaucoup, je suis dans mes propres entreprises ». C’est de là que l’esprit entrepreneurial de Dion-Ouma Lelmbaye Régine prend l’envol.

Entre l’éducation, l’agriculture et l’hommage à son feu père

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », dixit Nelson Mandela. Fort de ce constat et pour garder la mémoire de son défunt père, Régine crée l’école Franco-anglais de Moundou. « Je l’ai créée parce que je voulais garder la mémoire de mon père qui a toujours été mon modèle. Je me suis dit, il faut que je crée une école au nom de ce monsieur qui m’a tout donné, mais qui est parti très tôt », dit-elle avec beaucoup d’émotions.

Son ambition ne va pas s’arrêter là. Elle a créé une ferme expérimentale « Christ Roi » afin de mieux orienter les producteurs sur les variétés adaptables dans la zone de production. « On expérimente l’ail, l’oignon, le gingembre, bref tout ce qui est rare chez nous ici qu’on importe en tant que légume. Quand ça réussi, on essaye d’étudier le comportement du sol pour dire aux paysans que sur tel sol, on peut produire tel », explique-t-elle.

Le projet de thèse sur les énergies renouvelables, principalement les panneaux solaires, a amené Lelmbaye à créer un cabinet d’expertise en maintenance qui fait dans l’accompagnement des entreprises surtout dans le domaine de l’électricité. « Je fais des petites choses à la fois et j’essaye d’apporter à l’édifice ma créativité dans le domaine de l’entrepreneuriat ».

Le combat pour les droits des femmes

Pour mener à bien son combat pour l’émancipation de la gent féminine, la femme de Moundou s’est engagée à écrire pour impacter son milieu. Elle a publié le livre « Combat de femmes », un roman qui met en lumière les défis que rencontrent les femmes dans leurs vies quotidiennes et dans leur lutte pour l’émancipation. « Le combat de femmes, parle de la lutte qu’elles ont dans leurs foyers, dans leurs milieux professionnels. Les combats qu’elles mènent dans le noir pour apporter à l’édifice leur créativité afin de contribuer au développement ».

Ce roman est le fruit des expériences personnelles de son auteure, mais aussi de son parcours dans les associations des droits de femmes. « J’ai dit, mais pourquoi ne pas mettre tout ce que j’ai comme acquis dans un livre pour permettre à celles qui vont venir de lire », se souvient-elle. Pour Régine, écrire est un moyen puissant de communication et d’expression. « Quand on écrit, c’est une façon de passer un message, même si on n’est pas là, on peut vivre. Écrire c’est la sensibilisation sur des enjeux importants. Le mieux, c’est de laisser une empreinte quelque part », dit-elle avec sourire aux lèvres.

Pour s’assurer que le message passe à travers les lignes des livres, Dion-Ouma Lelmbaye Régine organise régulièrement des soirées de livres pour permettre aux jeunes de s’inspirer des vies des gens, mais aussi avoir l’amour de la lecture. « Lire n’est plus une culture dans notre système éducatif. Nous sommes accrochés au téléphone, à internet, de manière que nous ne sommes pas en train d’initier les enfants à la lecture, alors qu’aujourd’hui, à travers la lecture, nous pouvons découvrir beaucoup de choses ».

« Il n’y a rien dans ce monde qui peut empêcher une femme de réussir »

Aujourd’hui, beaucoup parlent de la vulnérabilité des mères célibataires. Laissant son élan de solidarité affiché et voulant apporter un changement dans le monde, Régine octroie des crédits à taux zéro aux filles mères. « Ce crédit d’impact que nous donnons aux jeunes filles à taux zéro, c’est pour les aider à leur réinsertion socioéconomique », précise-t-elle.

Dans 10 ans, Régine se voit toujours en train de travailler pour le développement et la justice sociale. Mais surtout, elle veut voir son association s’élargir. « Je voudrais également voir MAVI devenir une grande organisation en Afrique qui lutte contre les VBG ». Un autre rêve, c’est de voir aussi son école devenir une université. « Si je ne suis pas là, dites à mes enfants de le faire », dit-elle entre un rire…

Régine s’inspire au quotidien des pensées et paroles positives qui égaient ses journées de travail et l’aident à continuer le travail. Une bonne scientifique, elle a pour citation favorite la citation « un problème sans solution, est un problème mal posé » d’Albert Einstein. « Dans mes recherches de solutions, si je n’ai pas de solution, je sais que le problème est mal posé et je reviens pour le poser autrement », dit fièrement Régine.

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